La grande distorsion qui fout les jetons

Ce billet se veut volontairement blanc et noir en même temps, ou même gris parfois. Oui je sais c’est pas simple. Un petit détour par la case « start » du Monopoly s’impose. En début d’année, tout le monde avait la trouille de cette andouille de Trump qui faisait feu sur n’importe quoi. Tous les accords économiques explosaient et il semblait bien que nous nous acheminions vers une guerre nucléaire économique. Les bourses ont senti la pastille passer et le fait d’être en guerre à peu près contre la Terre entière leur faisait perdre les pédales. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le cas du Mexique est réglé. Le cas du Canada semble également se régler. Les Chinois ? Ils se sont remis à table. Trump est fou ? Certainement. Mais il faut lui reconnaître le talent d’avoir osé tout mettre par terre pour obtenir ensuite quelque chose. Et pas sûr du tout qu’il ait tort sur toute la ligne. Cette manière de procéder choque, déstabilise à n’en pas douter. Mais elle a le mérite de faire bouger les choses. Car en politique, lorsqu’il faut remettre sur le tapis un sujet délicat, ça prend en général au moins 20 ans et lamine plusieurs présidents.

En ce qui concerne les marchés, les US sont en hausse et battent record sur record. L’indice de confiance des consommateurs atteint un niveau plus vu depuis 18 ans. L’Europe depuis le début de l’année se trouve en légère baisse, hormis Paris. La Suisse? C’est – 4%. En baisse également. Quant à l’Asie globalement, les bourses sont en mode panier percé depuis le début de l’année. Quand on lit cela, on peine à croire que le monde avance sereinement. Il y a clairement redistribution des cartes. La Chine commence à sentir passer la pilule Trump et ça fait bobo. Et là encore, pas sûr que Trump ait tort sur toute la ligne. Qui de nous a plaisir de lire que nos emplois foutent le camp là-bas parce que tout y est moins cher ? L’opinion publique est avec lui et plus il en remet une couche, et plus ses partenaires le détestent et fustigent ses décisions, et plus ça le renforce.

Reste qu’il est difficile d’y voir autre chose que du blanc et du noir en même temps. Le virage entrepris par Trump (production made in US) et taxes à tout va sur les produits étrangers vont peu à peu s’illustrer dans les chiffres des mois qui viennent. C’est un immense paquebot qui est en train de virer. Et Trump a choisi d’y aller au lance-roquettes. D’abord détruire, immobiliser le navire. Ensuite remettre les machines en marche et lui donner le cap à suivre. Maintenant what’s next ? Confiance inébranlable côté US. Inquiétudes grandissantes chez les émergents et les asiatiques qui naviguent en plein brouillard. Et en Europe on regarde et on ne sait pas quoi faire, même si les négociations dues au Brexit semblent dessiner une image toute rose dédiée à un compromis acceptable pour tous. En attendant et pour faire mon contrariant, je relève que la Livre a perdu plus de 8% par rapport au franc suisse en 4 mois. Donc confiance en un accord peut-être, mais défiance quand même.

Côté nouvelles on n’entend plus parler de Tesla, ni de la Livre turque. On se fiche de tout cela à présent. Le pétrole continue d’être en tendance haussière. L’or quant à lui affiche une performance asiatique, déglingué qu’il est depuis 3 mois, en baisse de 11%. Donc on a confiance. Confiance en la poursuite d’une activité économique très favorable aux Etats-Unis, confiance en ce diable de Trump qui, à force de tout faire péter et de déstabiliser l’ensemble de la planète, semble au contraire attirer confiance en l’avenir. Ce sont les marchés qui disent cela. Mais après le blanc revient le noir car septembre et octobre sont juste devant nous, mois en général tout pourris selon les statistiques. Et il y aura bien un petit malin qui nous reparlera tout bientôt comment le crash d’octobre 2007 il était tout moche et que ça fout les jetons ! La trouille, ça a toujours fait vendre, même après 10 ans de hausse des marchés. Faber ou Roubini ne me contrediront pas.

Il est encore à relever que les communiqués des banques centrales figurent dorénavant au bas de la rubrique « Sports » des journaux, juste après les articles qui traitent des transferts au foot. Un club paye 80 millions pour un joueur. Un autre en vend 2 pour 47 millions. Les contrats signés, souvent longue durée, sont à peu près aussi fiables que les prévisions météo. Ça dure ce que ça dure. Et la manière dont les clubs bouclent leurs comptes on s’en fout complètement. Pour en revenir aux communiqués de la FED ou de la BCE, on s’y intéressera à nouveau lorsqu’ils bougeront sérieusement leurs taux. S’ils rebougent un jour… Mais avant cela on continue comme depuis 10 ans. C’est argent gratuit pour tout le monde et on s’endette goulument. Sans penser à demain.

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