Lorsque le motif est foireux, le résultat le devient tout autant

Au pays des fous, ils sont tout un tas à se demander ce qu’il faudrait faire pour bien faire. Des immenses et intenses réflexions dignes d’ados en manque d’ingéniosité foisonnent dans les bureaux clos des banques. Que faire pour gagner du pognon ? Que faire pour se rendre attractif ? Que faire pour attirer l’attention ? Que faire pour tenter de véhiculer une image autre qu’une image de pochtron désarticulé ?

Les « grandes » banques, et certaines moins grandes également, n’ont depuis longtemps plus aucun contrôle sur leurs activités. Elles ne connaissent que peu leurs clients, n’ont qu’une vague idée de la provenance des fonds qu’elles gèrent et se foutent complètement de savoir si une Trust est en fait administrée par des truands. Elles n’ont plus qu’une vague idée de ce que le mot « risque » veut dire et véhiculent une image marketing catastrophique. Qui frissonne de plaisir en lisant: « Ensemble, réalisons votre rêve d’épargne pour la retraite ». D’une pipe c’est fou rien qu’en me relisant j’en ai les frissons tellement c’est beau.

Mais je m’égare car le sujet principal pour un banquier reste de faire du fric à tout prix. Depuis la peignée de 2008, plus personne ne croit aux banques. Elles cumulent exercice après exercice des bouillons comptables que personne ne comprend. Elles cumulent encore les amendes et c’en est devenu tellement quotidien que tout le monde s’en fout. Qui a lu aujourd’hui que Credit Suisse vient de payer une amende de 600 mille dollars pour avoir oublié de publier les dates d’exécution de quelques opérations sur titres pendant une période donnée ? Je ne sais pas si c’est drôle ou triste mais les faits sont là. Les banques sont devenues à force de conneries les grands guignols de notre monde et rien ni personne ne pourra inverser cette tendance. Alors quand on est désespéré on prend des mesures de désespéré. Je me réjouis d’avance de pouvoir être conseillé par un banquier qui me recevra en tongs et marcel, et qui bossera en home office à 100% car son employeur aura vendu tous ses bâtiments et fonctionnera uniquement en mode « cloud ». Je me marre déjà.

Il est un banquier très puissant qui dirige la première banque suisse. Et ce monsieur, qui s’est fendu d’une réputation d’homme de fer en Allemagne, s’emmerde à n’en plus finir dans son poste de président d’un bateau aussi mobile qu’un éléphant endormi. Année après année, il est obligé de commenter l’assemblée générale en indiquant que oui, et malheureusement, le cours de son action reste désespérément scotché à CHF 10.-, et pire, qu’il n’a aucune idée comment il pourra à futur créer de la richesse pour ses actionnaires. Alors le monsieur il a décidé quoi ? Il a décidé d’essayer de fusionner son éléphant endormi avec un autre éléphant endormi. Deutsche Bank serait idéal, sauf pour fixer le prix de rachat et ça c’est très con. Les Allemands n’ont aucune idée de ce qu’ils doivent ou ce qu’ils ont, et de grâce ne demandez pas un audit car les mecs qui font ça n’ont aucune idée pour essayer de pricer l’éléphant. Le cours du titre est quasiment au plus bas depuis 10 ans. C’est vrai que ça donne tout de suite envie de voir une fusion se réaliser.

M. Weber est quelqu’un que j’apprécie. A un moment donné, il a été un banquier de premier ordre plutôt conservateur, n’hésitant pas à dire ce qu’il pense. Reste que UBS l’a choisi à un moment donné pour tenter de redonner confiance en ceux qui avaient suivi M. Ospel pendant ses folles années. Le temps semble être devenu long pour lui. Il n’y a plus qu’à espérer que le motif de sa venue était bien de gérer UBS, et non pas de signer un coup d’éclat en tentant d’avaler à terme Deutsche Bank à prix discount. Deutsche Bank, c’est un gros mammouth ! Tiens tiens, ça me rappelle une période pas si lointaine que cela en Suisse où de petites banques se voyaient bien bouffer des plus grandes. Toujours parce que leurs dirigeants s’ennuyaient à mourir. Sauf qu’à l’époque les banques gagnaient énormément de pognon… Et le dilemme de l’époque n’était pas de savoir comment faire évoluer son action à la hausse, mais de savoir comment la faire aller plus haut que haut.

