Et de 6 à la suite…

Mes pensées émues vont aux chantres de l’apocalypse boursière, donc à des êtres humains, et non aux robots qui pilotent les marchés, dirigés qu’ils sont par des humains qui leur disent quoi faire aussi. Tels des morts de faim, ils se sont rués sur les mauvaises nouvelles, publiant des commentaires alarmistes sur tout et rien, comme sur la montée des taux d’intérêts qui est, je le rappelle, PREVUE depuis des lustres. Les taux? Mais on s’en fiche complètement. Ils sont à de tels niveaux, à peine au-dessus d’une perce-neige, que je ne vois pas bien ce que ce ça changerait, même s’ils montent encore un peu. Les taux ne sont pas le problème. Le vrai problème, c’est le niveau de la dette, et la capacité des Etats d’assumer une toujours plus grande partie de leurs revenus au paiement de la dette. Ça c’est LE problème, qui viendra bien un jour. Mais on n’en est pas encore là.

Lorsque les taux remontent, et c’est statistique, les bourses continuent de bien se tenir en moyenne pendant deux ans. L’économie commence à bien tourner et c’est ce qu’il faut retenir. Et quoiqu’on en dise, je ne vois toujours pas ce qui pourrait la faire dérailler, à moins d’un cataclysme géopolitique style Moyen-Orient. Mais depuis que je suis né, on parle toujours du Moyen-Orient, de conflits. Il y a vraiment du neuf là-bas ou bien j’ai raté un épisode? Reste que cela fait 6 à la suite. N.Y. a bouclé sa 6ème séance boursière à la hausse et personne n’en parle plus. Faber, Roubini et bien d’autres se taisent depuis. Des « Je vous l’avais dit… » je n’entends plus. Dingue non?

Une autre menace sur les bourses, c’est justement les robots. Ils ont été programmés pour passer des ordres. Dès que les cours atteignent un certain niveau, dans un sens ou dans l’autre, ils agissent tels qu’on les a programmés. A présent, toute baisse (surtout) ou hausse des marchés s’amplifie en raison d’ordres automatiques. C’est un paramètre dont il faut tenir compte dès à présent. Alors je veux bien qu’on mette la faute sur des robots, mais à ce que je sache, ils ne se sont pas autoprogrammés tout seuls! L’autre menace potentielle des marchés, ce sont les produits structurés basés sur des trucs inimaginables comme nous l’avons vu sur la volatilité. J’admire les mecs qui réussissent à inventer des trucs pareils car même en rêves je n’y arriverais pas. Ne pourraient-ils pas s’adonner plutôt au macramé ou à l’élevage de batraciens? Ils feraient moins de mal et tout le monde s’en foutrait complètement, comme de savoir si Sion finira par culbuter en ligue B ou pas.

Si vous avez raté le rallye haussier que nous venons de vivre, mais que vous n’avez pas vendu non plus en paniquant lorsque tout démerdait, je vous suggère la patience. Et tant qu’à faire, la période des AG pointe son nez et il n’y a plus qu’à attendre de voir les dividendes tomber comme des fruits murs. Le Dow Jones a déjà repris 1’400 points depuis son plus bas et personne n’en parle, pas même le Matin Dimanche. Le truc est hyper connu: on nous fait acheter de la chiasse car c’est ce qui se vend. Ces jours, on lit plutôt l’objectif de médailles fixé par des personnes très intelligentes qui dirigent le sport suisse. Les JO? Tout le monde s’en fout encore, sauf si une belle photo de Lindsey Vonn est publiée. Heureusement encore que les médailles ne sont pas cotées en bourse et qu’on n’a pas encore inventé des structurés là-dessus… ce serait le bouquet!

Toujours des questions qui ne servent à rien

Je dis ça je ne dis rien, mais je m’étonne que les bloggeurs « professionnels » qui ne parlent que de la fin du monde depuis 10 ans n’écrivent plus rien sur la bourse depuis quelques jours. Car lorsque la bourse trébuche, là ça crépite! « Je vous l’avais écrit il y a 7 ans que ça ne pouvait pas durer! ». Je n’arrête pas de lire ce genre de commentaires. Ou comme par exemple des « post » assez brefs mis en ligne pour « nous tenir au courant ». Ça doit être cela: fascination pour tout ce qui va mal. Cela doit être leur moteur. Et ces jours ils sont où tous ces gens qui nous prédisent le krash? La bourse remonte tranquillement, la volatilité s’effrite, et plus personne ne parle de cela! La claque elle est devant tout le monde le sait. Mais pas maintenant. Les marchés vont devoir s’habituer à vivre avec des secousses (sans blague) un peu plus sérieuses et c’est juste normal. Les cours sont très élevés et les taux sont gentiment en train de remonter. D’autre part il y a le dollar qui a envie d’aller taper un seuil un peu plus bas ce qui n’arrange rien. Les bourses vont juste devoir prendre en compte ces paramètres-là et s’adapter. Il n’y a rien d’autre à dire.

