« Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé »

Dans une tribune libre parue dans le Monde du 2 janvier, Michel Rocard et l’économiste Pierre Larrouturou posent une question toute simple: « Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? ». Les deux compères constatent constate que les banques centrales sont prêtes à venir au secours d’un système financier à la dérive en accordant aux établissements privés des centaines de milliards d’euros à des taux d’intérêt dérisoires. Selon Bloomberg, la Banque centrale américaine aurait même offert (pour 0,01 % d’intérêt) la somme astronomique de 1 200 milliards d’euros de financement aux établissements américains…

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d’austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n’acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d’intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont « obligés » de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

Comme le disait Roosevelt : « Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé ». Et il avait raison!

Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ?

Selon les incroyables nonagénaires Edgar Morin et Stéphane Hessel dans « Le Chemin de l’espérance » (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ? (voir la vidéo ci-dessous, elle fait du bien)

Rocard et Larrouturou indiquent encore qu’ « il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu’a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la « vieille dette » de nos États puisse être refinancée à des taux proches de 0 %. »

Cette question est absolument centrale et qui plus est, ne nécessiterait pas de modification des traités européens pour être mise en oeuvre.

Voir l’article original dans le Monde

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