« Don’t fight Donald »

Une fois n’est pas coutume j’élargis un tout petit peu la portée de ce billet. Cela fait quelques jours que je regarde quelques titres que je ne suis pas habitué à suivre, ceux qui se cachent un peu, ceux dont on ne parle pas. C’est donc enhardi par la volonté de creuser que je me suis attelé à évaluer la performance des Midcaps. Sans vouloir faire long, sans vouloir vous bassiner avec une sélection nominative exponentielle de titres passés sous la loupe sur plusieurs continents, ce que je puis écrire se résume à un seul mot: exubérance totale! Certains titres de sociétés qui ne font pas forcément la une des journaux et dont personne ne parle ont simplement doublé depuis l’été passé, avec une envolée des cours marquée ces 3 derniers mois. Tiens tiens… depuis l’avènement de Mr. Trump.

Et puisque l’on reparle de Donald, qui s’est prononcé pour la première fois lors de son discours de l’Union, il n’y a qu’une seule chose à constater. Je l’écris depuis des mois: j’attends le feu d’artifice, cette période complètement folle où les marchés s’emballent, ou tout le monde saute sur tout et n’importe quoi, à n’importe quel prix. Alors on y est! Cette fameuse période, qui symbolise le début de la fin d’un cycle haussier, nous la vivons en ce moment même. Tous les espoirs sont permis. Pourquoi je dis cela? Rappelez-vous de Draghi, dans un tout autre registre il y a quelques années quand il disait que la BCE ferait « whatever it takes » pour assurer la stabilité du système en Europe. Concrètement, mis à part imprimer des tonnes de pèze pour acheter n’importe quelle obligation sur les marchés et baisser les taux, il n’avait rien dit de précis. L’intention y était. Et ça a suffi pour que l’on cesse de parier sur un défaut de la zone Euro. Avec Trump c’est exactement pareil. Il n’a rien dit de son fameux programme de réduction d’impôts, ni sur le lancement précis et concret des Grands Travaux qu’il compte mettre en place. Il a juste répété qu’il allait le faire. Et ce sont ses paroles qui sont traduites en bourse par: « ça ne peut plus que monter le mec il va faire péter la tirelire! » Lire la suite →

Tout le monde veut des patates!

Temps gris, voire maussade, la Super League est toujours aussi passionnante et les play-off en hockey qui débutent. Rien de plus chiant que tout cela. Pour s’amuser un peu et égayer nos journées, il n’y a que Mr President pour nous divertir. Las pour nous hier il n’a rien dit puisque c’était congé chez les cowboys. Je crains d’ailleurs fort qu’il s’essouffle déjà. Plus il vocifèrera à l’avenir, moins on l’entendra. Pour prendre le relais et fort heureusement nous aurons bientôt la France. Ce pays continue de souffrir de toutes parts. Les touristes ne viennent plus à Paris suite aux attentats. Les bistrotiers en seront quitte pour vendre leur café trop cher et si le couvre-feu perdure, Paris ne fera plus rêver personne. Ensuite restent les élections qui vont nous occuper ces prochains mois. C’est très bien que Fillon persiste à vouloir continuer de « lutter ». Ce monsieur n’a pas encore appris ni compris qu’on n’obtient jamais rien dans la vie en luttant. C’est contre-productif sur toute la ligne. Mme Le Pen se voit à présent sous le feu des critiques. Il semblerait, peut-être, qu’elle ait un peu profité à son tour à Bruxelles. Le Canard Enchaîné a l’habitude de sortir ses salves en temps voulu. Il bousillera Mme Le Pen à l’heure qui lui conviendra, comme il aura flingué Fillon en quelques semaines.

Quant aux marchés ils restent très élevés. Rien ne change à ce niveau-là. On continue de grappiller point par point au fil des semaines. BHP a publié ses chiffres et tiens donc ils sont bons. Il semble que les métaux précieux ont repris du poil de la bête. Un classique des cycliques. Autre classique, peu achètent le titre. Les banquiers recommanderont le titre (et le secteur minier en général) lorsque tout se sera encore élevé de 30%. Car pour conseiller un client, il faut être « sûr » de la tendance. L’argent ne se gagne malheureusement pas à ce moment-là. Il se gagne lorsque la tendance s’inverse et lorsque le secteur se relève. Mais je le reconnais, investir à ce moment-là demande du courage, un peu comme quand quelqu’un vous dit de sauter quelque part dans l’eau depuis une falaise pleine de guano et que vous n’avez aucune idée si l’eau est assez profonde. En général, on préfère aller se rassurer AVANT de sauter que de se fracasser le crâne. Et c’est pendant que vous prenez le temps d’aller vérifier et de remonter sur votre perchoir que le titre prend déjà 30%. Lire la suite →

La croissance en Europe? Elle se trouve là…

  • Le marché automobile européen démarre l’année en fanfare

16.02.2017 | 08:30:00

Paris (awp/afp) – Après une très bonne année 2016, le marché automobile européen a démarré 2017 sur les chapeaux de roues, bondissant de 10,2% le mois dernier, en partie grâce à deux jours ouvrés supplémentaires par rapport à janvier 2016.

Qui dit marché automobile en croissance dit… augmentation du crédit! Personne n’a bientôt plus le pognon pour se payer une bagnole cash. Donc c’est le crédit qui augmente. Les gens ont confiance, souhaitent sortir de leur torpeur après des années de marasme à faire attention à tout. Ils veulent vivre à nouveau en prenant des risques! Donc ils empruntent. Greed is good. On sait où tout ce bordel nous mènera. Mais en attendant, et grâce à l’argent qu’on n’a pas, on consomme.

