L’Europe choisit l’enlisement

| Billet invité | Premier constat : Les USA se portent mieux que l’Europe, ou plutôt moins mal. L’augmentation de la masse monétaire porte ses fruits. Elle apporte dévaluation compétitive et empêche le pays de sombrer à nouveau en récession. Contrairement aux Européens, les Américains ont décidé de ne quasiment rien décider, ceci en termes de réduction d’endettement. En bref, ils ont colmaté temporairement les brèches de la coque du bateau, en attendant des jours meilleurs pour le ramener à quai et entamer un toilettage complet.

Deuxième constat : L’Europe tente de colmater les brèches de la coque, mais n’y arrive pas. La BCE ouvre grand le robinet des liquidités en faveur des banques, tout en espérant qu’elles continueront d’abreuver les assoiffés de crédits. Ce qui est inquiétant et contrairement aux Etats Unis, c’est que les dirigeants européens ont décidé de ramener immédiatement le bateau à quai pour lui faire subir sa cure de jouvence. Or, ramener une épave par gros temps n’est aisé pour personne…

Troisième constat : nos deux grands malades sont soignés. Mais aucun des deux traitements ne guérira leurs cancers s’ils continuent ainsi. Dans les deux cas, les mesures de relance de l’économie sont insuffisantes pour les USA, et inexistantes pour l’Europe. D’autre part, la volonté politique de réduire l’endettement est quasi inexistante aux Etats-Unis. En Europe en revanche, ces mesures entrent en vigueur au plus mauvais moment. Inutile d’alourdir encore un peu plus un bateau qui n’arrive déjà pas à flotter pour cause de surpoids…

Quatrième constat : Les USA disposent d’un système politique et monétaire régissant la nation dans son entier. Pas de cela en Europe. De plus, la fracture entre les pays du nord de l’Europe, qui se portent bien, et ceux du sud ne cessera de s’agrandir. Un véritable match de foot s’engage entre deux équipes. La première arrive au stade dans un car luxueux. La seconde arrive à pieds car le budget « déplacements » a été réduit à sa plus simple expression.

Cinquième constat : le voisin chinois montre les crocs. Il n’a aucune intention de continuer à laisser les Etats-Unis poser ses pions sur l’échiquier mondial sans rien dire. Il a envie d’être entendu. Une guerre d’influence s’élève tant sur le plan politique que sur le plan économique. Ces attaques répétées pourraient bien être l’impulsion que les Etats-Unis ont besoin pour se dresser comme un seul homme derrière leur président. Il serait bien imprudent de sous-estimer leur capacité de résilience et leur sens du sacrifice… L’Histoire en témoigne depuis fort longtemps.

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