Encore…le retour d’Iznogoud

Il fait trop chaud. Trop chaud pour réfléchir. Trop chaud pour se poser des questions sur l’état mental des troupes. Nos copains du G20 se sont bien amusés. Trump a fait son show et s’est fait plein d’amis. Ce mec est particulier. Il est capable de se mettre la Terre entière sur le dos en se montrant insultant et en quelques heures il est capable de boire des verres avec tout le monde. J’adore.

Les Européens eux ne savent plus quoi faire. Ils passent des jours et des nuits à discuter pour la succession de Juncker mais n’arrivent à rien. Tout un symbole. Une Europe qui ne fonctionne pas et plein d’Iznogoud qui tentent de se profiler et de plaire à tout le monde. Pas sûr que ce soit évident lorsqu’on voit le bordel avec ce bateau de migrants qui a forcé les barrages italiens. Renzi et Macron ne s’entendront jamais. Et encore moins si Renzi décide de faire accoster tous les bateaux à Bonifacio. Pas sûr que les locaux apprécient j’ai comme un doute. Si les Européens ne parviennent pas à s’entendre pour élire leur chef suprême, je leur suggère de désintégrer l’Europe et de créer un nouvel Empire britannique dirigé par Johnson. Là on rigolerait bien.

Les marchés eux se portent très bien. Ils vont profiter en plein des négociations qui redémarrent entre USA et Chine. On verra combien de temps ça durera, car on connaît le bonhomme. Trump est capable de dire exactement le contraire d’ici ce soir. Le président Xi est juste top car il ne se fâche jamais. Même agressé régulièrement par le Fou, il dit toujours oui pour rediscuter.

Ce que je me demande maintenant, vu que Trump est décidé à rediscuter avec les Chinois, c’est si la FED va revoir ses taux dans sa réunion de juillet. Mais de toute façon si ce n’est pas en juillet ce sera plus tard. Les taux ne peuvent plus que descendre. Histoire de prolonger le plaisir, ne pourrait-on pas imaginer des taux en-dessous de zéro ? Là ce serait top. Non seulement les banques centrales prêteraient de l’argent, mais en plus ce serait elles qui verseraient des intérêts à ceux qui empruntent. Scénario un peu fou ? Pas si sûr. Tout est possible à présent avec de tels niveaux d’endettement. Soit on efface un jour cette dette et tout le monde devient pauvre, soit on continue de faire tourner artificiellement le manège.

Le SMI est repassé au-dessus des 10’000 points. Une chose continue de clocher: le cours des bancaires. CS est à 12. UBS à 11.90. On frise l’hystérie la plus totale. On dirait que personne n’a confiance en la finance comme c’est étrange…

Qui achète encore ?

Tout est formidable. Powell a parlé et il a dit ce que tout le monde voulait entendre. Après avoir ignoré Trump qui réclame depuis des lustres une baisse des taux, on dirait que le mec se soit décidé à prendre en considération les arguments du roitelet qui décide d’à peu près tout dans ce monde. Résultat de ce ballon gonflé au cognac ? Le SMI frôle les 10’000 points, record absolu. Mais personne ne parle de cela parce qu’en Suisse vous savez, on n’a pas l’habitude de dire qu’on est fier de quoi que ce soit. On préfère se la jouer version Schneider-Ammann, tout en joie, tout en superlatifs et surtout de manière complètement décomplexée.

Donc les marchés sont montés, quelques jours. Et puis là on se retâte à nouveau. On se demande quoi comment quand. On s’interroge sur la suite, tout en sachant qu’on continue notre chemin de croix en direction de néant total. Une banque cantonale suisse vient d’émettre un emprunt, offrant une rémunération exubérante: 0.05% à 10 ans. Ça fiche les frissons pas vrai ? Bientôt et je crois bien qu’on le vivra, on va mettre un « moins » devant le chiffre. Un taux négatif. Alors pour faire bien, on nous dit qu’une normalisation des taux interviendra peut-être dans un horizon à 12 mois. Mais comme ça fait au moins 3 ans qu’on nous dit ça, vous me permettrez d’émettre un tout léger petit doute. Sans compter que le déclencheur d’un cycle haussier devrait être la BCE, et que quand l’on voit le bordel qu’il y a en Europe, on a le droit de s’interroger, surtout avec des pays qui respectent super bien leurs objectifs de déficit. Lire la suite →

Tout va bien, on va laisser plonger les taux au fond du lac

A entendre ce que l’on entend, à voir ce que l’on comprend, à force de lire la propagande, on en reviendrait presque à penser que nous vivons dans un monde où tout va mal, limite proche de la 3ème guerre mondiale. Ça, c’est ce qu’on veut bien interpréter, surtout lorsqu’on lit que Mr President tente par tous les moyens de se faire des copains. Le mec il a incendié le maire de Londres en le traitant de « lose » juste avant d’aller rendre visite à la Reine. Ensuite il continue de mettre le feu aux Chinois et de foutre une pagaille monstre avec les Mexicains. Tout partout où il passe, Trump tente de tout bousiller, de tester les limites. Il encense les provocateurs, comme Johnson ou Farage.

