Un retour dans ma cabane à sucre s’impose

L’hiver devient long et je ne sais plus trop quoi faire de mes journées. Regarder par la fenêtre de ma cabane à sucre en pleine forêt canadienne ne me donne aucune envie de me reconnecter un tant soit peu avec les citadins. Si on tire une droite depuis octobre dernier on pourrait croire qu’il ne s’est rien passé dans le monde, ni sur les marchés. En fait, si je n’avais rien su des tribulations de M. Trump, président des Etats-Unis et du Canada et du Mexique et super pote de l’Australie mais pas de l’Europe, je me dirais simplement qu’il n’a rien foutu durant tout l’hiver, en mode ours en hibernation. Et pourtant le plantigrade aux cheveux oranges a vociféré à tout va, juste pour rien. Tout au plus pourrais-je retenir la liste impressionnante des gens de son entourage qu’il a virés ou qui sont partis d’eux-mêmes. L’hiver aura été réglé par cela: du brassage d’air. C’est tout ce qu’il y a à dire.

J’aime bien regarder le monde la tête à l’envers. Ça me détend. Draghi a dit hier que la BCE poursuit son cheminement tout tranquillement. Draghi aura fait du bon boulot, quoiqu’on en dise, et même si Frau Merkel et ses acolytes aiment bien ronchonner pour la forme. Avec Draghi, pas de surprises. Il avance tranquillement, prudemment, et au fil des ans il n’existe plus vraiment quelqu’un qui puisse dire que c’est dommage que ce n’est pas un Allemand qui est à la tête de la BCE. L’Europe va « bien », outre son problème de chômage qui ne s’est pas vraiment résorbé. Mais si l’on se concentre sur ce qui fonctionne, Draghi a fait tout juste. Les entreprises fonctionnent, les investissements suivent. Juste encore la politique de certains pays qui ne fonctionne pas, comme l’Italie qui reste comme d’habitude ingouvernable. Quant à Macron, son vrai test sera pour bientôt: réformer la SNCF. Pas sûr que ça passe juste « comme ça » car ça fait beaucoup de monde qui a été habitué depuis trop longtemps à vivre avec des règles qui prenaient en compte une espérance de vie à 56 ans pour les femmes, 48 ans pour les hommes. J’exagère, mais c’est à peu près ça.

Toujours la tête à l’envers, j’entends encore que le procureur Mueller empile les dossiers sur Trump. Au début, il y avait une pile « Russie ». Il semble qu’il y en ait plusieurs à présent. Et plus Mueller fait des piles sur son bureau avec notamment une intitulée « Prêts bancaires exotiques », et plus l’étau se resserre, et plus Trump fera des conneries car il va commencer à stresser. Premier grand signe de stress? Tel le rebelle type, il a souhaité imposer une taxe sur l’importation d’esclaves… ah non, c’est autre chose semble-t-il. Reste qu’après avoir vociféré comme une hyène, voilà qu’il s’adoucit comme par miracle en arrosant de sirop d’érable quelques pays « amis » et qu’il revoit ses prévisions. Typique de ce débile. D’abord il fusille, et une fois que l’autre est mort, il essaye de le faire parler quand même pour connaître son point de vue car il se pose des questions. UBS vient de réviser légèrement son résultat annuel d’une centaine de millions. Il semble qu’ils aient décidé de sucrer encore davantage le poste « provisions pour litiges » dans leur bilan. Mais non c’est incroyable tout cela. Credit suisse devrait suivre ils ne pourront pas supporter longtemps la pub de leur concurrente. Car en principe, ce sont eux qui sont devenus les maîtres en la matière. Les banques, ils adorent faire de la pub… la tête à rebours. Comme moi quoi.

Et vous voudriez que je rejoigne le village à la fonte des neiges? Aucune envie. Car si Trump rencontre vraiment le mètre cube aux cheveux noirs, on aura tout vu. Mais dans cette rencontre l’important n’est pas là puisque personne n’en a rien à cirer, ni Trump d’ailleurs. Mais visiblement, il y a quelqu’un de son équipe qui lui a suggéré qu’au vu de la pagaille qu’il a foutue avec l’introduction de ses taxes douanières, il serait bon de redorer son blason en détournant le regard de la planète sur autre chose. Gentil le monsieur Trump, comme un grizzly. Et si la rencontre avec Machin devient vraiment réalité et que tout foire, j’en connais un qui devra encore faire ses valises. Car si problème il y a pour traverser un fleuve à la fonte des neiges, toujours selon Trump, c’est forcément le constructeur de radeau le fautif. Même si tout le monde lui a dit que c’était impossible. Typique rebelle: toujours la faute des autres.

Un commentaire pour "Un retour dans ma cabane à sucre s’impose"

  1. Emmanuel dit :

    Bonjour,

    Oui c’est vrai, il n’a rien fait….. même pas de guerres supplémentaires, ce qui pour un president américain est exceptionnel ….

    https://blogs.mediapart.fr/jocegaly/blog/130815/les-usa-et-le-monde-paix-ou-terrorisme

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