Crypto + crypto + crypto = personne ne sait.

Nous vivons dans un monde fascinant. Un monde dans lequel l’euphorie boursière nous gagne avec tout un tas de gadgets qui sortent sans arrêt. Cette période me fait furieusement penser à celle vécue il y a 20 ans où tout montait, où rien ne pouvait faire dérailler la machine des « point.com ». C’était bingo assuré. Aujourd’hui c’est tout pareil. Les gourous de la finance nous disent tour à tour que tout devrait bien se passer. Comme on aimerait les croire on est rassurés. Nous vivons une période complètement euphorique où les indices cartonnent sur toute la planète, au plus haut de tous les temps. Les cryptos se sont démocratisées et s’envolent, même si le Bitcoin toussote depuis quelques jours, avec des corrections tant à la hausse qu’à la baisse qui font froid dans le dos. Normal qu’il en soit ainsi car personne n’a encore eu le courage ni l’envie de vouloir assassiner le « truc » en posant des régulations. En même temps je n’en suis aucunement surpris car je ne connais personne qui soit en mesure d’expliquer simplement comment ce « truc » fonctionne.

Autrement nous avons les banques qui refont parler d’elles. Presqu’à l’unisson elles affichent des profits qui dépassent l’entendement, sauf une: Credit Suisse. Le titre a perdu 30% en quelques jours suite à des paris risqués dans des « fonds » qui ont mal tourné. Trop bien leur truc. Et maintenant ce sont les petits clients qui vont trinquer – c’est toujours ainsi que cela se passe – en voyant leurs frais de gestion augmenter. Un poignée d’imbéciles fait n’importe quoi avec le pognon et ensuite c’est aux pauvres de payer. Un grand classique. Et pendant ce temps, même si pour la forme ils ont viré un ou deux lascars – ça fait toujours bien de donner l’illusion que faire tomber quelques têtes va changer quelque chose – pour démontrer qu’ils ont bien saisi le problème. Le problème justement c’est qu’ils n’ont aucune idée de la suite. Personne ne sait si d’autres « fonds » vont leur péter à la figure ces prochains mois vu qu’ils n’ont juste aucune idée, aucun moyen non plus, pour comprendre ce que leurs traders font ni des paris qu’ils prennent. C’est aussi simple que cela. Lire la suite →

Jusqu’ici ça va, sauf pour les puces

Depuis quelque temps on parle beaucoup des rendements américains, qui sont passés de la mort clinique à l’effervescence, carrément. Rendez-vous compte, on flirte juste en-dessus de 1.5%. C’est vrai qu’écrit comme ça ça fout les jetons c’est terrible. Derrière cette peur d’une hausse des rendements se manifeste la crainte du retour de l’inflation, que l’économie s’enflamme tout à coup, que la reprise soit si brusque qu’on n’arrive plus rien à contrôler. Alors c’est possible. Je me réjouis d’un jour où nous referons des kilomètres de bouchons juste pour nous garer devant un hypermarché en France, ou chez Ikea. Enfin il y en a certainement qui se réjouissent de cela pendant que je serai forcément ailleurs. En fait, on a simplement peur d’une envolée de l’activité qui ferait grimper les prix au ciel. Donc inflation qui fait bobo. Donc taux et rendements en hausse. Et si taux en hausse on se retrouvera très vite à se demander comment les gouvernements feront pour assumer le service de leur dette, dette qui bien entendu demeure très insignifiante – se pincer pour ne pas rire – si menue qu’elle ne sera jamais remboursée.

Mais il y a un mais. Et un GROS mais. Et ce « mais » personne ne le maîtrise, sauf les Chinois. Il s’agit des semi-conducteurs, sujet qui devient très tendance semaine après semaine. Merkel, Biden et d’autres ne savent plus comment faire, notamment pour leur industrie automobile. Les carnets de commande sont pleins mais ils ne vendent pas car ils ne peuvent pas livrer. Il manque des puces… et des puces, les voitures en sont truffées, notamment avec le besoin croissant des batteries pour alimenter ce fameux marché des voitures électriques, ce marché de niche dont l’ensemble des constructeurs semble penser que là se trouve l’avenir. VW a d’ailleurs effectué semaine dernière une annonce spectaculaire de développement du tout électrique, avec de belles images futuristes, qui semblent avoir convaincu les investisseurs. L’évolution du titre depuis l’annonce ressemble à s’y méprendre au décollage d’une fusée de Space X. Pendant quelques instants on a failli oublier le sujet phare – toujours les puces – pour mieux se concentrer sur du rêve. Lire la suite →

A toute vapeur vers le néant

Écrire un billet devient de plus en plus difficile car relater ce que font les marchés depuis deux mois rendrait complètement fou le plus éclairé des psys. Les marchés sont entrés des deux pieds dans le monde merveilleux de l’euphorie, quoique. Si l’on prend les indices américains on peut penser que c’est le cas. Là-bas, dans le monde merveilleux des burgers, tout est permis, même les débilités. Certaines boîtes qui ne gagnent pas un péco font le yoyo à un rythme qui rendrait le saut à l’élastique aussi vibrant qu’une partie de Monopoly qui dure 4 heures. A n’y rien comprendre. Il y a toute une série d’hurluberlus qui jouent à se faire peur, en joignant leurs forces, en se mettant tous en même temps à parier sur des titres qui ne valent rien. Alors ça marche pour certains, pour d’autres pas. Je rappelle à tout hasard qu’acheter haut et vendre bas ne fonctionne pas. Et je rappellerai en plus que ce genre « d’activité » finit toujours mal.