Trump n’est pas fou. On peut le penser c’est certain, avec son caractère complètement bipolaire et ses déclarations complètement imprévisibles. Mais il n’est pas givré. Il a simplement des rêves de grandeur qu’il souhaite atteindre et il comprend simplement qu’en poursuivant un chemin bien balisé bordé de belles fleurs roses il n’y arrivera pas. Donc il casse. Son but ? Absolument augmenter la croissance, donc en creusant la dette. Par tous les moyens. Mais pour augmenter la croissance comme lui il l’aimerait, il doit casser celle qui existe. Pour mieux la faire redécoller façon fusée. Trump n’a qu’un but: faire plier la FED. Il veut des taux à zéro. Il veut du crédit gratuit. Il veut faire plonger le dollar, pour le rendre attractif, pour pouvoir encore davantage exporter, pour écraser la concurrence. Trump en a aussi marre de voir les Chinois exiger que les brevets soient partagés. Et comme il ne parvient pas à se faire entendre, il applique des hausses graduelles de mesures punitives. Perso moi tout seul, je salue le courage. Car force est de constater qu’en utilisant les moyens diplomatiques usuels pour parvenir à ses fins, on n’y arrive simplement pas. Du moins pas avant une bonne centaine d’années. Et Trump a compris cela. Lire la suite →

C’est agréable de se dire que tout va bien

Cela fait un bout de temps que je me dis que je devrais écrire quelques lignes sur l’immobilier. Mais avant de m’y lancer, je dois dire que je ressens une grande quiétude et que je dors très bien depuis des années. On n’y voit rien sur les marchés. Et en même temps on fait comme si de rien n’était. Les marchés sont aussi intéressants à suivre que de se passionner pour une course de limaces lancées à toute allure sur une salade. On fait comme si de rien n’était, comme si tout allait super bien, comme si rien ne pouvait arriver. Le monde est dirigé par un fou qui change d’humeur et d’avis toutes les 30 secondes et on s’en fout complètement. On le laisse beugler dans son coin et je crois que ses adversaires prennent même du plaisir à le voir prendre des décisions complètement irrationnelles. C’est encore mieux qu’une série télé mais sans abonnement à NetFlix.

Les marchés sont comme une bulle de savon qui flotte dans l’air. De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire que de rester « dedans ». Les intérêts sont, restent et resteront au plancher. Tout le système fonctionne grâce au crédit gratuit et à la planche à billets. En Suisse UBS vient de décider qu’elle ne rémunérerait plus du tout l’épargne. C’est zéro pourcent. En clair, les banques sont devenues un mal nécessaire. Elles ne servent plus à rien, si ce n’est de servir de passe-plat. Si chacun de nous pouvait ouvrir un compte directement auprès de la BNS ça enlèverait tous ces intermédiaires qui ne servent à plus rien, si ce n’est nous ponctionner des commissions pour tout et rien. D’ailleurs et au vu de la politique d’UBS, je pense que je vais demander à mon patron de revenir au bon vieux temps et de me payer en cash à chaque fin de mois. Ensuite j’irai demander aux PTT de me refourguer un carnet jaune de récépissés et j’irai refaire mes paiements sans frais au guichet. Ensuite je boucle mon compte salaire qui ne me sert à plus rien. Lire la suite →

Le meilleur boursicoteur du monde ? C’est Trump

Je suis les marchés assez assidûment depuis le crash de 1987 mais je n’avais jamais encore vu cela. Les crises précédentes je ne les ai pas toutes vu venir loin s’en faut. Je me suis pris les pieds dans le tapis comme le 99% d’entre nous. J’ai vécu l’exubérance des point.com, l’irrationalité totale. Le marché était complètement débile. En 2008 c’était pas pareil. On nous avertissait depuis 2 ans que ça allait péter avec les subprime, mais on n’a pas écouté.

Aujourd’hui, le marché est suspendu au plafond d’une église, tout en haut. Une seule maxime règle la marche à suivre: les déclarations de Trump. Un jour il est tout copain avec la Chine, un jour il leur attache des plots aux pieds et les envoie plonger dans la fosse des Mariannes. Tout tourne autour de ce trade-deal à la con qu’ils sont en train de négocier. Si j’étais le négociateur chinois, j’apprécierais tout particulièrement d’être au fond de l’océan, les pieds attachés, sans oxygène, avec un con dans une barque tout en haut qui me dit: « Tu signes ce que je veux et je te remonte ». C’est exactement ce qu’il se passe en ce moment. Et les marchés réagissent à chaque fois très nerveusement à chaque tweet du cinglé qui dirige le monde.

Si j’étais Trump j’arrêterais tout de suite de faire président et je ferais de la bourse. Si j’étais lui, j’achèterais des call à chaque fois que je m’apprête à écrire que les Chinois sont super coopératifs. Et j’achèterais des put à chaque fois que je m’apprête à écrire que le trade-deal est mort et que je vais tous les flinguer. On en est exactement là. Un monde de cons dans un marché de cons. J’apprécie tout particulièrement que des titres comme Novartis ou Nestlé se fassent ainsi pareillement secouer. Le rapport avec le trade-deal ? Aucun justement. En fait, c’est comme si je vous disais que le résultat d’un match de foot influencera la production d’électricité. N’importe quoi. Lire la suite →

 
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