En mode ronron pour toujours

Il est des périodes qui sont pénibles à vivre, où il ne se passe rien, où les sujets « chauds » du moment sont la Grèce ou s’il est juste de sortir du chiffre de l’inflation les denrées alimentaires et le pétrole. Nous en sommes là. Les marchés sont étendus sur une chaise longue, les taux hibernent et l’or semble enfermé dans un tombeau. Du côté des monnaies, on pourrait presque penser que les acteurs ont décidé de s’en aller en vacances d’été alors qu’on est encore en plein hiver.

Credit Suisse a publié ses chiffres, des chiffres immondes au niveau du résultat. Résultat? Le titre prend 3% de hausse. En fait, tout va bien puisque ses dirigeants s’apprêtent à bousiller des milliers d’emplois (mmmhhhhh comme la bourse adore ce genre d’annonce cynique, c’est un grand classique) et indiquent que les résultats hors éléments extraordinaires sont bons. Les extraordinaires? Ce sont les amendes. Et ce n’est pas fini même si chaque année on nous dit « que le principal est derrière ». Mais le pire dans tout cela, c’est qu’il y a des acheteurs qui gobent ces salades et qui trouvent tout cela juste normal. En fait, c’est comme le père de famille qui trompe sa femme sans arrêt et qui lui dit: « Mais chérie l’important c’est la relation que j’ai avec toi, avec les enfants, que nous formions une famille et que nous ayons de quoi manger! Le reste on s’en fiche. »

Le monde est entré dans une nouvelle normalité. On accepte peu à peu l’inacceptable. On se réjouit du malheur des uns et on se fiche de son prochain. L’actionnaire qui spécule sur le titre présente un sourire carnassier. En revanche pour le pauvre employé téléguidé qui a perdu toute motivation depuis très longtemps, qui a certainement été transbahuté une dizaine de fois de région, qui a donné son âme à son employeur, demandez-lui donc ce qu’il en pense lorsqu’on lui dira qu’il doit se trouver quelque chose d’autre. Pas sûr que l’actionnaire et l’employé sacrifié aient envie de partager un repas de Saint-Valentin ensemble. Lire la suite →

On parle plus de crash ou bien?

L’effet d’un mec intelligent, qui s’exprime de manière posée et qui réfléchit avant d’agir, se mesure sur le long terme. Plus le temps passe, plus on se rend compte de qu’il a entrepris et de la trace laissée. Celle-ci reste ensuite pour longtemps dans les mémoires. Avec M. Trump, c’est exactement du contraire dont il faut s’attendre. Ce monsieur ne sera qu’une courte parenthèse dans l’Histoire de l’Amérique. Restera de lui l’image d’un mec qui gueule, qui gueule, et qui gueule. C’est à peu près tout. L’ennui, c’est que les mecs qui ne savent pas s’exprimer différemment autrement qu’en invectivant et en ruant dans les brancards, ils sont obligés de toujours hurler plus fort pour se faire entendre. Et au final, leurs interventions prennent autant de place qu’une sauterelle dans un parc animalier. Trump, il a déjà tout craché et les premières emmerdes sont déjà là. Espérons qu’il continue son cavalier seul et à brusquer les lois. Ça l’occupera à devoir sans cesse se défendre et ça le fera tourner en bourrique. Reste que cette théorie, et j’en prends conscience, ne fonctionne pas dans tous les cas. Prenez le cas Hollande par exemple. C’est certainement un mec intelligent, qui s’exprime tellement spontanément avec un mot tous les arrêts de bus tellement il réfléchit… bon j’arrête. Lui il ne fait jamais rien. C’est pour cela que personne ne se souviendra de lui dès la fin des vacances d’été.

Pour revenir à Trump, la bourse a d’abord bien réagi à son élection, par un mini rallye que personne n’avait vu venir. Ensuite la bourse a eu les chocottes, suite à ses déclarations tonitruantes sur le truc à l’oiseau bleu. Mis à part un cataclysme, c’est-à-dire une guerre (ce mec est capable de faire péter l’Iran s’il pique la mouche ou d’envoyer des Tomahawk sur Poutine juste pour voir comment il prend la chose…), j’anticipe beaucoup plus de calme sur les marchés. Cela n’a rien à voir avec ce qui s’appellerait en termes choisis de l’économie. Cela s’appelle du comportementalisme. Ceux qui beuglent, ou qui racontent des blagues trop longues, ils captivent les 15 premières secondes. Ensuite on les laisse s’égosiller dans leur coin avec leur whisky jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’ils sont tout seul et que personne n’en a rien à faire. Lire la suite →

1’000’000’000’000.00!! ça fait beaucoup d’sous pas vrai?

Les sources se contredisent mais il revient ces jours avec insistance que le premier homme de la planète possède désormais une fortune s’élevant à 1 billion de dollars. Chaque seconde qui passe, de jour comme de nuit, Bill Gates gagne USD 250.00, soit USD 15’000.00 par minute, ou USD 900’000.00 par heure. Et si vous souhaitez comprendre pourquoi, il n’y a qu’à suivre l’évolution du cours de Microsoft. On parle beaucoup d’Apple depuis l’avènement des smartphone, et de leurs réserves de cash qui s’élèvent actuellement à 246 milliards de dollars. En revanche, Microsoft ils foutent quoi? De temps à autre un update d’Office et sans autre une ou l’autre bricole qui rapporte beaucoup d’argent. Donc avec 1 billion de dollars, vous vous achetez 8’333’000 Q7 en version sport. Ca fait juste 22’830 voitures par jour, et ce 365 jours par an. Et dire que Bill Gates occupe l’entier de son temps à s’occuper de… ses activités de charité et à donner de l’argent! Alors pardonnez-moi je n’ai pas fait le calcul en paquets de fondants de 200 grammes. Ma calculette n’a plus assez de zéros de toute façon.

