Les banques centrales sont ko debout

Dehors, ça souffle très fort. Les vents violents qui s’abattent sur la Suisse depuis 24 heures nous rappellent que nous ne sommes rien par rapport aux éléments. Ils sont plus forts que nous. Alors nous pouvons nous protéger c’est juste, mais il faut bien admettre que notre pouvoir reste très limité lorsque les furies se déchaînent. Les éléments? Ils se déchaînent aussi en bourse ces derniers jours. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette spirale négative, pas même les banques centrales. En 2013 je l’écrivais déjà. J’avais fait mon pari que la FED ne parviendrait plus jamais à remonter ses taux. Je disais cela pour deux raisons: 1) la croissance américaine est et reste du vent, car financée essentiellement par la dette. 2) l’absence totale d’inflation en regard des efforts de la FED à inonder les marchés de liquidités.

En fin d’année 2015 j’ai pensé avoir eu tort, suite au premier relèvement des taux opéré par Maman. Et aujourd’hui je ne sais plus. Mais je ne suis pas loin de penser que d’autres hausses de taux sont impossibles. En m’y retournant, Yellen a peut-être commis la même erreur que Trichet il y a quelques années. Trichet, ancien chef de la BCE, avait alors monté les taux car l’inflation dépassait le cadre du mandat donné à la BCE. Grave erreur que nous connaissons car l’Europe s’enlisait déjà dans une crise financière sans précédent. Lire la suite →

Bonne fête Morningbull!

Morningbull: vous connaissez ce mec-là? Si vous ne le connaissez pas, allez voir son blog: www.investir.ch. C’est l’histoire d’un mec tout simple qui a décidé de vivre son rêve et qui enchante la toile depuis 10 ans. Un mec qui a la plume facile et qui vulgarise absolument tout sur la finance. Un regard aiguisé, un franc-parler rare dans la profession, voilà qui est Thomas Veillet. Alors si vous le croisez lorsqu’il peste dans le bouchons genevois, saluez-le cordialement et encouragez-le à poursuivre son rêve. Il vous retournera volontiers un peu de bonne humeur contagieuse. Merci Thomas. Et surtout, continue comme ça!

De mon côté je n’ai pas sa notoriété, mais je m’amuse également depuis longtemps. Mes billets ne valent pas ceux de Thomas car je ne commente pas forcément l’actualité. Ma passion, ce sont les questions de fond, comprendre le pourquoi des choses. Et dans le grand théâtre de la finance, c’est assez facile en fait. Car plus que les chiffres ou les analyses, je m’attarde beaucoup sur les comportements humains qui dirigent les marchés. Là est ma passion. Comprendre pourquoi les choses partent soudainement en sucette, et qu’on dise ensuite: « c’est pas vrai. Mais comment est-ce possible que ça se soit passé ainsi? »

La vérité actuelle? C’est que le SMI se retrouve dans les niveaux de 2013. En clair, si vous aviez acheté le SMI début 2013, vous n’auriez fait aucun profit à ce jour. Ça c’est la leçon que j’en retire. La leçon? C’est qu’on ne sait absolument pas où l’on va. Les marchés se cherchent et ils n’ont aucune idée de ce qui va se passer. Un jour ça monte, et l’autre ça descend. On tourne en rond. On attend le bon moment soit pour sortir, soit pour entrer dans les marchés. En fait, on est un peu comme une lionne tapie dans les hautes herbes qui observe un troupeau de gnous. On cherche la bête faible, ou le petit égaré. Mais on ne se lance jamais. On observe. On a peur de gâcher ses forces, comme la lionne qui hésite sans arrêt et qui semble ne jamais voir le moment opportun de sortir de sa cachette de peur de se viander. Lire la suite →

N’en jetez plus, les banques explosent

Il ne fait pas bon être banquier ces temps. Nos deux grandes banques suisses tirent la langue et ne savent plus comment s’en sortir. Elles ne cessent de devoir provisionner… simplement pour exister. Les employés? En burn-out… Enfin, pour ceux qui ne sont pas licenciés. Le bref sursaut boursier s’est déjà achevé. Perso, j’ai pris les profits hier. Et à présent, j’attends patiemment la prochaine lugée pour à nouveau profiter d’un rebond éphémère. 2016 s’apparente à cela. C’est les montagnes russes et il faut être très réactif, en osant acheter quand tout se casse la figure en tentant de trouver le fond du panier. Le fond du panier? On le trouve en principe sur la recette de grand-mère suivante: les marchés baissent tout d’abord durant plusieurs jours. Aucun rebond. Et tout à coup, les commentaires alarmistes sont émis de manière insistante par tout un tas « d’experts » qui vous prédisent la fin du monde. Et là les marchés sombrent tout à coup sévèrement. C’est à ce moment qu’il faut acheter. Car les « experts » sont toujours les personnes qui s’expriment une fois que l’orage est passé. Alors d’abord on les écoute, les cours plongent, et finalement on se rend compte qu’on respire toujours, que le jour se lève chaque jour, qu’il y a toujours des légumes en vente à la Coop et qu’on ne va pas tous mourir frigorifiés dans un tas de neige.

