Retour en récession pour l’Europe…

| Billet invité | Eurostat le confirmera tout prochainement de manière très officielle : l’Europe renoue avec la récession. Ceci n’est pas une surprise, car le retour en légère récession était programmé de longue date. Ce qui en revanche est bien plus grave, c’est que cette confirmation nous indique que les plans de sauvetage mis en place échoueront immanquablement.

Quelques petits chiffres illustrent mes propos. Depuis des mois, ce ne sont pas moins de 1’000 milliards d’Euros qui ont été déversés par la BCE dans le système afin d’apporter une zone de répit bienvenue. Les banques en ont profité pour refinancer leurs propres États avec des prêts à court terme. Comme je l’indiquais dans mon billet précédent, les politiques ont été habiles à vanter les mesures prises par la BCE, avec comme preuve des taux à court terme en nette baisse.

Mais qu’en est-il des taux à long terme ? Par exemple, les taux espagnols à 10 ans se sont à nouveau tendus ces dernières semaines et atteignent dorénavant 5,5%, en route vers la dangereuse barre des 6%. Qui parle de cela ? Personne. La vérité est que la spirale infernale est repartie. L’effet de l’action « d’arrosage » de la BCE a pris fin. Au moins nous aura-t-elle permis de passer une très belle fin d’année et un début 2012 radieux. Mais que pouvait-on attendre d’autre qu’un effet suspensif à très court terme ?

D’autre part, l’absence de croissance (peu importe que l’on se trouve en récession ou non) pèsera toujours plus sur les finances des États. L’Espagne, pour revenir à elle, témoigne déjà de son incapacité à respecter les engagements pris. L’objectif de déficit n’a de loin pas été atteint l’an passé et les prévisions à venir apparaissent en complet décalage avec ce qui est. Comment espérer tenir un objectif de déficit alors qu’il n’y a aucune croissance ? La réponse est simple : c’est impossible !

Pour en revenir une dernière fois à l’Espagne, la bulle immobilière continue de hanter tout le gratin européen. Personne ne sait exactement à combien s’élèvera la facture finale, ni quand il faudra éteindre le feu. Une bulle qui se forme ne prend véritablement toute sa dimension que lorsqu’elle explose. Or cette dernière n’a pas encore explosé… Pour le moment, on se contente de minimiser et… de prier !

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