On manque d’air mais on en trouve toujours

Powell a parlé. En très bref, il n’a aucune idée où l’on va et se hasarde à des prédictions impressionnantes, comme de laisser les taux à zéro jusqu’en 2023 au moins. Il n’y a rien de plus à ajouter. Après le rebond exponentiel lancé en mars, les bourses semblent se chercher. Les titres qui sont montés au ciel, donc la tech, semblent vivre une période bourrée d’incertitudes typique lorsqu’on se cherche. Un jour ça baisse assez fort. Le suivant ça rebondit. Un jour on porte des Birkenstock, le lendemain des mocassins. Des boîtes dont on n’a jamais entendu parler font parallèlement leur entrée en bourse, comme Snowflake hier soir. Personne ne sait ce qu’ils font vraiment car actifs dans le Cloud mais ça suffit pour rendre la journée complètement débile. Le titre a été plébiscité en prenant 130%, ce qui ressemble à de la pure euphorie… même si je ne suis pas certain que le terme « euphorie » corresponde bien à cette irrationalité.

Autre sujet ballot qui tourne autour du match que se livre UBS et Credit Suisse. A force de voir le cours de leurs actions respectives se maintenir courageusement autour de CHF 10.- depuis 347 ans, que la confiance de leurs clients est à peu près aussi élevée que d’écouter un alcoolique qui ne s’est jamais soigné vous promettre que dès demain il arrête de boire, ces braves banquiers nous ressortent la seule cartouche qu’ils possèdent encore: fusionner. Je me marre en lisant ça et si ça se trouve, j’aurais presqu’envie de postuler pour décrocher le rôle de celui qui écrira le futur manuel du code vestimentaire commun. Un rêve éveillé ! On peut tout simplement se demander si s’habiller business aura encore du sens demain. Rencontrer un banquier devient presque aussi rare que de croiser un poisson dans le Doubs. Pour la plupart des banques, le but premier reste de privilégier le contact via une machine ou rencontrer son client figé derrière son écran… Comme ça doit faire rêver la jeunesse tout cela je n’ose pas imaginer. Reste que marier ces deux banques, avec des cultures si différentes, semble à peu près impossible. Mais sait-on jamais. On pourrait s’imaginer que l’OM fusionne un jour avec le PSG. Lire la suite →

Rien ne sert de vouloir tenter l’essorage à tout prix

La tech, la tech et encore la tech ! Tout n’est question que de cela depuis des semaines et ça devient presque énervant, sauf pour ceux qui sont encore investis. On s’émerveille de la hausse des cours qui semble perpétuelle, jour après jour, comme on s’angoisse de la flash-plongée-à-marche-forcée des titres de la tech lorsqu’ils s’enrhument subitement. Jeudi et vendredi derniers ont été terribles. Sans aucune justification, hors le fait qu’une hausse verticale des cours n’est aucunement tenable dans le temps, des titres comme Apple ou Tesla se sont repris un vent contraire tel l’apparition soudaine d’une tornade. Et ça fait paf !

Ce qu’il y a d’intéressant depuis plusieurs semaines, c’est de constater que RIEN n’a changé fondamentalement. Les banques centrales continuent d’appuyer sur le champignon de la planche à billets. Les taux restent à zéro et l’endettement généralisé continue sa folle chevauchée. Hormis le Covid, qui a bon dos et qui est utilisé à toutes les sauces, je ne vois toujours pas ce qui pourrait faire dérailler ce marché. Les actions sont et restent, avec l’or (si si), le seul moyen de profiter de cette fuite en avant. Les obligations ne rapportent rien. Les rentes des assurés continuent de fondre comme les glaciers suisses et nous n’allons que dans un sens, comme le dollar d’ailleurs, flèche pointée contre le bas. Lire la suite →

