Qui achète encore ?

Tout est formidable. Powell a parlé et il a dit ce que tout le monde voulait entendre. Après avoir ignoré Trump qui réclame depuis des lustres une baisse des taux, on dirait que le mec se soit décidé à prendre en considération les arguments du roitelet qui décide d’à peu près tout dans ce monde. Résultat de ce ballon gonflé au cognac ? Le SMI frôle les 10’000 points, record absolu. Mais personne ne parle de cela parce qu’en Suisse vous savez, on n’a pas l’habitude de dire qu’on est fier de quoi que ce soit. On préfère se la jouer version Schneider-Ammann, tout en joie, tout en superlatifs et surtout de manière complètement décomplexée.

Donc les marchés sont montés, quelques jours. Et puis là on se retâte à nouveau. On se demande quoi comment quand. On s’interroge sur la suite, tout en sachant qu’on continue notre chemin de croix en direction de néant total. Une banque cantonale suisse vient d’émettre un emprunt, offrant une rémunération exubérante: 0.05% à 10 ans. Ça fiche les frissons pas vrai ? Bientôt et je crois bien qu’on le vivra, on va mettre un « moins » devant le chiffre. Un taux négatif. Alors pour faire bien, on nous dit qu’une normalisation des taux interviendra peut-être dans un horizon à 12 mois. Mais comme ça fait au moins 3 ans qu’on nous dit ça, vous me permettrez d’émettre un tout léger petit doute. Sans compter que le déclencheur d’un cycle haussier devrait être la BCE, et que quand l’on voit le bordel qu’il y a en Europe, on a le droit de s’interroger, surtout avec des pays qui respectent super bien leurs objectifs de déficit.

Ensuite on reparle du frère jumeau de Trump, candidat désigné pour diriger l’Angleterre. Aucun doute là-dessus on va bien rire avec lui. La seule chose que je ne sais pas, c’est s’il joue aussi au golf. Ce que j’ignore également, c’est si Trump apprécie aussi de pouvoir taper des balles sous la pluie. Et ce que j’ignore encore, c’est s’ils se coordonneront pour l’adresse de leur coiffeur. Autrement dans les nouvelles toutes fraîches, on apprend que l’inflation en Europe colle aux pâquerettes, fraîchement tondues, et qu’en aucune façon un taux de 2% n’est à attendre avant l’an 2712. Voilà qui est réjouissant. Croissance molle à modérée et inflation à la cave.

Alors on achète quoi ? De l’or ? Qui achète le marché ? Je n’en ai AUCUNE idée, ni n’ai aucune recommandation. On continue d’avancer dans le brouillard total, d’être suspendu aux jérémiades des Grands Blonds, d’être inquiets de la guerre commerciale toujours en cours, de scruter l’horizon pour y déceler tout signe qui pourrait nous aiguiller. Pour le moment il n’y a rien. Juste rien. L’immobilier ? N’y pensez même pas. On a trop construit dans des régions où on a parié sur une demande en devenir. La demande n’est pas là. Et là on il aurait fallu construire, on ne l’a pas fait. Trop de logements sont sur le marché et rien qui puisse indiquer que ce surplus de logements sera absorbé prochainement. On en a au moins pour 10 ans de rendements anémiques, avec une lutte féroce à coups de discounts. Certains propriétaires offrent des iPads à la location d’appartements, ou des bons Migros. Bientôt une Tesla ou un séjour balnéaire ?

Tout va bien, on va laisser plonger les taux au fond du lac

A entendre ce que l’on entend, à voir ce que l’on comprend, à force de lire la propagande, on en reviendrait presque à penser que nous vivons dans un monde où tout va mal, limite proche de la 3ème guerre mondiale. Ça, c’est ce qu’on veut bien interpréter, surtout lorsqu’on lit que Mr President tente par tous les moyens de se faire des copains. Le mec il a incendié le maire de Londres en le traitant de « lose » juste avant d’aller rendre visite à la Reine. Ensuite il continue de mettre le feu aux Chinois et de foutre une pagaille monstre avec les Mexicains. Tout partout où il passe, Trump tente de tout bousiller, de tester les limites. Il encense les provocateurs, comme Johnson ou Farage.

Trump n’est pas fou. On peut le penser c’est certain, avec son caractère complètement bipolaire et ses déclarations complètement imprévisibles. Mais il n’est pas givré. Il a simplement des rêves de grandeur qu’il souhaite atteindre et il comprend simplement qu’en poursuivant un chemin bien balisé bordé de belles fleurs roses il n’y arrivera pas. Donc il casse. Son but ? Absolument augmenter la croissance, donc en creusant la dette. Par tous les moyens. Mais pour augmenter la croissance comme lui il l’aimerait, il doit casser celle qui existe. Pour mieux la faire redécoller façon fusée. Trump n’a qu’un but: faire plier la FED. Il veut des taux à zéro. Il veut du crédit gratuit. Il veut faire plonger le dollar, pour le rendre attractif, pour pouvoir encore davantage exporter, pour écraser la concurrence. Trump en a aussi marre de voir les Chinois exiger que les brevets soient partagés. Et comme il ne parvient pas à se faire entendre, il applique des hausses graduelles de mesures punitives. Perso moi tout seul, je salue le courage. Car force est de constater qu’en utilisant les moyens diplomatiques usuels pour parvenir à ses fins, on n’y arrive simplement pas. Du moins pas avant une bonne centaine d’années. Et Trump a compris cela. Lire la suite →

C’est agréable de se dire que tout va bien

Cela fait un bout de temps que je me dis que je devrais écrire quelques lignes sur l’immobilier. Mais avant de m’y lancer, je dois dire que je ressens une grande quiétude et que je dors très bien depuis des années. On n’y voit rien sur les marchés. Et en même temps on fait comme si de rien n’était. Les marchés sont aussi intéressants à suivre que de se passionner pour une course de limaces lancées à toute allure sur une salade. On fait comme si de rien n’était, comme si tout allait super bien, comme si rien ne pouvait arriver. Le monde est dirigé par un fou qui change d’humeur et d’avis toutes les 30 secondes et on s’en fout complètement. On le laisse beugler dans son coin et je crois que ses adversaires prennent même du plaisir à le voir prendre des décisions complètement irrationnelles. C’est encore mieux qu’une série télé mais sans abonnement à NetFlix.