En Europe c’est tout autre. On regarde ce qu’il se passe de l’autre côté de l’Atlantique et… on regarde. On ne fout strictement rien, ni en Suisse d’ailleurs. Le SMI reste scotché depuis je ne sais combien de mois dans un range de quelques centaines de points. Certains secteurs profitent pleinement, comme les assurances, avec un effet de rattrapage. La pandémie ne fait pas vraiment partie de leurs risques et les marchés semblent gentiment intégrer cela. Les fameux caractères écrits en Arial 2 au bas des polices ont encore de beaux jours devant eux. Avec les assurances c’est toujours pareil. On paye des primes et lorsqu’on a une crise, un sinistre, on découvre alors avec horreur que les assureurs ont tout prévu pour au final ne jamais passer à la caisse. Lire la suite →

Le vent, les biceps et le cheval

Plutôt que de lire tout et n’importe quoi ces derniers temps, plutôt que d’écrire encore et toujours les mêmes trucs sur la bourse qui n’a comme ambition rien d’autre que d’atteindre la lune – ou même Pluton ce serait encore plus loin -, je me suis un peu documenté sur le fameux tournant énergétique dont tout le monde parle. Pour faire simple, le mazout c’est mal. Le gaz « naturel » – j’adore le « naturel » – c’est mieux. Le chauffage à pellets et les PAC c’est l’avenir.

Du côté des voitures on va également bien rigoler, vu le tournant énergétique pris. On massacre la planète en creusant comme des fous pour aller tirer tous les métaux possibles, comme le cobalt, destinés à fabriquer les fameuses batteries qui alimenteront forcément de manière « propre » nos futures voitures, puisque le pétrole ce n’est plus trop tendance non plus du côté des véhicules.

J’ai également parcouru nombre d’articles sur Nikola, constructeur de camions électriques dont GM devait devenir actionnaire. Curieusement le deal ne se fera pas. Un camion électrique, ça doit avoir à peu près 12 km d’autonomie, et encore si on ne met pas le chauffage, qu’on n’écoute pas la radio et que la route est toute plate ET sans contours. On dirait que tous ceux qui ne jurent plus que par la voiture électrique ne sont jamais venus les tester à La Chaux-de-Fonds en plein hiver. Quand il fait froid, la batterie d’une voiture réagit exactement de la même manière que celle qui équipe votre téléphone portable. En hiver, ça ne fonctionne simplement pas. Et pour ceux qui en doutent je sais exactement de quoi je parle puisque je suis l’heureux utilisateur épisodique d’un de ces taille-crayons qui fait le bruit d’un foehn qui ne marche pas bien. Lire la suite →

1ère vague, 2ème vague… en attendant la 3ème

Je reviens sur une joyeuse maxime assénée par une personnalité valaisanne bien connue dans le milieu du foot: « En montagne, quand tu as le brouillard, tu t’arrêtes et tu attends que ça passe ». Le ton est raisonnable, posé, empreint de bon sens. En tout cas en matière de foot, cette citation prend tout son sens au vu d’un calendrier – si l’on peut appeler cela encore un calendrier – devenu complètement bancal, et surtout au vu des matchs joués sans personne… C’est vrai que sous cet angle ce n’est pas idéal.

Il est en revanche un domaine où un tel dicton ne s’applique pas. Et ce domaine, c’est la bourse. Plus ça va mal, plus il faut acheter. Si vous attendez que le brouillard se lève, les cours seront remontés et vous n’aurez plus que les miettes. Les performances solides se créent lorsqu’on a le courage d’investir alors que tout semble incertain, lorsqu’on n’y voit rien. Et tout ce qu’il faut en pareille circonstance, outre un peu de cash, c’est surtout du courage. Le courage d’espérer au prochain retour du beau temps.

Les bourses ont corrigé ces derniers temps en tenant compte de deux aspects: les conséquences économiques du virus, que personne ne connaît, et le bal des deux clowns d’outre-mer. Les bourses ont tout d’abord plongé. Puis comme tant de fois elles sont remontées à la faveur tout d’abord de l’élection aux États-Unis, puis ensuite à la faveur d’un espoir de vaccin destiné tout d’abord aux nantis. Pfizer semble avoir décroché la timbale. On verra bien. Quoiqu’il en soit le tout semble complètement irrationnel, un peu comme quand vous prenez vos bonnes résolutions de la nouvelle année en vous promettant de perdre 12 kilos en 6 semaines à raison de 8 séances hebdomadaires au fitness alors que vous ne faites jamais de sport. Sauf que là les fitness ils sont fermés. Il n’y a rien à s’enthousiasmer d’avoir Biden ou Trump au pouvoir. Ni de voir l’émergence d’un éventuel vaccin qui de toute façon ne déploiera ses effets pas avant 2022, pour être optimiste. D’ici là, c’est soupe à la grimace comme plat du jour. Les économies sont en récession, le chômage est élevé et les carnets de commandes désespérément clairsemés pour toutes industries actives dans le domaine de l’inutile. Et quand on sait que notre monde fonctionne sur une économie basée sur l’inutile il n’y a pas trop de quoi se réjouir. Lire la suite →