Là on est reparti pour un tour. Trump fait la une de l’actualité. Clinton se démène pour faire croire au monde qu’elle est THE personne à même pour diriger les States. C’est très bien. Aux États-Unis c’est comme ça, plus on s’approche de l’âge du home, plus on a de chances d’être élu. Quelqu’un doit sincèrement regretter cela: c’est Greenspan. Car si Trump ou Clinton étaient élus, il n’y aura personne d’intéressant pour lui rendre visite dans sa maison de retraite. Lire la suite →

Ça ne va pas mieux, mais on monte!

Le bilan de ces 5 derniers jours est le suivant: ça monte! Le SMI a pris 100 points. Et par les temps qui courent, c’est une très bonne chose. Celles et ceux qui auront su faire leurs emplettes de manière sélective depuis vendredi dernier s’en seront mis plein les poches. Comme quoi, dans le domaine du vice, rien n’est trop beau surtout lorsqu’on peut gagner du pognon.

Du côté du pétrole ça bouge aussi. Et comme je suis parfaitement contrariant, je vous dirais d’en acheter. D’ailleurs il monte ces jours. Vladimir semble être à bout de nerfs et souhaite s’inscrire à l’antenne arable de la Main tendue pour tenter de faire remonter le cours du brut. Du côté des cycliques le mouvement se poursuit. Le « big three » suisse, composé de Novartis, Roche et Nestlé, se désagrège peu à peu, surtout au niveau des pharmas. Il n’y a plus rien à attendre de ce côté-là pour les prochaines années.

La transition vers ce nouveau monde prend du temps. Nous abordons à nouveau une période répits légèrement haussière, jusqu’à la prochaine catastrophe. Et tout peut aller très vite. Les élections américaines qui se profilent nous donnent le ton. J’aimerais beaucoup que M. Trump soit élu. Ce serait une très bonne chose. Nous serions à coup sûr dotés du plus puissant détonateur que la planète pourrait espérer. Avec Trump aux commandes, la moindre contrariété se transformerait immanquablement en guerre nucléaire. Le monde dans lequel nous vivons est bizarre. Tout peut basculer en quelques minutes, dans un sens ou dans l’autre. Et la manière la plus efficace de nous protéger face à ces événements inattendus et brusques, c’est de rester aux aguets, et de maintenir en nous une valeur qui est disponible chez tout un chacun: la capacité d’adaptation.

Bouchez vous le nez et sautez!

Vous le savez depuis le temps. Je suis un épouvantable optimiste. Et en même temps, je sais que ce monde financier va se prendre les pieds dans le tapis tôt ou tard et que le plateau plein de verres remplis à ras bord va faire beaucoup de dégâts lorsqu’il tapera le sol.

Fin 2015, j’ai osé émettre l’opinion que nous vivrions une belle année 2016 mais AVEC des soubresauts importants. C’est exactement ce qui se passe actuellement. D’abord il y a eu mercredi « des fuites » de quelqu’un de la FED, mais on ne sait pas qui vraiment et comment c’est arrivé sur le net, qui semblerait éventuellement avoir dit que notre Mère à tous ne pensait pas forcément monter les taux 4 fois cette année. Et comme par magie, cette petite annonce très furtive provenant d’une source douteuse précédait le discours de notre Padre à tous qui a parlé hier. Et il a dit exactement ce qu’il fallait dire: « N’ayez crainte je suis là et je ne suis pas totalement con. Je vois bien que ça merde à peu près partout et que je vais devoir me remettre à pédaler un peu plus sur mon vélo d’appartement pour encore activer le printing ». Voilà qui est dit.

Alors en termes « père Huguenin », après la baisse continue des marchés depuis le début de l’année et une belle correction, c’est un signal clair d’achat. Donc si vous êtes intrépide et courageux, que votre pacemaker est bien réglé, ben je vous encourage à mettre le paquet. Alors ces marchés peuvent très bien ne monter que quelques jours, brutalement, ou alors monter de façon calme durant quelque temps, jusqu’à la prochaine pétée qui viendra effacer les propos des banques centrales. Mais je pense que ça va monter. Et brusque et très fort.

Donc vous faites votre prière, vous embrassez très fort votre mère et vous sautez dans les marchés. It’s time!