Les cannibales sont de retour

Ce début d’année est un feu d’artifice et je m’en réjouis. Les indices américains volent de record en record et je me gave de tous ceux qui ont osé écrire que le rallye de décembre provoqué par l’élection de Trump était un feu de paille. On se replonge… il y a longtemps en arrière? C’est-à-dire 3 semaines au plus (je sais plus personne ne s’en rappelle)… D’aucuns se demandaient déjà si on n’allait pas retomber dans nos travers, à savoir des séances boursières parfaitement ennuyeuses. Il n’en est rien. Les entreprises publient de très bons chiffres et Wall Street aligne les records les uns après les autres. Il y a peu on passait les 20’000 points sur le Dow et on a hurlé de joie. On a tapé les 20’500. L’effet Trump continue de se faire sentir car ce mec a décidé de tout balayer sur son passage. En coulisses, de joyeux drilles préparent en « cachette », même si tout le monde sait cela, tout ce qui est possible pour un jour voir ce type se faire débarquer. Ses liens avec la Russie pourraient lui être fatals. Peut-être. Ou pas. Mais d’ici là, M. Trump aura tout le temps nécessaire pour encore mettre en place tout un tas de ptits trucs qui vont dans le sens des marchés.

Trump a hérité d’une situation inédite. Une bourse gonflée aux amphétamines qu’il s’agirait soit de démanteler, sans risquer de faire dérailler le pays dans une crise, ou alors… d’alimenter encore la cuve pour ne pas voir la baudruche exploser en plein vol. En souhaitant faire voler en éclat toute régulation financière, Trump a choisi son camp. Il n’a aucune envie d’être le président où tout partira en sucette. Il est là pour faire prospérer le pays et pour l’élever davantage, pas pour le faire atterrir et le faire plonger dans le marasme. Donc il alimente et continuera de le faire, telle une déferlante comme le Bayern hier soir qui a écrasé Arsenal. Vous me permettrez la petite pique à notre ami Xhaka car je me délecte lorsque je le vois à nouveau tacler… au milieu du terrain… et bien entendu en retard comme un vétéran (sauf que moi je ne fais plus cela au risque de me démonter toute la jambe). Bref, les marchés sont en feu et ça se sent. Yellen a encore parlé et oui les taux vont gentiment remonter, elle la redit et redit et redit encore. Mais pas tout de suite, mais cette année quand même. Là où je veux en venir c’est que la bourse sait exactement où elle va. Trump veut détricoter toute entrave qui risquerait de péjorer la hausse des marchés et parallèlement, Yellen dit ce qu’elle va faire. Ce que détesterait la bourse si elle jouait au foot, c’est d’avoir devant soi un Arjen Robben. Avec lui, on ne sait jamais ce qu’il va faire. Anticiper face à ce joueur est comme vouloir jouer à pile ou face et il en a fait encore la démonstration hier soir. Si vous anticipez qu’il va encore écarter sur l’aile pour décaler un coéquipier qui arrive à toutes jambes, il va piquer au centre et la mettre en pleine lucarne. Et si vous anticipez qu’il va piquer sur le centre, il va la donner sur l’aile et ça fait boum aussi. Seulement voilà, avec les données connues et j’en reviens à la bourse, ces dernières n’ont que rarement été aussi claires. Les intentions sont dites. Le principal a été annoncé. Ça devrait rassurer les investisseurs, comme un arbitre qui siffle un match où Xhaka joue. Il sait qu’il va pouvoir lui flanquer soit un jaune ou un rouge et inscrire son petit nom sur son calepin avant même d’entrer sur la pelouse. Lire la suite →

En mode ronron pour toujours

Il est des périodes qui sont pénibles à vivre, où il ne se passe rien, où les sujets « chauds » du moment sont la Grèce ou s’il est juste de sortir du chiffre de l’inflation les denrées alimentaires et le pétrole. Nous en sommes là. Les marchés sont étendus sur une chaise longue, les taux hibernent et l’or semble enfermé dans un tombeau. Du côté des monnaies, on pourrait presque penser que les acteurs ont décidé de s’en aller en vacances d’été alors qu’on est encore en plein hiver.

Credit Suisse a publié ses chiffres, des chiffres immondes au niveau du résultat. Résultat? Le titre prend 3% de hausse. En fait, tout va bien puisque ses dirigeants s’apprêtent à bousiller des milliers d’emplois (mmmhhhhh comme la bourse adore ce genre d’annonce cynique, c’est un grand classique) et indiquent que les résultats hors éléments extraordinaires sont bons. Les extraordinaires? Ce sont les amendes. Et ce n’est pas fini même si chaque année on nous dit « que le principal est derrière ». Mais le pire dans tout cela, c’est qu’il y a des acheteurs qui gobent ces salades et qui trouvent tout cela juste normal. En fait, c’est comme le père de famille qui trompe sa femme sans arrêt et qui lui dit: « Mais chérie l’important c’est la relation que j’ai avec toi, avec les enfants, que nous formions une famille et que nous ayons de quoi manger! Le reste on s’en fiche. »

Le monde est entré dans une nouvelle normalité. On accepte peu à peu l’inacceptable. On se réjouit du malheur des uns et on se fiche de son prochain. L’actionnaire qui spécule sur le titre présente un sourire carnassier. En revanche pour le pauvre employé téléguidé qui a perdu toute motivation depuis très longtemps, qui a certainement été transbahuté une dizaine de fois de région, qui a donné son âme à son employeur, demandez-lui donc ce qu’il en pense lorsqu’on lui dira qu’il doit se trouver quelque chose d’autre. Pas sûr que l’actionnaire et l’employé sacrifié aient envie de partager un repas de Saint-Valentin ensemble. Lire la suite →

 
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