C’est cher comment ? Plutôt pas cher…

Billet détonnant pour une fois réjouissez-vous ! Il se passe plein de trucs intéressants depuis quelques semaines, pas comme chez Disney qui traîne la patte en voyant ses parcs désertés, pour autant qu’ils ne soient pas fermés tout simplement. La première chose à dire, c’est que les marchés boursiers se portent très bien. Le Nasdaq cartonne à des niveaux qui donnent le vertige et beaucoup pensent que le terme de « bulle » doit être utilisé, comme en 2000. La seule différence, c’est que l’essentiel de la hausse est conditionné par l’évolution de Apple & co. Et que les GAFAM cartonnent à un point qu’on se dit que ce n’est pas possible. On se souvient encore, ou pas, de l’euphorie qu’avait suscité le passage des 1’000 milliards de capitalisation boursière d’Apple. On se disait que ce n’était pas possible, que l’iPhone c’était juste une histoire qui traîne en longueur faute d’innovation majeure. Apple aujourd’hui ? C’est 1’750 milliards de capitalisation boursière… et ça continue de monter. La différence avec l’an 2000 ? C’est que les GAFAM sont hyper rentables et qu’elles continuent d’engranger des profits phénoménaux. Le Nasdaq est-il trop haut ? La réponse est non car les profits suivent et continuent leur ascension. En 2000 ? Tout ce qui se terminait par .com ne gagnait pas un copeck….

Autre sujet complètement détonnant mais pas étonnant: la tenue du dollar. C’est simple à décrire car il glisse aussi vite que Cuche sur le Lauberhorn à l’époque. Je me rappelle d’un bouquin écrit par Myret Zaki sur le Dieu dollar. A l’époque, ses propos sur la monnaie du monde avaient détonné car elle avait osé prédire que l’objectif de cours du dollar s’élevait à zéro. Oui vous avez bien lu: zéro. Et c’est exactement ce qu’il se passe. Le dollar plonge littéralement et ça ne va pas s’arrêter de sitôt. Les États-Unis sont en train de concocter la 237ème version d’un plan de relance qui sera financé par… roulement de tambour… la dette ! Et qui dit dette dit Tresor qui devra émettre des bonds qui ne rapporteront rien. Et qui achètera cette dette qui ne rapporte plus rien ? Certainement pas la FED… meuh non ils ne font jamais ça eux. Sauf s’ils le décident. Il suffit d’imprimer du pognon. Et impression de monnaie = pression obligatoire à la baisse. Lire la suite →

Et ça fait BAM ! Version iCOVID 2.0

Le COVID est un ami fidèle. Un ami qui ne vous lâche pas si facilement et qui a tendance à se montrer tenace, surtout lorsqu’on décide de faire l’imbécile. Djocovid vient à l’instant de ruiner sa réputation de tennisman. Et comme son père est aussi intelligent que lui, il en a profité pour également s’autodétruire à force de critiquer les autres tellement son fils il est génial. Et dire qu’il n’avait déjà aucune personnalité hormis la poigne de son tennis. Ce mec est détruit et dans 30 ans, on se souviendra non pas des tournois qu’il a déjà gagnés ou s’il aura finalement dépassé Federer, mais bien de son mépris total contre la pandémie. Pardon je m’égare mais parfois ça fait du bien de dire les choses.

Le COVID n’est pas seulement l’ennemi de l’homme. Il peut être aussi la peste des marchés, surtout si les usines s’arrêtent. Jusqu’à présent, le virus a perdu son combat contre les banques centrales et les gouvernements qui se sont démultipliés pour empêcher que le système ne s’effondre. Ce combat semblait être gagné puisque les marchés se sont littéralement envolés depuis leur plus bas de mars. Aujourd’hui tout est différent. On a à peine rouvert les frontières en Europe qu’on commence déjà à réfléchir à les refermer et à détruire en vol tout avion provenant des États-Unis. La seule chose qu’on peut espérer, c’est que tout ne soit pas rebouclé AVANT les vacances d’été. Mais après les vacances d’été, ce sera à nouveau chaos généralisé, sauf qu’on va l’appeler autrement pour ne pas faire trop peur. On préférera dire que les shutdown ne seront que locaux, ce qui rassurera. Mais dans les faits, 312 zones en shutdown rien qu’au Tessin ça voudra juste dire qu’on est un peu comme avant. Pour en revenir aux avions, ceux qui ne volent déjà presque pas se réentasseront à Dübendorf. Au moins cet aéroport aura une fois servi à quelque chose d’intelligent. Lire la suite →

 
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