Même un psy-mondial n’y pourrait rien

Ça freine tout partout. Le terme « croissance molle à modérée » tant utilisé par la FED sera bientôt remplacé par « croissance peut-être mais en fait on n’en sait rien ». Reste qu’une craquée de banques centrales ont déjà abaissé leurs taux et le mouvement n’est que naissant. Tout bientôt, celles qui n’ont pas suivi vont le faire et celles qui se sont lancées dans l’exercice seront appelées à poursuivre leurs efforts en vue d’éviter une récession.

La croissance en Chine, en constante baisse depuis tant d’années, appartient gentiment à l’Histoire. Je ne comprends pas qu’on en parle encore. En Europe ça frise le chaos puisque les Allemands tirent la langue et que les Italiens se lancent des pizzas en pleine figure tant ils s’entendent bien. En Angleterre ? Demandez à Johnson. Des temps formidables sont attendus. Et pour finir il y a Trump qui fanfaronne car les Américains n’ont jamais eu autant d’argent à dépenser. C’est toujours facile de dépenser du pèze quand on peut descendre en-dessous de zéro sur son compte bancaire.

En attendant dans ce monde inondé de cash à taux zéro, ce sont curieusement les Etats qui s’en mettent plein les poches. Leur nouvelle vache à lait s’appelle la dette puisque les investisseurs achètent en masse n’importe quelle obligation étatique. Et comme les rendements sont négatifs, par ici la monnaie. Moi si j’étais politicien et que je voulais me faire élire, je proposerais d’augmenter encore davantage la dette et de supprimer les impôts. J’obtiendrais 100% des voix et un contrat à vie.

Reste que l’action plus ou moins coordonnée des banques centrales exprime le désarroi le plus total. Inonder encore davantage le monde de liquidités et abaisser les taux sera à peu près aussi efficace que d’acheter un nouveau pot de Nutella alors que la cave en est déjà pleine. Ça ne sert à rien. Même si votre fils invite chaque jour tous ses copains pour les quatre heures, on n’arrive pas à tout consommer. Prenez les banques par exemple. La confiance est au plus bas. Une UBS se traite à 10 francs. La défiance est totale. Hier, un banquier était écouté et respecté. Aujourd’hui, il doit pételer pour assister à une conférence. Les investisseurs ne leur accordent plus aucune confiance et valorisent d’autres placements, comme les assurances. Un comble que l’on privilégie des vendeurs de chiasse plutôt que des établissements dans lesquels on y dépose encore un peu d’argent.

Le monde est complètement paralysé, un peu comme un cycliste en 1997 qui choisissait de gravir les cols à l’eau claire. Longtemps, l’or a été décrié. C’était vachement ringard d’en posséder, comme des conserves, car il n’y a jamais eu de 3ème guerre mondiale. Reste que cet actif s’arrache en ce moment, car en quantité limitée. Et de cause à effet son prix s’envole. Notre monde en perte de repères s’accroche à ce qu’il peut. Bien qu’un kilo d’or soit assez peu pratique pour aller faire ses courses, et qu’il ne fonctionne toujours pas avec sans code PIN, on est rassuré d’en posséder un.

Je ne sais pas trop ce qu’il faudrait à notre monde assis sur une pile de dettes. Même un psy hyper compétent n’y pourrait rien. Plus personne ne sait quoi faire pour bien faire, et surtout en matière de communication. Chacun y va pour soi, sans coordination, comme dans un couple qui ne fonctionne pas. La seule chose qu’on ne sait pas encore, c’est le moment où la fracture se produira véritablement. Et comme presque toujours, c’est la bourse qui nous donnera le « la ».

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