On se la refait dans l’autre sens?

On commence par un petit rappel? Notre Président à tous déclarait une guerre commerciale au monde entier il y a quelques semaines. Il y a peu, la Syrie était bombardée. Les bourses? A la cave forcément, surtout qu’on craignait encore l’envolée des taux d’intérêts. Le pétrole prenait le chemin inverse et l’or redevenait une valeur refuge. Et là depuis une semaine tout redevient « normal ». Le Dow affiche à nouveau le niveau de nouvel an. Le SMI affiche en revanche encore une performance négative. Forcément, nous les Suisses, on a toujours l’envie d’être bien certains que tout est redevenu normal avant de prendre des risques. Mais pour faire bref, les bourses alignent séances de hausse sur séances de hausse et les dividendes pleuvent.

Les résultats du T1 qui arrosent les écrans ces jours sont excellents. Simplement excellents. Il s’agit de goûter ce plaisir. Même Netflix cartonne malgré un endettement faramineux et ça m’en dit beaucoup sur l’état d’emmerdement d’un grand nombre d’entre nous. La guerre commerciale qui s’annonce? C’est comme le Brexit. Ça prend un temps fou. Et si la bourse en attente de cette fameuse guerre affiche le même entrain que la pound, on n’a pas fini de s’en mettre plein les poches. Celui qui a passé sa fin d’hiver tranquillement installé dans son fauteuil sans rien foutre, sans paniquer non plus, en ressort non seulement gagnant, mais en plus avec un système nerveux reposé. Celui qui en revanche a paniqué, et qui a bien entendu vendu au plus bas, va gentiment recommencer à acheter le marché au plus haut. Je rappelle que cette technique ne fonctionne pas, sauf si vous avez envie de devenir pauvre.

Je vous parlerais bien de Zalando mais non, je me concentre sur Zur Rose. C’est le Zalando des médicaments. Nous vivons une période incroyable, pleine de bouleversements. Netflix mise tout sur l’emmerdement des gens qui ne savent pas quoi faire de leur temps libre et qui passent leurs journées devant leur TV. Zur Rose mise quant à elle sur notre santé décadente en arrosant ses clients de médocs sans qu’ils ne doivent sortir de chez eux. Et ça marche! Croissance fulgurante du chiffre d’affaires. Comme quoi, rester les yeux scotchés devant un écran sans bouger fait gagner tout un tas de pognon à plein de monde. Et moins on bouge, et plus on va mal, et plus on doit se distraire, et plus la santé va mal. J’admire ce cynisme réaliste qui exploite toutes les facettes possibles pour se faire plein de fric.

Quant à Zuckerbrot, on n’en entend déjà plus parler. Rien ne changera sur Facebook même si les déclarations apaisantes se succéderont au gré des mois. Facebook continuera de vendre nos données à n’importe qui et le tout connecté reste l’objectif majeur de ce genre de boîte, comme encore Apple. Plus on en sait sur nous, plus on passe de temps sur notre portable en regardant des photos débiles « d’amis », plus nous serons tentés d’acheter tout et n’importe quoi. J’adore tout cela. Prendre le pognon où il se trouve et rendre les gens complètement dépendants de ce cheni. J’adore encore l’idée que mon futur frigo parlera à ma machine à café et qu’ensemble ils décideront selon mon humeur et mon état mental au réveil s’il faut plutôt allumer un projecteur de terrain de foot pour me réveiller ou si c’est mieux d’enclencher la radio pour me passer « jingle bells ». Cette « évolution » est géniale. Tellement géniale que même Mr Jobs en personne ordonnait que tout objet électronique soit éteint dès l’heure du souper… ça donne tout de suite le ton. Avec toutes ces « aides », nous devenons simplement bêtes. Nous n’apprenons plus à réfléchir. Nous bêlons et nous suivons.

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