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J’aime bien avoir raison, même si j’ai souvent tort

Au fil des mois je me suis lassé. Mes derniers billets ne ressemblaient à plus rien. Rapporter au jour le jour l’évolution des marchés me bassine à un point… Mais rapporter toujours la même chose, à savoir que l’on marche sur la tête depuis la crise des subprime, rien de bien excitant à rabâcher les mêmes conneries alors que les marchés sont montés presque sans discontinuer pendant 12 ans.

Maintenant c’est là. Il a fallu tout d’abord un COVID et une disruption des chaînes de production. Et comme cela ne suffisait pas une bonne guerre a suivi. A présent tout y est. Panoramix possède tous les ingrédients pour nous concocter une parfaite récession. Là où ce ne sera pas simple, c’est que les prix vont continuer de monter, donc inflation, que les banques centrales vont devoir monter leurs taux de manière agressive pendant un sacré bout de temps, et qu’en même temps l’activité économique va s’effondrer. Dès l’automne ce sera récession annoncée pour tout le monde, sauf peut-être la Chine. Car vu qu’ils ne fichent rien en ce moment avec une activité complètement arrêtée ça ne pourra pas être pire pour eux. Lorsqu’ils remettront en marche leurs usines, ils en auront pour au moins 12-18 mois à rattraper leur retard. S’ils le rattrapent.

L’Europe va particulièrement souffrir. La croissance n’a jamais vraiment explosé à la hausse pour rester courtois. Elle est restée modeste et rappelez-vous, même juste encore avant l’épisode COVID en 2020, les Français parlaient encore de « période de sortie de crise ». Maintenant c’est pire. Non seulement la croissance européenne n’existe à peu près pas, mais en plus c’est inflation pour tout le monde. Dame Lagarde va devoir monter ses taux très rapidement et dégonfler le bilan de sa banque sans quoi… Rien d’autre en fait. C’est le seul chemin.

Donc nous avons une activité qui se dégonfle, des difficultés d’approvisionnement, des prix en hausse, des taux en hausse et un cinglé qui ne signerait certainement pas la pétition qui circule en Suisse pour l’interdiction des feux d’artifice. Tout cela nous donne simplement une belle pagaille avec à la clé une inévitable récession. Alors perso moi tout seul j’adore ce qu’on est en train de vivre et je regarde ça avec un regard assez détaché. J’attends avec impatience la suite. Et la suite, pour moi, ce n’est même pas la récession qui s’invitera pour Thanksgiving aux USA. La suite, c’est les taux. Les taux montent et ne sont qu’au début de leur grimpette. Alors avec plaisir, on reparlera dès cet automne du seul sujet qui me passionne vraiment: le coût de la dette. Mais d’ici là, je retourne me coucher dans ma cabane à sucre et je regarde tout ce bordel s’effondrer gentiment. La vraie crise, ce sera lorsque les gouvernements commenceront à évoquer le sujet de la restructuration de dette.

Quand j’étais gosse, on m’a appris à vivre avec peu. Ensuite on a vécu pendant 40 ans avec une amélioration constante du niveau de vie, avec l’explosion de l’inutile. Lisez par là l’engouement généré par l’offre des plaisirs. Et maintenant on commence à redescendre l’échelle sur laquelle nous avons tous grimpé. L’être humain ne se sent pas encore prêt à cela et s’accroche de toutes ses forces au maintien des acquis. Ceux qui se trouvent dans cette illusion seront ceux qui souffriront le plus.

On ne retirera pas la perf !

La tronche des indices indique beaucoup et peu de choses à la fois. Depuis quelques semaines on se tâte, même si les indices battent record sur record aux States, bien qu’homéopathiques je vous l’accorde. Powell nous bassine depuis des mois qu’il se pourrait peut-être qu’il se décide à laisser le marché voler de ses propres ailes en réduisant ses rachats d’actifs. Car pour faire simple, le déficit des Etats-Unis, l’émission de dette, c’est la FED qui le finance en faisant tourner la planche à billets. Si Powell devait décider de moins pédaler ça pourrait devenir très vite assez rigolo. Qui souhaite véritablement posséder la dette d’un pays qu’il ne remboursera jamais autrement qu’en empruntant ?

