Archives pour juin, 2017

Ça sent le cramé sur les marchés…

L’euro continue son appréciation face au dollar. Draghi a parlé et ce que tout le monde savait déjà se formalise gentiment. La BCE va entamer un tour de vis au niveau des taux tout prochainement. L’Europe « croît » et tout va bien, sauf le chômage bien entendu. Demandez aux Espagnols comment ils bouclent leurs fins de mois, sans parler des Français qui ne parviennent toujours pas à maîtriser leurs dépenses. C’est dingue, l’audit demandé par Macron dit à peu près ceci: ces 5 dernières années, le pays n’a rien foutu pour résorber son déficit. Hollande nous aurait donc menti? Je me tords de rire mais en même temps, à quoi s’attendait donc Macron quand on voit tout le dynamisme du bonhomme?

Le chômage en Europe est endémique. 8 ans de bull-market n’auront en rien suffi. C’est affligeant. La plus longue période haussière boursière touche gentiment à sa fin et rien n’a ou presque n’a été entrepris. 8 ans plus tard, le Italiens en sont encore à devoir sauver des banques zombie dont les armoires regorgent de corps puants qui empestent la chambre-forte. Les jeunes Espagnols sont toujours contraint de partager la chambre à coucher de leurs parents et les Français ne comprennent toujours pas pourquoi l’Etat devrait penser à cesser de subventionner le prix des baguettes. L’Europe? C’est encore un chômage endémique, avec une immense frange de la population qui se retrouve complètement hors jeu. Ces gens sont désoeuvrés, peu qualifiés et dans notre monde robotisé, ils n’ont simplement aucune chance de vivre un jour autrement que grâce aux subsides étatiques. Lire la suite →

Un peu de froid réalisme?

On parle beaucoup de Nestlé ces jours. Une entreprise florissante qui me rappelle un discours presque trentenaire d’un ancien chef que j’ai eu. Il disait aux clients: « Vous pouvez acheter Nestlé à n’importe quel prix, n’importe quand. Sur le long terme, c’est entre 4 et 5% de rendement garanti ». Je n’ai jamais oublié ses dires qui se vérifient encore aujourd’hui.

Nestlé vient d’annoncer un plan de rachat d’actions de 20 milliards de francs. Ça fait beaucoup d’argent. Les journaux parlent des actionnaires qui verront leurs titres prendre de la valeur. Moins de titres en circulation, puisque Nestlé en détruira, égal plus de valeur ajoutée pour les titres encore en circulation.

Jusque là tout est simple. Ce que les journaux ne disent pas, c’est qu’en fait ce genre d’opération ne devrait jamais avoir lieu. Car dans les faits, cela veut dire que Nestlé gagne tellement d’argent qu’il ne sait plus quoi en faire. Cela veut dire encore que les prix facturés sur les biens que Nestlé vend sont surfaits, que les marges sont trop grandes puisqu’ils ne parviennent plus à réinvestir l’argent gagné. Et qui achète les produits Nestlé? Ce sont bien entendu les 1% des plus riches au monde, mais aussi le 99% des autres, comme vous et moi, c’est-à-dire à cette échelle-là les pauvres. Et comme les riches ne peuvent pas consommer, donc je dis boire ou manger, plus que vous et moi, cela veut dire que c’est essentiellement les pauvres qui favorisent l’excès de cash de Nestlé. Et à qui profite l’excès de cash? Aux riches. Car ce sont les riches qui sont actionnaires de cette société. Lire la suite →

Le pétrole: jugé coupable!

L’épisode « Moutier » est désormais digéré, comme le Brexit d’ailleurs. Ça prendra des plombes et beaucoup de nuits blanches pour dénouer ces sacs de nœuds. C’est toujours facile d’écouter son cœur et de faire pencher une décision. Ensuite il faut assumer. Le Brexit a déjà une année de vie et la procédure de « divorce à l’amiable » ne s’engage que maintenant. Donc un an tout juste pour prendre rendez-vous avec l’autre, et on ne parle toujours pas d’argent. A Moutier ce ne sera pas pareil car ce sera forcément bien plus simple, paraît-il. Et on n’a pas fini de rigoler lorsque je lis les communiqués de presse de la BCJ et de sa consœur bernoise. La banque jurassienne dit: « on viendra en 2021 car on nous demande de venir ». Les Bernois disent: « si les clients de notre banque le souhaitent, nous resterons sur place ». Alors là je pouffe de rire. Et depuis quand dans les banques ce sont les clients qui décident?

