Tous les articles de Comprendre

Abondance tout partout, que ça plaise ou non

Je me rends compte d’une chose: le Black Friday, en fait il appartient déjà au passé. Je n’ai aucune idée pour quelle raison on ne l’a pas encore rebaptisé tout simplement en Black Week. Déjà qu’une pub d’enfer est faite des semaines à l’avance, il y a des petits malins qui « offrent » des rabais substantiels pendant plusieurs jours, y compris le samedi qui suit le fameux Friday. C’est rassurant ou alors je n’ai rien compris. Ceux qui voulaient créer un buzz ont enterré le fameux effet du « c’est le jour J et je dois prendre congé pour aller faire les soldes ou pour surfer la moitié du temps sur mon pc même si je suis au boulot ». Le Black Friday, ce sera bientôt toute l’année. Ce sera comme les fruits dans les supermarchés. On les trouve en toutes saisons, même s’ils viennent de l’autre côté de la planète.

Pour ceux qui douteraient de l’utilité du Black Friday, que leur dire d’autre qu’ils ont raison. C’est simplement une bonne invention pour cacher l’incompétence des gestionnaires de stock. Quand on achète trop de trucs qui ne servent à rien et qui ne se vendent pas, à un moment donné, il faut juste faire de la place dans les étagères. C’est aussi simple que cela. Et le pire c’est que ça marche. On accepte de payer beaucoup trop cher un bien qui est déjà has been et dont l’entreprise ne sait plus que faire.

Dans les nouvelles qui font saliver (je sais le terme est peut-être un peu fort mais que voulez-vous, on s’extasie devant peu de nos jours) la planète entière depuis 18 mois déjà, vous trouverez toujours en première page des quotidiens la saga du trade deal. Un jour c’est bien. Un jour c’est moche. Et les marchés vivent de cela. Il n’y a juste rien à dire d’autre. Le jour où tout le monde s’aime les marchés montent. Et le jour où ils ne semblent pas d’accord entre eux ça baisse. Donc on reste en lévitation et on attend. On attend je ne sais pas quoi mais on attend. Et si un jour ils s’accordent ensemble on fera quoi ? On parie sur une explosion à la hausse des indices de la planète ?

En attendant, et puisque le monde souffre de l’excès de la dette, je dois dire que j’ai mis du temps à comprendre le génie humain. Je pense de plus en plus que tout est pipé. Les Grands de ce monde ont compris que personne ne remboursera jamais plus rien et qu’il n’était plus possible de décroître, au risque de risquer l’effondrement généralisé. Donc on laisse les taux bas, à zéro. Comme ça tout le monde peut continuer de vivre à crédit, gratuitement. Les Etats quant à eux ont trouvé le moyen génial de faire fructifier leur dette puisqu’ils encaissent des intérêts, au lieu d’en payer.

De l’autre côté les gérants d’actifs vous disent MERCI. Il n’a jamais été aussi simple de faire du pognon sans avoir aucune compréhension des marchés. Il vous suffit d’acheter un fond indiciel en actions et laisser mijoter, comme une bonne ratatouille. Ça marche depuis 11 ans. Sauf que la ratatouille il faut quand même la manger à un moment donné.

Les seuls titres qui peinent sont les bancaires. Normal ils n’encaissent plus rien, pas comme à l’époque d’Ospel où il suffisait d’emprunter à un certain pourcentage et de facturer au moins le double au client. Aujourd’hui c’est pas pareil. Les banques doivent faire preuve de beaucoup d’imagination pour encaisser du pognon, comme faire des pubs pour dire au client que désormais, un défibrillateur existe dans la salle des guichets où il n’y a d’ailleurs plus personne. On est tout de suite rassuré de tant d’imagination. D’autres titres peinent comme Swatch par exemple. Le funeste carnaval qui se déroule à Hong Kong n’aide pas vraiment. Pas évident de vendre quelque chose quand on doit sans arrêt descendre un store métallique pour cacher la vitrine ET qu’il n’y a plus personne qui passe devant. Peut-être une chance pour certaines marques qui refusent encore de concevoir vendre leurs pièces sur internet de corriger ce qu’elles auraient dû faire depuis longtemps.

Noël est presque là et comme d’habitude, on va profiter des réunions familiales pour annoncer à sa famille soit les projets 2020 ou pire, les bonnes résolutions pour la nouvelle année, bonnes résolutions que l’on ne tient jamais au-delà du 15 janvier de toute façon. En attendant, moi je fais un pari qui durera jusqu’à Noël. Grâce à la conscience verte qui semble vouloir prendre de l’ampleur, je vous parie que rien ne changera. On va continuer à faire des achats stupides et dépenser plein d’argent, tout cela dans le respect de la planète. Et si la tendance verte n’était au fond qu’un élément marketing ?

Wall-Disney où l’improbable mariage

C’est une très belle histoire d’amour qui se joue, avec une fin que n’aurait pas renié M. Disney en personne. Le marié se prénomme Wall Street. Et la dame Belle-au-bois-dormant puisqu’elle vit toujours. C’est le plus beau mariage que nous attendions tous. Le mariage entre la finance et le rêve. Le mariage entre l’argent qui ne cesse de faire des petits et Disney qui fait toujours autant rêver, parce que ça finit toujours bien.