Il existe actuellement tout un tas de signes qui me font dire qu’on ne va pas vers le beau. Ports arrêtés, livraisons de marchandises retardées, hausse du prix de nombreuses matières premières et bien entendu COVID. Ce qui est dingue en ce moment c’est que l’on s’en fiche complètement. On est même content que l’économie n’aille pas si bien et je soupçonnerais presque une main invisible d’œuvrer dans ce sens. Le message caché à Powell pourrait être: « Continue d’imprimer et ne monte surtout pas tes taux sinon on est foutu ». Lire la suite →

Parti tout là-haut le pèze… Hasta pronto

Vous ne le savez peut-être pas mais je suis un as en informatique. Je suis encore un Dieu vivant pour ce qui est d’essayer toutes sortes de placements nés de l’imagination des hommes. J’ai tant de pèze à claquer que j’adore me prendre des volées, ou entendre roucouler autour de moi quand on veut me faire l’honneur de me comparer à un de ces stupides volatiles…

Alors perso tout seul, de tout ce qui est de « truccoin », ou « shitcoin », ou « blockchain », je n’y comprends absolument rien je dois être bien trop bête pour cela. M’enfin comme dirait Lagaffe, faut vivre avec son temps pas vrai ? Reste que cette nuit, une boîte spécialisée dans le transfert de cryptos qui s’appelle Poly Network (moi non plus je n’avais jamais entendu parler de cette boîte) s’est fait piquer 600 millions de dollars par des pirates. Alors 600 millions, ça fait pas mal de fric vu que ces « shitcoins » ont bien été achetés avec de l’argent réel. Lire la suite →

Un seul mot: INDESTRUCTIBLE !

Tout le monde en parle. Et lorsque tout le monde en parle le doute n’existe plus. On a beau avoir le COVID qui continue de prendre de l’ampleur, on a beau avoir une planète soit brûlée ou inondée, absolument rien n’y fait. Les marchés continuent leur marche en avant avec à peu près autant de visibilité que lorsque vous vous trouvez en montagne au milieu d’une tempête de neige. Ce marché m’épate tout simplement. Et pourtant tout est à faire peur. La Chine est en train de s’enrhumer, avec des usines qui ne fonctionnent plus, avec des goulets d’étranglement dans les ports, avec des marchandises qui n’arrivent plus, avec des constructeurs automobiles qui ne parviennent pas à honorer la demande. On s’en fiche complètement. Les marchés continuent de monter.

Autres signe qui ne trompe pas: les délais de livraison. Par le passé, à l’heure des surchauffes chez les horlogers, les délais pour obtenir des composants devenaient complètement ubuesques. C’était le signe avant-coureur qu’un retournement de tendance s’annonçait. Aujourd’hui ? Ce sont les marchands de vélos qui expérimentent à leur niveau ce phénomène. Si vous commandez un vélo aujourd’hui, le délai de livraison est prévu pour décembre 2023. Pas 2022. 2023. Autant dire que personne ne sait quoi que ce soit et qu’on insère une date tirée au hasard pour que ça fasse plus pro. Lire la suite →

Ça fait combien 28’000 milliards au juste ?

Je suis heureux parfois de retrouver un événement notoire qui date d’avant ma naissance. Ça me fait me sentir moins vieux tout en me disant en même temps que ça n’a aucun rapport. La connerie humaine ne vieillit jamais. Elle ne souffre d’aucun virus, d’aucun médicament, ni même de thérapie venue de l’au-delà. En parcourant les journaux j’apprends que depuis 1960 le plafond de la dette américaine a déjà été relevé à 78 reprises. Pourquoi cet article ? Car les Etats-Unis sont littéralement en cessation de paiement. Ils le seront si ces messieurs du Congrès ne se décident pas d’ici à quelques semaines à relever le plafond de la dette.

Concrètement, cela veut dire que depuis plus de 60 ans, les Etats-Unis fonctionnent en payant leurs factures au moyen de l’émission de dette. Cela veut dire que depuis 1960 les politiques américains décident courageusement de vivre à crédit, tout en laissant aux suivants « l’opportunité » de régler le problème. En politique budgétaire, comme je l’ai appris à l’école, on applique généralement le mécanisme de relever le plafond de la dette quand un pays vit une crise économique. L’argent emprunté est ensuite injecté dans le système, principalement en lançant de coûteux programmes d’investissements liés aux infrastructures. La crise actuelle ? Elle se prénomme Covid (et demain matières premières). Ensuite, une fois la crise passée – donc quand le virus aura décidé de cesser de muter, si cela cesse un jour – on est censé rembourser la dette avec les bénéfices encaissés lorsque l’économie tourne à nouveau à plein régime. Sauf que là, la dette, on n’aime en principe jamais la rembourser, sauf en Suisse ou en Allemagne par exemple. Mais surtout pas aux Etats-Unis où tout a été créé pour vivre avec ce que l’on n’a pas. Si si, ça se transmet de père en fils depuis des générations ce genre d’héritage. Lire la suite →