Je m’énerve encore à lire plein de billets qui débutent par un titre style: « Jusqu’où ira la hausse des taux? ». Alors bien sûr c’est un titre hyper accrocheur. Le lecteur s’y plonge immédiatement comme un crève-la-faim car il espère trouver dans ce genre de « post » LA réponse à ses angoisses. Sauf que le mec qui écrit, en général soit un banquier brimé ou un stratège déprimé, il ne fait que parler de ce qui s’est passé, et non pas de ce qui va se passer, et surtout 9 fois sur 10 il termine son article en posant différemment la même question (quelle créativité ça me fait frissonner) énoncée dans le titre. Après une longue lecture, et peut-être même après une deuxième (il se peut toujours qu’il y a ait un message codé que vous n’avez pas bien saisi mais qui se lit entre les lignes), vous terminez votre article en ayant:

  1. Lu ce que vous saviez déjà.
  2. Aucune réponse à ce qui VA se passer.
  3. Lu 4 variantes possibles sur la hausse prochaine des taux, avec à la fin de chaque variante un point d’interrogation.
  4. Aucune réponse à vos questions.
  5. Vous devrez vous y faire: vous continuerez à cohabiter avec vos angoisses.

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Voulez-vous savoir pourquoi Trump est un visionnaire?

Ce matin je me dois de faire le point sur la politique de M. Trump. Car oui, Monsieur Trump fait de la politique, même s’il est à peu près digne d’être interné. Je me rends bien compte qu’en écrivant ces lignes je suis de nouveau à part et que je risque un lancer de tomates, puisque je soutiens ce mec, alors qu’il est détesté et que la planète entière se fiche de lui. Vous pensez que je suis fou? Aujourd’hui est une grande journée aux USA car le Président va finaliser son plan de reconstruction de l’Amérique, un plan ENORME concernant les infrastructures. Les critiques ne manquent pas et ça me fait vomir. Trump va simplement réaliser ce qu’Obama n’a pu faire. La seule chose critiquable (et encore), et c’est bien là que le bât blesse, c’est le timing choisi, alors que son économie marche bien. Soit disant. Parce que je ne suis pas du tout d’accord avec ceux qui critiquent le timing choisi. Un plan de relance devrait en effet pouvoir être lancé lorsque l’économie se trouve dans le marasme, et pas le contraire. Mais c’est bien connu, les courageux sont presque toujours absents lorsqu’il faut faire passer la pilule quand rien ne va. Qui d’entre nous a envie de lancer d’onéreux travaux de rénovation dans sa maison alors qu’il vient de se faire licencier? En général, on fait comme les banquiers de beau temps, toujours avides de prendre des risques lorsque tout va bien et qui serrent le kiki quand tout va mal. Exact l’inverse de ce qu’il faudrait faire.

Trump fait donc tout juste car il ANTICIPE. Il répare ce que les Républicains ont refusé à Obama. Trump n’est en train de demander des sousous pour construire une serre géante inutile dans le désert. Il a simplement conscience que les States sont comparables, en termes d’infrastructures, à un pays en voie de développement. J’étais aux States il y a 30 ans et c’était déjà le bordel. Dès qu’il souffle un peu, c’est coupures d’électricité et on appelle en renfort l’armée. Les States sont dans un état déplorable, avec juste deux guerres de retard en comparaison des pays développés. Tout est foutu, des ponts en passant par les highways, avec des aéroports tout pourris et des voies de chemin de fer dignes du Farwest. Reprocher à Trump de vouloir moderniser cela est un non-sens, même si le timing n’est peut-être pas opportun, selon ce que je lis. Je rappelle encore qu’aux States, il semble que tout ne fonctionne pas si bien que cela, même si soi-disant, le taux de chômage se trouve au plancher. Demandez donc un peu combien d’Américains doivent faire deux jobs pour juste s’en sortir. Paperboy est toujours un « métier » là-bas, comme d’ailleurs laveur de carreaux, pompiste, cireur de chaussures dans les rues. La série Starsky & Hutch n’a pas pris une ride. Merci j’en ai terminé et qu’on arrête de raconter n’importe quoi. Ce pays a besoin d’infrastructures, et pas de diligences roulant sur des chemins pierreux. Lire la suite →

Ecoutez la tête, mais pas le ventre pour une fois!

