Quel avenir pour le crédit ?

| Billet invité | Qui gagnera ? Sarkozy ? Hollande ? Alors que tant de monde se passionne pour un sujet qui ne revêt pas la moindre importance, je vous propose une petite réflexion qui devrait inviter tout un chacun à une prise de conscience.

Les politiques se focalisent depuis des années essentiellement sur l’octroi de crédits. Crédits aux banques par la BCE, crédits aux États par les banques européennes, crédits aux entreprises et aux particuliers par tout institut financier. Mais à quoi sert un crédit ? Toujours d’après les politiques, le crédit est LE vecteur de croissance, le levier qui permet à tout un chacun de décoller, de consommer, de financer, d’améliorer son quotidien. Le crédit permet aux entreprises d’embaucher, de prévoir, de financer des outils de production qu’elles ne pourraient simplement pas se payer en temps normal.

La notion de crédit ainsi utilisée équivaut à la solidarité. Sacrée solidarité… Nous sommes à présent tous liés les uns aux autres. En acceptant de fonctionner à crédit, nous acceptons de devenir dépendants de l’autre. Si mon prestataire s’enrhume, je me mets à tousser. S’il n’arrive plus à obtenir ses lignes de crédit, il ne me commande plus, donc je m’effondre à mon tour. En tant que privé, si je perds mon emploi, je n’arrive plus à renouveler l’emprunt qui me permettait de financer ma voiture. Donc je n’achète plus, donc je ne consomme plus. Donc je survis…

Vivre à crédit en revient simplement à répartir le risque sur un maximum d’intervenants, donc sur nous tous. En acceptant de suivre ce mode de fonctionnement, donc d’être d’accord de s’octroyer du rêve tout de suite ou ce qu’on ne pourrait simplement pas se payer en temps normal, nous acceptons de devenir dépendant de l’autre. C’est bien. L’État contrôle son peuple et ses banques. Il les rend dociles. Quoiqu’à présent ce sont plutôt les banques qui contrôlent l’État… peu importe. Le peuple reste ainsi disposé à écouter, à suivre, à obéir.

Imaginez-vous que l’on nous apprenne que l’on ne puisse plus que dépenser ce que nous possédons réellement. Après une longue cure de non consommation, le peuple se dirigerait vers son indépendance. Mon concurrent n’arrive plus à se refinancer ? Ce n’est plus grave, je dispose des réserves financières qui me permettent de poursuivre mon activité. Mon employeur m’a licencié ? Ce n’est pas grave. Ma voiture m’appartient et je puis continuer d’en changer quand j’en ai envie car j’ai économisé l’argent nécessaire.

Quel avenir pour le crédit ? A voir ce qui se passe sur les marchés financiers et sur la scène politique (en réalité la même scène burlesque), on continue de croire que le salut passe par là. Comme disait l’autre, un pour tous…


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