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En voiture M’sieur dame… et on reparle de la dette!

C’est l’info du jour. Tesla n’a jamais autant vendu de voitures c’est génial. Elon Musk devient le champion américain car c’est le seul constructeur qui voit ses ventes exploser à la hausse alors que les autres constructeurs tirent la langue et n’arrivent plus à vendre leurs charrettes. Il semble que le marché d’occasion soit abondant (la défiance des anciens modèles truqués y est certainement pour beaucoup) et que les prix des occasions ne fait que baisser, surtout que les anciens modèles sont peut-être tous pourris, y compris les moteurs essence. Donc de cause à effet, les voitures neuves sont trop chères et peinent à se vendre, sauf Tesla. Tesla dépasse Ford en termes de capitalisation boursière. C’est 48 milliards pour Tesla et 45 pour Ford. C’est 100’000 voitures vendues par an pour Tesla et 6 millions pour Ford. Et celui qui me réussit à me dire que tout cela est « normal » et je l’envoie immédiatement se ressourcer quelques mois au bord du Ganges et respirer sa puanteur…

Mon sujet favori reste celui de la dette. Et comme cela fait longtemps que je n’ai pas écrit quelques lignes à ce sujet, je vous livre quelques petits indicateurs qui sont à interpréter selon votre vision des choses. Aux States, les défauts sur crédits autos n’ont jamais été aussi élevés depuis 1996 et la durée des emprunts souscrits… s’allongent! Bientôt ce sera comme en Suisse pour l’achat d’une maison. Il faudra à peu près 8-9 générations pour espérer rembourser la dette. En clair et pour faire bref, la course à l’endettement se poursuit. Tiens, ça me rappelle un article du Temps paru en 2006 lorsque Emmanuel Garessus s’inquiétait de l’envolée des crédits immobiliers. On a vu ce que ça a donné. Et comme tout bonheur se doit d’être partagé, l’allongement de la durée des crédits va bien entendu de pair avec la lente remontée des taux. Ça nous promet un de ces quatre une joyeuse cabriole. Lire la suite →

En mode poisson frit

Beurk c’est tout pourri. Pas le temps donc, mais la bourse. Ça n’en finit pas de corriger. Les chiffres de la croissance européenne atteignent des sommets, c’est réjouissant. Mais pas dans le bon sens. 2016 sera une année à oublier, comme 2017, et comme les suivantes d’ailleurs. Les débats sur la fameuse « croissance » me passionnent d’ailleurs. Je suis estomaqué que l’on parle encore de cela. Car ce débat est clos depuis longtemps. Nos instances dirigeantes semblent pourtant vouloir beaucoup discuter, trouver des solutions, dénicher des compromis, prendre des mesures adéquates. Tous ces braves gens sont de bonne volonté. Le seul problème, c’est qu’ils abordent le mauvais problème. Un peu comme si vous aviez l’idée d’absolument vouloir faire pousser des carottes dans votre jardin en plein hiver à Zermatt. Rien ne sert de développer des engrais, des systèmes de chauffage au sol ou alors tenter d’inventer des graines magiques qui vous pondent une carotte en 30 minutes. C’est inutile.

Nous en sommes simplement là. Nous nous évertuons à vouloir considérer que la croissance repartira et que grâce à la planche à billets, au crédit gratuit, tout repartira bien un jour. Mais c’est impossible. Quel est le politique qui aura le courage d’annoncer un jour à la télé que tout cela est terminé? Quel est le politique qui osera dire qu’en raison des dettes abyssales, plus aucun Etat ne peut entreprendre de grands travaux? En plus regardez autour de vous. Les voitures sont construites par des robots. Nous remplaçons toujours plus les postes de travail par des machines et parallèlement, la redistribution des richesses ne se fait plus. En fait, c’est un peu comme si vous tentiez coûte que coûte d’allumer des feux d’artifice en étant immergé dans votre piscine. C’est simplement impossible.

Donc passons. Il n’y a rien d’autre à dire que cela. Les véritables remèdes se trouvent ailleurs. Et pour les trouver, il faudrait tout d’abord être décidé à vouloir bien accepter que nous parlons du mauvais sujet, et que par ricochet toutes les mesures introduites restent débiles. La première mesure à prendre? C’est rayer du vocabulaire économique le mot « croissance ». Ce mot ne veut rien dire à long terme. Nous ne pouvons que décroître car nous vivons bien en-dessus de nos moyens. Nous pillons la planète et nous achetons tout à crédit. Donc nous achetons la décroissance, qui se traduit depuis plusieurs années déjà par la stagnation que nous vivons. Alors quand je lis qu’on fait tout pour croître à nouveau alors que c’est l’inverse qui nous attend… A croire qu’on nous prend vraiment pour des poissons frits, bouche béante devant Dieu le père.

La « croissance » chinoise est également toute pourrie. Ça fait 14 mois que ça dure. Mais promis, c’est le mois prochain que ça changera. Et aux USA, la Maison Blanche pourrait bien se transformer en home médicalisé. Qu’il s’agisse de Donald-le-débile, du jeune Sanders ou d’Hillary dans ses magnifiques costumes bleus-abysse, il s’agira d’ouvrir une unité permanente de soins médicaux. Bon ok pour Donald il faudra aussi un psy peut-être… Et aussi une camisole de force afin qu’il n’ait pas la géniale idée d’appuyer sur un joystick pour envoyer un pétard en Corée juste pour voir ce que ça fait.