Vous aurez toujours deux styles de consommateurs bien distincts. La plupart réagit à la pub et aux coups de cœur. Vous vous baladez tranquillement en ville et tout à coup, une belle vitrine attire votre regard. Vous entrez dans le magasin et vous flashez exactement sur un vêtement trop génial qui vous pète à la figure. Vous l’essayez et l’achetez, en principe beaucoup trop cher. Ensuite vous rentrez à la maison, tout fier, et vous repassez votre vêtement afin de l’admirer encore. Juste trop cool de vous être « fait plaisir ». Ensuite le rituel habituel. Vous le mettez dans la corbeille à linge histoire qu’il sente moins le renfermé et une fois lavé et séché, vous ouvrez votre armoire à habits. Et c’est là que vous vous dites: « Putain, ce genre de vêtement, j’en ai déjà trois! Et le pire c’est que je ne les mets presque jamais, c’est-à-dire à Noël ou si je dois me rendre à une grande occasion ».

Ensuite vous avez le deuxième comportement. Toujours le même mec qui se balade en ville et qui voit une belle vitrine. Il entre dans le magasin, il voit le bel habit qui clignote dans la vitrine. Il essaye pour en avoir le coeur net. Il est convaincu. Mais ensuite il se dit: « Ouais mais ce truc, j’en ai déjà dans mon armoire à la maison. Rien ne me sert de l’acheter mais je retiens l’adresse du magasin. Il semble que le genre d’habits proposés me convienne et je reviendrai une autre fois. »

La moralité de cette histoire, c’est qu’il y a ceux qui cèdent beaucoup trop facilement aux tentations, qui ne réfléchissent pas, qui agissent simplement par envie. Et là je ne parlerais même pas d’instinct… A l’inverse, ces mêmes personnes agissent exactement pareil en situation de détresse. Pour un simple rhume couplé à une temporaire difficulté respiratoire, c’est REGA et création d’un groupe Whatsapp pour avertir les proches minute par minute de l’évolution, juste avant de mourir quoi. D’un autre côté vous aurez les personnes qui agissent calmement, qui ne prennent aucune décision hâtive, qui prennent le temps de peser le pour et le contre, qui ne s’enflamment presque jamais mais qui ne paniquent pas non plus. Lire la suite →

Un long fleuve… pas trop plus tranquille

Les marchés se sont repris mais quelle surprise. La seule chose qui marque, c’est le « produit » – puisque cela s’appelle ainsi – du Credit Suisse qui a foiré. Un genre de produits dont je ne connaissais même pas l’existence, persuadé que j’étais que les banques ne faisaient plus ce genre de trucs depuis les Subprime. Serais-je donc naïf? D’ailleurs, je ne serais pas surpris que d’autres produits hyper sûrs comme celui qui mesurait la volatilité à contresens chez Credit Suisse ne soit encore en circulation. Je ne sais pas moi, mais avec un peu d’imagination, on pourrait même inventer un produit – un coup sûr comme d’habitude – qui nous permette de parier sur la température de la glace au Gornergrat chaque jour à 4 heures du matin. Hyper bandant. Reste que les personnes qui ont investi dans ce fameux produit du CS n’ont plus que les yeux pour pleurer. Adieu les vacances, adieu l’achat de la prochaine Tesla (bon là c’est pas tout perdu d’avance vu que Tesla ne fait qu’annoncer retard sur retard au niveau de la prod), adieu encore la fanfaronnade au bistrot pour dire aux autres comme on s’est fait beaucoup de pognon.

Ce qui est à présent de retour, c’est la volatilité. Bonne nouvelle! Ça rendra nos journées un peu plus dynamiques car à force de voir ce marché soit stagner, soit monter, il faut s’avouer que la bourse n’était plus ce qu’elle était, faite de hauts et de krash. Bref, un bienfait pour les amateurs de cocktails sulfureux. Si je déteste par définition les assureurs qui ont le talent de vous vendre de la chiasse et d’imaginer tous les cataclysmes possibles (est-ce qu’il est prévu d’assurer le risque bien réel qu’une Tesla venue du ciel vous tombe sur la tête?), les nouvelles tombées ce matin m’agacent encore davantage. Les assureurs en général encaissent des primes beaucoup trop élevées. C’est ce qui leur permet de jeter en pâture aux initiés des dividendes dignes de la fusée de Musk. Cela devrait être une bonne nouvelle mais pour nous qui payons nos primes pour assurer tout et rien à double voire triple (une spécialité suisse), je la trouve simplement amère. Zürich offre un 6% de rendement. C’est génial. Juste le double qu’offre le bond du Tresor à 30 ans. A rien n’y comprendre non plus puisqu’il y en a qui préfère encaisser du 3 sur un Etat en faillite alors qu’il peut encaisser du 6 sur une société saine qui se nourrit de la chiasse des gens. C’est où le juste? Lire la suite →

 
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