Contrairement aux mariages actuels, qui bien tristement durent de moins en moins longtemps pour un bien trop grand nombre d’entre nous, celui-ci pourrait bien durer très longtemps. Il n’existe en tout cas rien qui puisse nous dire que la situation évoluera à la casse tout bientôt. Bien au contraire. La raison de cet amour I-N-C-O-N-D-I-T-I-O-N-N-E-L ? D’une part vous avez Merlin l’enchanteur qui fait de la magie. Détesté par beaucoup de monde mais diaboliquement efficace, Mr Trump continue de foutre une pagaille monumentale dans tout ce qu’il touche. Et vous savez quoi ? Plus ses détracteurs tentent de lui mettre des bâtons dans les roues et de se dresser contre lui, et plus ça le renforce et le motive à persévérer. Lire la suite →

Tout devient presse people

Dingue ce qu’il se passe un peu partout dans les médias. Quand j’étais ado, lorsque je m’embêtais sur les plages, j’épluchais de temps à autre un magazine scientifique, style Ici Paris, ou Voici. Ça me passait le temps. Je ne devenais pas plus intelligent mais au moins, je lisais quelque chose de divertissant. Ce qui a changé aujourd’hui ? Ce genre de médias existent toujours, mais en plus il y a internet. Et il y a les autres journaux qui s’y sont mis aussi… Et ces derniers ressemblent de nos jours toujours davantage à ce genre de lectures trash. Hormis quelques titres, et encore, on ne parle plus que de ça. Lire les commentaires journaliers de la Maison Blanche qui se contredit d’heure en heure est aussi passionnant que de connaître les véritables motivations des héritiers de Johnny. C’est un feuilleton qui n’en finit jamais.

Nous en sommes réduits à cela: lire chaque jour les petites guéguerres de famille entre Trump et sa nouvelle belle-famille ukrainienne, de savoir si Johnson a bu une bière avec Juncker, d’admirer le visage jovial de Mike Pence à table avec le grand chef turc. De savoir si le fils Biden est un gentil ou pas, de savoir si Giuliani est quand même intègre vu qu’il a été maire de NY par le passé. Et plus vous ouvrez les journaux, et plus on parle de cela, ou de savoir si à Moutier, à l’issue du vote l’été prochain, on pourra quand même toujours aller faire ses courses normalement ou si tout fermera d’un coup. Lire la suite →

On va tous mourir ou quoi ?

Je ne sais même pourquoi je prends encore la peine d’écrire encore, de plus en plus rarement, car c’est toujours la même chose. Les marchés sont scotchés tout en haut de l’échelle et comme depuis 2-3 ans, elle vacille, mais ne tombe pas. Il y a toujours un con en bas de l’échelle qui, à un moment donné, trouve un pote pour l’aider à la redresser. Mais on ne monte presque plus. Le baril est aussi vivace qu’une chenille. L’or se prend pour la Reine. Les monnaies ne foutent rien et le Bitcoin – qui se souvient encore de ce truc que personne ne comprend ? – peine à ne pas s’effondrer davantage. On se réjouit de Libra. Je sais c’est différent car il y aura des régulateurs qui sont en plein travail. Ça promet. Pas sûr que le système tolère qu’on se passe des banques un jour.

Les deux cinglés qui font le plus parler d’eux, les frères jumeaux aux cheveux oranges, s’arrangent pour occuper les journalistes. Devenir journaliste est vraiment devenu un métier has been puisqu’on ne peut bientôt plus rien parler d’autre que de ces deux abrutis. Un dit cela, l’autre fait ceci, un se contredit, l’autre aboie puis embrasse. Comme dirait l’autre à la fin d’une longue séance au bureau qui s’éternise, après s’être longuement endormi et qu’il faut décider quelque chose, on se réveille pour le vote et on dit: « on fait comme on a dit ». Et personne ne sait ce qu’on a décidé. Lire la suite →

Les chiens aboient, mais la caravane ne passe pas

Certains chroniqueurs s’amusent à relater chaque jour l’actualité économique. Quel mérite ! Quant à moi je me dis que si j’écrivais tous les 6 mois ce serait suffisant, tant on nage dans la panade depuis 10 ans. Dernier non-événement ? Le discours de M. Draghi qui s’en va en retraite, à moins qu’il ne décide de remettre son tablier pour aller conseiller Goldman Sachs. Sait-on jamais. Hier qu’a-t-il dit ? Il baisse les taux, il achète pour x milliards d’obligations sur le marché et il fixe des taxes aux banques. Voilà c’est dit, aussi simple que cela. Son annonce a fait l’effet du 7ème café pris dans la matinée, c’est-à-dire pas grand-chose.

Autrement il y a M. Trump, notre Dieu à tous, qui s’exprime comme on le lui a appris. Tantôt il hurle, tantôt il câline. Ou alors défenestre de la White House tous ceux qui osent le contredire, ne faisant aucune différence entre les gentils et méchants. Autre chose à dire ? Nada. Le grand vide. Sauf le Brexit et encore. Mais là également la seule chose que l’on sait, c’est que l’Angleterre a choisi de devenir une puissance immobile tout en s’autodétruisant. Quitter l’Europe est impossible, comme un pull en laine que vous tentez de détricoter. On peut reprendre un bout de manche, ou le col, mais pas l’ensemble du pull. Encore faudrait-il savoir qu’un pull en laine ça se tricote, et là ce n’est pas forcément gagné. Ni Instagram ni Facebook n’en fabriquent en pressant sur une touche de l’iPad… Lire la suite →

 
eget Sed mi, commodo tristique dapibus odio mattis id risus sem, diam