Dans les faits ces deux divorces sont du pain béni pour nous. Avec la sortie du nouvel Astérix cet automne, ça nous donnera l’occasion de bien passer l’hiver. Quel est le con qui a dit un jour que quand on veut on peut? Alors dans l’absolu c’est possible à deux conditions: que le prix soit payable et que la demande soit raisonnable. Un exemple? Me demander de jongler avec une balle de foot plus de 10 fois m’est impossible. Ou alors c’est tout par hasard que j’y arrive parce que j’aurai été particulièrement inspiré. Bref passons. Laissons les politiciens s’occuper de ces dossiers chauds comme ils savent si bien le faire, c’est-à-dire en se disant tout un tas de gentilles choses lorsqu’ils sont assis l’un en face de l’autre et pour ensuite dire exactement le contraire dans les journaux. Et toujours en termes d’actualité régionale, les Neuchâtelois s’apprêtent à devoir un voter un crédit pour la construction du bâtiment destiné à la justice. Est-ce possible? Si vous relisez les deux conditions écrites un peu plus haut, il faudrait donc que le prix soit payable pour que cela se réalise. Donc là comment dire… je doute… Lire la suite →

Quand le cœur parle sans consulter la tête = bourbier assuré

Jamais je ne me serais imaginé qu’un jour j’établirais un parallèle entre l’appartenance de Moutier au canton du Jura et la bourse. Ce sont deux sujets que tout oppose et pourtant, les similitudes sont aussi larges que la Russie l’est d’est en ouest, sauf le froid. Je suis heureux que tous les investisseurs qui décident encore aujourd’hui d’acheter le marché soient si nombreux. Je salue leur courage. Leur raisonnement est basé uniquement sur l’espérance d’un rendement autre qu’un misérable pourcentage sur leur compte épargne. Donc c’est le cœur qui parle, car on préfère faire l’autruche en se martelant que tout ira forcément bien en faisant d’ailleurs une prière chaque matin au réveil en espérant que le pari fonctionnera. Car il ne s’agit que de cela: la roulette russe (toujours sans le froid)! Les marchés peuvent encore monter c’est certain, si les allumés du cœur se réunissent et se joignent pour supplanter en nombre les vendeurs.

Si en revanche la tête avait été invitée à la fête… mais quoi la tête ce ne peut être sérieux. Il n’est pas possible d’inviter la tête à pareil gueuleton car si on se mettait à l’écouter, on ne ferait juste plus rien et elle nous saperait nos espérances. A des niveaux pareils de marché, hormis quelques titres qui restent sous-évalués, il faut juste être zinzin pour y entrer, surtout lorsqu’on constate que la hausse des taux est enclenchée aux States, et différée en Europe.

La petite ville de Moutier a décidé quant à elle de rejoindre le canton du Jura et c’est une excellente chose. L’appel du cœur lancé à tous les votants a été entendu et comme beaucoup, je salue le fait qu’en Suisse nous ayons le droit de choisir notre destinée selon une démocratie que beaucoup nous envient. Le canton du Jura peut être fier d’avoir réussi à faire vibrer leurs concitoyens de cette manière et rarement événement politique n’aura rassemblé autant de passion. D’ici à très peu de temps, comme en bourse d’ailleurs, il conviendra cependant de ne pas oublier de réactiver quelques neurones laissés endormis depuis longtemps. Tout bientôt, c’est la tête qui va prendre le dessus sur les émotions. Pour Moutier, ce sont les gouvernements cantonaux qui vont devoir mettre en place le futur de la cité. On va enfin parler concret, c’est-à-dire d’argent. Et au fil des mois, je me réjouis beaucoup de suivre ce feuilleton qui durera quelques années. On a promis, même ce qui était impossible à promettre. Et maintenant il va falloir atterrir et payer l’addition. Et comme toujours dans ces cas-là, ce sont les contribuables et les travailleurs qui en « bénéficieront ». On verra ce qu’il restera des appels du cœur d’ici à quelque temps, comme en bourse d’ailleurs. Lire la suite →

Une fissure… deux fissures… trois f….

Il semble un fait scientifique que la chaleur fasse fondre la glace. Une relation de cause à effet semble se dessiner sur la bourse. La bourse depuis une semaine, c’est comme la banquise. Il y a tout un pan qui risque de se détacher, pour ensuite aller dériver quelque part pour fondre. Un peu comme une glace qu’un enfant tient trop longtemps dans sa main en plein soleil. Vendredi il y a eu le flash crash de la techno. Le Nasdaq a plongé. Et ensuite il y a des petits signes qui ne trompent pas, un peu comme lorsque vous êtes étendus dans Central Park un raisin entre les dents. Il y a tout un tas de « petits Suisses » qui vous guettent et qui n’attendent qu’une chose: que vous laissiez échapper de votre bouche un petit bout de raisin.

Les technos sur Wall Street? Archi-super-over-évaluées! Tout le monde sait cela, même si elles peuvent encore monter au ciel. Avec la spéculation qu’il y a dessus, tout est devenu irrationnel (tiens ça me replonge 17 ans en arrière). Ensuite, pour aider la banquise à fondre un peu plus vite, vous avez Yellen qui a monté ses taux hier soir, et qui a presque déjà sûrement promis qu’elle continuerait à les monter cet automne. Ensuite encore, et pour encore un peu mieux aider la banquise à se fissurer, c’est comme si on avait gentiment commencé à déposer un a un des milliers d’éléphants pour accentuer la cassure. L’effet des éléphants? C’est la lente réduction du bilan de la Fed. Et ça, ça fout les boules à tout le monde car personne ne sait quand, si, ni à quel rythme cela interviendra. Peut-être même que le mouvement a déjà débuté et personne ne le sait. On parle de 4 trillions de dollars. Ça fait un sacré paquet de fric à avaler. Lire la suite →