On fixe le target à 30’000 points pour fin 2018?

Alors là je me marre. Il y a quelque temps, j’ironisais sur le fait que le Dow Jones irait certainement tutoyer le bal des grandes montgolfières en allant chercher les 20’000 points. C’est chose faite depuis janvier. Hier soir? C’est 22’000 qu’il est allé taper! Et maintenant je pousse l’hystérie à parier sur 30’000? Il est parfois bon de se rappeler que le Dow affichait 6’500 points en 2009. Ça fait un sacré bout de chemin parcouru en 8 ans et il n’y a personne à cette époque qui aurait parié un kopeck sur un pareil avènement. Et pourtant c’est là. A 15’000, on se demandait déjà comment il pourrait encore monter. On se disait qu’il manquait d’impulsions au marché, qu’il manquait « quelque chose ». Qu’il manquait d’air, de nouvelles fracassantes pour aller plus haut. Que dit-on aujourd’hui? Exactement la même chose.

Tout est haut. Tout est trop haut. Et comme tout le monde a peur que Yellen décide de monter trop vite ses taux, tout le monde se dit que ça pourrait bien faire capoter tout le bazar et que nous nous trouvons peut-être devant la Grande Correction. Si tout le monde se dit cela, c’est que ça ne se passera pas. La FED va monter ses taux et Draghi fera de même tout gentiment prochainement. L’Euro ne cesse de grimper et pour une fois, c’est la Suisse qui respire un peu. Jordan peut peut-être accorder quelques jours de repos à ses disciples qui pédalent jour et nuit pour imprimer du pognon. Lire la suite →

Immobilier suisse: pas drôle d’être à ski sur le Lauberhorn…

Il me tardait depuis quelque temps de revenir sur un sujet dont j’ai une vague idée. Cela fait 3 ans que je l’écris: le marché suisse se prend les pieds dans le tapis. Pour avoir l’audace d’écrire cela aujourd’hui pas besoin pas d’avoir fait de grandes études, car même les journaux l’écrivent. Il y a 3 ans, on me prenait pour un fou alors que ça construisait de partout. C’était THE place to be! Aujourd’hui c’est différent. Les prix baissent absolument partout et… de trop nombreuses constructions arrivent encore sur le marché. Tout baisse presque partout en Suisse, sauf autour de Zürich et Genève. Pour faire simple c’est cela qu’il faut retenir. Les prix des villas chutent, les appartements en PPE peinent à se vendre (les appartements continuent d’être trop cher et les acheteurs ne trouvent plus facilement de financement) et les locataires se frottent les mains. Non seulement ils ont le choix de déménager où bon leur semble à présent, mais en plus les loyers baissent. Non pas tant en raison de la faiblesse des taux, mais surtout en raison de la concurrence. On trouve à présent de tout à peu près partout.

Ce qu’il y a d’embêtant, enfin ça dépend pour qui, c’est que le mouvement de lente correction ne fait que de prendre de l’ampleur. La cascade est en pente douce et quand on connait la capacité d’un marché comme l’immobilier à se retourner, c’est un peu comme si vous décidiez d’arrêter un pétrolier lancé à toute allure en essayant de le freiner avec une pagaie. Quand une tendance est lancée, on en a facile pour 10 ans. Le facteur externe qui risque d’accentuer encore plus le phénomène est l’immigration. Là aussi un grand classique comme l’arrivée des travailleurs italiens et espagnols dans les années quarante. C’était une vague. L’immigration en Suisse est en baisse et il n’y a aucune raison pour dire qu’elle va repartir. Donc moins de gens pour peupler les appartements vides, plus d’offre en même temps, donc bobo. Et comme ça construit encore un peu partout, on n’a pas fini de rigoler. Les prix en sont là. Ils sont comme le skieur qui prend le premier virage de la descente de Wengen. Ensuite ça prend de la vitesse et la piste est la plus longue du circuit. Lire la suite →

Greed is good and Greece is back

Investir n’est pas vraiment le terme hyper sexy du moment. Avec la météo maussade qui nous inviterait peut-être à consulter nos écrans, on préfère encore se gaver de Belfies sur Instagram. En bourse il n’y a à peu près rien à dire, tant les marchés sont hyper animés en ce moment. Tout au plus les résultats du T2 qui rehaussent notre humeur matinale et encore. L’économie tourne à moyen régime et les majors s’en mettent plein les poches grâce aux robots et aux prix pratiqués. Ce n’est une surprise pour personne. Les marchés sont toujours scotchés au plafond et ils peinent à crever les plafonds.