 

En mode cabane à sucre à rebours

Je déteste les chiffres en général, en tout cas ceux publiés par les Gouvernements. Car premièrement ils sont souvent faux, et ensuite je sais qu’ils sont bidouillés. En revanche je lis avec attention les chiffres de la consommation de notre belle petite Europe qui sont simplement tout pourris: – 0.2% pour février. Ça veut dire quoi? Que Draghi est au bout du bout avec sa joyeuse clique de la BCE et que rien ne va plus. Je reste plus ou moins convaincu que l’augmentation du prix de l’énergie, donc pétrole aussi, favorisera l’Europe à ne pas retomber en récession. Les effets devraient se faire sentir d’ici à quelques mois.

Je surveille également le cours EUR/USD depuis le discours du Maestro (donc pas la carte maestro qui vous permet de vous abreuver au tire-billets). Pas bon du tout. L’Euro monte face au dollar donc rien de bien reluisant pour les exportateurs européens qui souffrent encore plus alors qu’en temps normal, lorsqu’on ne regarde pas le monde à rebours depuis une cabane à sucre canadienne, le cours de l’Euro devrait baisser suite aux derniers ajustements opérés par la BCE. Alors une question à deux balles: c’est quoi la suite? On descend les taux à – 5% d’un coup à la BCE? C’est Weidman qui sera content, et Schäuble aussi. Il est toujours bon de rappeler comment sont éduqués les peuples du nord de continent, y compris la Suisse. On nous a appris à épargner. Donc pour les épargnants, c’est simplement une catastrophe de constater que leur argent, économisé durement, fond comme neige au soleil et ne rapporte plus ce qui était prévu. Lire la suite →

Dérapage contrôlé

Je me fais silencieux ces temps car en fait, il n’y a rien à dire sur ces marchés schizophréniques. Il n’existe aucune règle et personne ne sait de quoi demain sera fait. On continue d’avancer à tâtons, à l’aveugle, avec des prédictions qui s’appliquent à la journée de trading en cours. Plus on ne peut pas dire. Draghi devrait intervenir aujourd’hui et, comme d’habitude, il ne se passera rien. Peut-être ses dires influenceront les marchés dans un sens ou dans l’autre. Mais de toute façon ce sera un effet à très court terme. Que voulez-vous qu’il dise après tout? La Chine est en train de se rétamer les gencives dans un sac de riz. L’Europe ne sait pas où elle va et continuera à se fourvoyer dans la médiocrité. Quant à l’Amérique, on ne se passionne plus que pour une chose. C’est le jeune prometteur Donald qui sera président ou quoi???

Du côté des marchés il ne se passe absolument rien. On reste scotché beaucoup trop haut la tête en bas. Pour le moment le piton nous tient en lévitation au-dessus du vide et c’est tout. Tant que ça tient, rien ne bougera. Et comme le pétrole est toujours bon marché, le ravitaillement en nourriture est toujours assuré par hélicoptère. Donc on reste suspendu à la corde et on regarde ce petit manège qui ne tourne plus. On change parfois le tenancier pour tenter de relancer la machine mais rien n’y fait. Le manège ne tourne plus.

On dit souvent qu’une phase boursière haussière reste le précurseur d’une reprise économique significative. Or cette fois-ci il n’en est rien. Les économies font du surplace et la croissance n’existe plus que dans les livres, pas dans le réel. Aucune idée où tout cela nous mènera. Nous sommes englués dans un marais. Nous ne coulons pas mais nous n’en sortons pas non plus. Lire la suite →

Les banques centrales sont ko debout

Dehors, ça souffle très fort. Les vents violents qui s’abattent sur la Suisse depuis 24 heures nous rappellent que nous ne sommes rien par rapport aux éléments. Ils sont plus forts que nous. Alors nous pouvons nous protéger c’est juste, mais il faut bien admettre que notre pouvoir reste très limité lorsque les furies se déchaînent. Les éléments? Ils se déchaînent aussi en bourse ces derniers jours. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette spirale négative, pas même les banques centrales. En 2013 je l’écrivais déjà. J’avais fait mon pari que la FED ne parviendrait plus jamais à remonter ses taux. Je disais cela pour deux raisons: 1) la croissance américaine est et reste du vent, car financée essentiellement par la dette. 2) l’absence totale d’inflation en regard des efforts de la FED à inonder les marchés de liquidités.

En fin d’année 2015 j’ai pensé avoir eu tort, suite au premier relèvement des taux opéré par Maman. Et aujourd’hui je ne sais plus. Mais je ne suis pas loin de penser que d’autres hausses de taux sont impossibles. En m’y retournant, Yellen a peut-être commis la même erreur que Trichet il y a quelques années. Trichet, ancien chef de la BCE, avait alors monté les taux car l’inflation dépassait le cadre du mandat donné à la BCE. Grave erreur que nous connaissons car l’Europe s’enlisait déjà dans une crise financière sans précédent. Lire la suite →