Les marchés sont calmes et rien ne se passe. On avance tranquillement avec quelques surprises. Les saisons de résultats a débuté et rien de bien particulier à se mettre sous la dent. Globalement tout va bien. La FED ne bouge pas (encore) ses taux et c’est Draghi qui doit être content, au contraire de Weidmann et Lautenschlaeger qui réclament depuis longtemps que Mario se décide enfin à sortir de son mode d’accompagnement. L’or ne fiche rien et le pétrole non plus. Sans faire de bruit, Tesla remonte la pente. De 180 dollars début décembre, on est passé à 250 en 60 jours. Ça fait quand même 39% de hausse pour celui qui aura pris le train en marche. Tesla est presque au plus haut et pourtant leurs voitures sont toujours trop chères et ils ne gagnent pas un cent. Lire la suite →

En mode « pause » because of Mr. Trump

Dans plusieurs billets précédents, je décrivais que le Président de la Great America ne chercherait pas seulement à tester les limites, mais surtout à les dépasser. Car la seule question que se pose un rebelle c’est: jusqu’où suis-je acceptable? Il n’aura fallu que deux semaines au chevelu blond de la capitale du Monde pour accomplir sa mission en refusant l’entrée de citoyens provenant de quelques pays. Trump a décidé de gouverner comme il l’a toujours fait dans ses affaires. C’est-à-dire seul. Et comme le « décret » existe aux Etats-Unis, il n’a pas la moindre envie de partager son pouvoir avec les membres du Congrès. En fait, tant la Chambre des représentants que le Congrès n’ont plus aucun pouvoir sur lui, sauf s’ils devaient décider de le destituer. Car dans les faits, ces braves gens vivront les… 8 prochaines années en apprenant comme les autres ce que Trump aura décrété le jour d’avant. En clair, ces messieurs habitués à s’amuser à paralyser un pays et se rejetant la faute l’un l’autre, passeront les 8 prochaines années à ressembler à un troupeau d’agneaux bêlants, suivant stupidement le Guide.

Les marchés ne sont pas malades, mais ébranlés par ce cavalier fou, complètement imprévisible. Il serait temps de s’en accommoder. Trump regarde peut-être les matchs de foot en Angleterre et quand il voit le génial Xhaka tacler les deux pieds en avant au milieu du terrain pour se faire expulser (sans doute avait-il envie de boire un thé tranquillement plutôt que de courir après la balle), j’imagine qu’il s’inspire de ce footballeur génial mais complètement stupide et imprévisible qu’est Xhaka, capable de saboter toute son équipe juste parce qu’une mouche fougueuse lui est rentrée dans l’oreille. En l’état, les marchés sont en berne et digèrent les réactions du monde entier. De tels agissements auront immanquablement des conséquences et ce même aux Etats-Unis. Les diplomates apprécieront leurs efforts de dialogue de longue haleine bousillés en 3 minutes par un Tweet assassin de leur Père spirituel. Les marchés n’aiment pas cela et pourtant ils auraient tort d’avoir peur. L’économie reste l’économie et que Trump foute le bordel tous azimuts n’y change rien. Les entreprises continuent de cracher de solides résultats, les rendements continuent leur lent mouvement de reprise et comme les vendeurs ne sont pas en train de paniquer, j’ai bon espoir que les acheteurs comprennent que les marchés doivent monter. Lire la suite →

C’est la merde qui se fout du pot ou bien???

« La situation semble en train de s’améliorer en zone euro (…) le chômage est au plus bas depuis sept ans. Une large reprise est à l’oeuvre, à travers les pays et les secteurs. Dans le même temps, l’inflation en zone euro a significativement progressé »

Cette citation provient de Mme Lautenschläger, membre du directoire de la BCE. Dans un communiqué endiablé, elle indique que l’Europe va trop bien, tellement bien qu’il faut désormais tout faire pour freiner ce cheval de course. J’ai failli m’étouffer dans mon café en lisant cela. Je traduis ses propos? En fait, elle nous dit: « La FED va encore monter ses taux et nous ne pouvons plus rester en marge. Nous devons faire comme elle… ». Le baratin exprimé n’est rien d’autre que du vent, un tissu de mensonges.

La réaction des marchés? A la hausse, de manière généralisée. Ce soir et j’espère qu’on y arrive enfin, les DOW va crever les 20’000 points, en direction des 30’000. Les résultats des entreprises sont bons, donc on va normaliser les actions des banques centrales. Les actions ne peuvent que monter. En effet, car malgré le Brexit, malgré Trump, malgré les Martiens tout verts qui devraient débarquer, malgré la Chine qui ne veut rien lâcher, malgré Poutine et Erdogan, rien ne baisse! On n’arrive juste pas à baisser. Donc les taux vont remonter. Et les bourses devraient poursuivre leur marche en avant. Lire la suite →

 
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