Les marchés sont comme une bulle de savon qui flotte dans l’air. De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire que de rester « dedans ». Les intérêts sont, restent et resteront au plancher. Tout le système fonctionne grâce au crédit gratuit et à la planche à billets. En Suisse UBS vient de décider qu’elle ne rémunérerait plus du tout l’épargne. C’est zéro pourcent. En clair, les banques sont devenues un mal nécessaire. Elles ne servent plus à rien, si ce n’est de servir de passe-plat. Si chacun de nous pouvait ouvrir un compte directement auprès de la BNS ça enlèverait tous ces intermédiaires qui ne servent à plus rien, si ce n’est nous ponctionner des commissions pour tout et rien. D’ailleurs et au vu de la politique d’UBS, je pense que je vais demander à mon patron de revenir au bon vieux temps et de me payer en cash à chaque fin de mois. Ensuite j’irai demander aux PTT de me refourguer un carnet jaune de récépissés et j’irai refaire mes paiements sans frais au guichet. Ensuite je boucle mon compte salaire qui ne me sert à plus rien. Lire la suite →

Le meilleur boursicoteur du monde ? C’est Trump

Je suis les marchés assez assidûment depuis le crash de 1987 mais je n’avais jamais encore vu cela. Les crises précédentes je ne les ai pas toutes vu venir loin s’en faut. Je me suis pris les pieds dans le tapis comme le 99% d’entre nous. J’ai vécu l’exubérance des point.com, l’irrationalité totale. Le marché était complètement débile. En 2008 c’était pas pareil. On nous avertissait depuis 2 ans que ça allait péter avec les subprime, mais on n’a pas écouté.

Aujourd’hui, le marché est suspendu au plafond d’une église, tout en haut. Une seule maxime règle la marche à suivre: les déclarations de Trump. Un jour il est tout copain avec la Chine, un jour il leur attache des plots aux pieds et les envoie plonger dans la fosse des Mariannes. Tout tourne autour de ce trade-deal à la con qu’ils sont en train de négocier. Si j’étais le négociateur chinois, j’apprécierais tout particulièrement d’être au fond de l’océan, les pieds attachés, sans oxygène, avec un con dans une barque tout en haut qui me dit: « Tu signes ce que je veux et je te remonte ». C’est exactement ce qu’il se passe en ce moment. Et les marchés réagissent à chaque fois très nerveusement à chaque tweet du cinglé qui dirige le monde.

Si j’étais Trump j’arrêterais tout de suite de faire président et je ferais de la bourse. Si j’étais lui, j’achèterais des call à chaque fois que je m’apprête à écrire que les Chinois sont super coopératifs. Et j’achèterais des put à chaque fois que je m’apprête à écrire que le trade-deal est mort et que je vais tous les flinguer. On en est exactement là. Un monde de cons dans un marché de cons. J’apprécie tout particulièrement que des titres comme Novartis ou Nestlé se fassent ainsi pareillement secouer. Le rapport avec le trade-deal ? Aucun justement. En fait, c’est comme si je vous disais que le résultat d’un match de foot influencera la production d’électricité. N’importe quoi. Lire la suite →

Notre-Dame: mais que fument les râleurs ?

Cela fait longtemps que je ne comprends à peu près rien. Cela fait tout aussi longtemps que j’ai arrêté de vouloir absolument tout comprendre. Une église célèbre brûle et c’est regrettable, ce d’autant plus qu’elle possède une immense histoire. Pour la restaurer, des dons impressionnants ont été promis par les grosses fortunes, à hauteur du milliard d’euros. Dire merci ? Ben pas vraiment et les commentaires foisonnent dans les journaux. On regrette ! On invective au contraire ces grosses baleines gonflées de fric qui ne savent plus quoi faire pour maigrir. On les pilonne encore en les critiquant, notamment pour leur absence de conscience au vu de la misère sociale que vit la France. Et si on donnait plutôt cet argent à ceux qui en auraient vraiment besoin ?

La question mérite d’être posée mais c’est un faux débat. Ou alors comme à mon habitude je n’y comprends rien. Les pauvres, ou ceux qui s’en sortent à peine – la classe moyenne – pourraient un jour se demander pour quelles raisons ces grosses cylindrées encaissent un tas de pognon et ne savent plus qu’en faire. Je suis le premier concerné lorsque je regarde mes possessions, mes quelques montres, mon armoire à habits. Je choisis, comme tant d’autres, de payer trop cher un produit parce que je le trouve beau, ou parce qu’il porte une marque que j’aime bien. Je choisis encore « de me faire plaisir » de temps à autre, en m’achetant un bien forcément payé trop cher dont je n’ai aucune réelle nécessité. Par mes actions, je contribue directement à l’enrichissement de ces grands groupes. Je contribue non seulement à les enrichir de façon démesurée, mais je choisis aussi de m’appauvrir de façon stupide. Lire la suite →

 
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