Côté luxe à présent, je constate que tous les titres ne sont pas égaux. Il y a 10 ans, Richemont valait 33. C’est 80.00. Il y a 10 ans, Swatch valait 361. C’est 369. Il y a 10 ans, Hermès valait 74. C’est 431. Swatch est volatile. Car pendant la période, le titre est tombé à 115 et a dépassé 600. Ceux qui ont su prendre le train s’en sont mis plein les poches. Enfin ça dépend dans quel sens ils l’ont pris. Tout autre son de cloche chez Hermès. C’est en hausse constante depuis 10 ans. Il semble que tous ces sacs hyper moches et trop chers cousus main qui ne servent à rien continuent à se vendre. Et comme je n’ai pas les tunes pour m’en payer un, je préfère de loin zieuter les Belfies. Lire la suite →

Bonne nouvelle + bonne nouvelle = bourse au paradis

Alors je ne sais pas vous mais ce temps automnal me ravit. Les bourses semblent également partager mon enthousiasme puisqu’elles continuent de grappiller fraction de pourcent par fraction de pourcent. Les cieux doivent à présent faire un peu de place aux indices tellement ils sont hauts, et quelque chose me dit que ce n’est pas prêt de s’arrêter. Ce qu’il y a d’important à savoir ce matin, c’est que Yellen a parlé. Les taux restent comme ils sont = bon pour la bourse = cool pour les surendettés. Les taux vont graduellement continuer à augmenter comme prévu = bon pour la bourse = moins bon pour les emprunteurs mais pas dramatique encore. Ensuite Yellen avait déjà préparé la planète lors de son dernier discours lorsqu’elle évoquait le retour « à une normalisation graduelle de la politique monétaire ». Cette fois tout est clair. La FED débute le dégonflage progressif de son bilan. Ce que Yellen fait en ce moment-même, c’est exactement ce que la FED avait tenté de faire il y a quelques années lorsqu’elle avait tenté une normalisation. Ça c’était mal passé. Là la sauce prend. L’inflation reste toujours trop faible, raison pour laquelle son approche se veut homéopathique. La fameuse politique des petits pas.

En clair, cela veut dire que la FED cessera progressivement d’acheter des bons du Tresor et va réduire la voilure. Les investisseurs ont aimé car tout est supportable, savamment distillé, orchestré afin que personne ne soit surpris. Et la bourse aime cela! Donc je vois horizon dégagé et confirme ce que je dis depuis longtemps: Draghi va suivre, même si l’inflation en Europe reste aussi élevée qu’un brin d’herbe de Wembley et que le chômage reste aussi élevé que le Mönch. Mais de ça on s’en fout, même si ça préoccupe quand même. Mais comme ce sont les pauvres qui sont touchés et très cyniquement, ce n’est vraiment pas grave. Lire la suite →

Plus d’eau et des méduses

Je suis content lorsque je lis que Trump pense que le réchauffement climatique n’est qu’une invention. C’est rassurant. J’imagine que le Président se base sur ses propres observations pour dire qu’il n’y a pas de problème. C’est vrai que sur un green, peu importe où il se trouve, en général l’herbe est verte. C’est mieux pour attirer les riches d’offrir un cadre idyllique avec du Brandy pour les quatre heures plutôt que des talus pelés par le soleil. L’eau vient à manquer à certains endroits de la planète, et ailleurs on ne sait plus qu’en faire. L’image de Rome est saisissante. Rome s’apprête à devoir à se serrer la ceinture sous peine d’assécher le lac dans lequel elle puise son eau. Une étude publiée estime que le 44% (pas 43 ou 45 ils sont super précis les mecs qui ont réalisé l’étude) de l’eau qui y est pompée n’arrive jamais dans les robinets en raison de conduites percées. Ça donne tout de suite hyper confiance. A Rome il ne pleut plus. L’eau se fait rare et comme dans presque tous les pays pestiférés, les investissements dans les infrastructures sont insuffisants. On se rend compte aujourd’hui que la connerie est précise. Avant on savait déjà que les tuyaux ressemblaient à un panier à salade mais on s’en foutait. Il y avait assez d’eau. Mais là quand ça manque c’est embêtant. Et ce qui est encore plus embêtant, c’est d’être le politique qui doit annoncer la mesure super populaire. L’Homme est ainsi. Il voit les problèmes et réalise tout un tas d’études. Ça il sait faire. Mais prendre les mesures adéquates en temps voulu il n’est pas habitué. Il préfère à chaque fois taper le mur et finir à l’hôpital les deux jambes cassées pour entreprendre ensuite quelque chose.

Le réchauffement climatique, toujours sauf pour Trump, s’exprime encore par le détachement de ce gigantesque iceberg qui va fondre en deux ans. Il s’exprime également par le réchauffement progressif des eaux qui bousille la Grande barrière de corail. Il s’exprime encore par l’envahissement progressif des mers par les méduses, qui empoisonnent la vie des baigneurs même en Mer du Nord. La rareté des poissons favorise la propagation des méduses, de même que les tonnes de déchets en plastique qui flottent un peu partout. Les méduses adorent le plastique et s’en nourrissent. L’espère humaine se trouve devant un immense défi: sauver sa planète. Et pour le moment c’est mal parti, un peu comme si vous souhaitiez fluidifier le trafic à Genève ou expliquer aux Neuchâtelois qu’ils continuent de vivre comme à la Belle Epoque alors qu’ils n’en ont plus les moyens. Pour le moment on n’est prend pas du tout le chemin. Le Portugal lutte intensément contre les feux de forêt été après été. La mesure phare prise par le Gouvernement? Ne plus planter d’eucalyptus! C’est vrai que quand il n’y aura plus rien à brûler ça va simplifier les choses. Transformer le Portugal en désert ce serait bien. Pour lutter contre les méduses? Si j’étais Président, je déciderais de boucler simplement toutes les plages du globe et d’interdire la baignade. Trop simple tout ça. Lire la suite →