La bourse et la vie…

| Billet invitéTout est réuni pour se réjouir. La FED et la BoE vont reprendre l’impression de monnaie. Les entreprises quant à elles continuent de très bien se comporter. Leurs résultats 2011 sont bons globalement. On en oublierait presque les problèmes d’endettement des Etats et le chômage des jeunes…
Il ne faut pas être un mage pour prédire ce qui va se passer. La bourse ne peut que monter. Je prédis avec enthousiasme une envolée de cette dernière. Le cours des actions sera dopé par les liquidités abondantes et la fausse impression que, grâce aux mécanismes d’aide mis en place, la crise de la dette sera enfin réglée.

Le problème n’est que repoussé. On essaie de diluer les dettes et de les répartir sur le plus grand nombre possible d’intervenants. On espère ainsi que chaque pays, ou institution participant à cette joyeuse fête de l’endettement, arrivera avec le temps à gérer ses engagements. En revanche, je constate qu’on ne rembourse toujours rien. Pire, on s’endette encore et toujours ! Mais tant que le système n’explose pas, pas de risque de guerre, pas de troubles sociaux suffisamment puissants pour inverser la tendance.

Même les Français, pourtant si déterminés habituellement à témoigner leur mécontentement, ne descendront pas dans les rues. M. Sarkozy s’est suicidé hier soir lors de son allocution télévisée. Les Français ne lui pardonneront jamais d’avoir perdu le fameux triple A d’une part, et d’autre part de parler d’augmentation de taux TVA. Reviendra à M. Hollande le privilège de mener une politique… de droite dans les années avenir. Les marchés ne lui en donneront pas le choix.

Dans son allocution, M. Sarkozy critique en outre vertement les banques, coupables à ses yeux de ne pas prêter suffisamment et à des taux trop élevés. Mais les banques ne sont pas folles. Si elles ne prêtent pas davantage, c’est qu’elles jugent que le risque est élevé. Et si le taux des crédits est élevé, cela veut simplement dire que le prix proposé est en corrélation avec le risque. Les accabler encore plus de tous les maux me paraît un peu simpliste.
La chance nous a été donnée de résoudre notre crise. Les politiques ont décidé de la repousser à des temps meilleurs. Accepter ce fait est devenu incontournable, malheureusement.

Avant d’investir vos deniers en bourse et de profiter massivement de ce qui pourrait devenir de la plus grande bulle financière de l’Histoire, j’attendrais cependant encore un petit peu. J’espère toujours que les marchés s’effondreront brutalement d’ici à quelques semaines. J’espère également que les économies de la zone Euro plongeront en récession et que les chiffres seront bien plus mauvais qu’escomptés. Cela permettrait alors à la BCE (elle invoquera alors un risque de déflation ou d’effondrement) d’entrer en jeu et d’inonder elle aussi l’Europe de liquidités. Cette démarche ne fera qu’augmenter le pouvoir de l’argent facile et alimentera inévitablement le grand casino de la bourse.

Nageons en cœur, chers amis boursicoteurs, le temps de l’abondance illimitée et éphémère s’invite dans votre assiette.

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