Archives pour décembre, 2016

Ça fait vroum cette fin d’année…

Les allemandes sont à la fête. Je parle des voitures bien entendu… Il est toujours intéressant de constater que la bourse n’est pas qu’une question de spéculation sur des titres dont la valeur n’a rien à voir avec leur niveau et dont les cours sont dopés par les spéculateurs. Il existe en effet des entreprises, qui produisent des biens tangibles, qui créent et qui vendent un produit palpable. Daimler ravira la place du numéro un mondial du luxe tout prochainement, grâce à une gamme de modèles développés depuis 10 ans qui correspond à la prise de pouvoir du patron actuel Dieter Zetsche. Ce monsieur a su rajeunir la marque et surtout la faire sortir de son créneau préhistorique « 60 ans et plus » pour la rendre beaucoup plus mordante. Il a su également profiter des problèmes du géant Audi, englué dans le scandale qui a touché le groupe VW. Daimler reste un achat, bien que son potentiel de hausse soit limité en comparaison avec le mastodonte VW (env. 20% de hausse potentielle pour Daimler afin qu’il retrouve les sommets). Ces deux titres cotent à leur niveau de 2007 et peuvent entrevoir un avenir radieux. A la différence près que VW possède un potentiel de rattrapage de… 100% en partant du cours actuel.

VW, comme Porsche d’ailleurs, vient de prendre au passage 12% de hausse depuis l’élection de M. Trump. Et je ne vois aucune raison que ces entreprises florissantes s’arrêtent en si bon chemin. Ce sont des machines à cash, avec une marge confortable sur leurs véhicules, qui leur permettent de passer outre les crises en ayant la capacité de faire bouger leurs prix en fonction des cycles économiques sans que cela ne se répercute forcément sur leurs résultats. Donc pour tout actionnaire qui se respecte, investir… je parle bien d’investir… dans des entreprises qui développent un produit, qui vendent et qui gagnent de l’argent reste un moyen idéal de placer son cash. La seule condition requise, c’est d’être capable de faire preuve de patience, ce qui de nos jours reste une valeur qui n’existe plus. On veut du profit et tout de suite! Parlez autour de vous d’un investissement à 10 et 15 ans et on vous prendra pour un allumé de première! Limite si on ne vous demandera pas si vous êtes retraité… Lire la suite →

Mobilité, retour à l’esclavagisme, progrès, etc

Entre rêves et catastrophes, joies et projets, je ne peux m’empêcher de me replonger 30 ans en arrière. A cette époque, début de la grande lessive au niveau des centralisations, fusions d’entreprises et j’en passe, je me rappelle très bien que lorsque je cherchais du travail dans la banque, on me posait immanquablement la même question: « Etes-vous flexible et mobile? » A l’époque, on me disait: « L’ère de travailler dans son village, dans sa ville, est révolue. A présent, il faut être prêt à se déplacer, à devoir effectuer des kilomètres. C’est ça l’avenir: la mobilité! » Lors des concentrations bancaires vécues, j’ai pu expérimenter nombre de déplacements, de mesures dites de « rationalisation ». Nous avons été traités comme des bestiaux, et celles et ceux qui refusaient de suivre le mouvement novateur ont soit été priés de s’en aller, soit mis à la retraite. On n’en voulait plus de gens comme ça! Des gens qui ne voulaient pas évoluer, disait-on.

30 ans plus tard on en est où? Où se situe le fameux progrès? Le résultat de cette évolution, c’est que tout le monde en a marre. Les autoroutes sont saturées et les trains bondés. En fait, tout le monde se croise. C’est trop cool pas vrai de se faire signe par la vitre d’un train? Car qui dit déplacements dit frais supplémentaires, heures de voyage perdues, moins de temps pour la qualité de vie, moins de temps en famille. Et si j’en lis encore les oracles, qui sont restés dans ce schéma de pensée, le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter. Et pourtant, tant de gens se disent épuisés par tout ce gâchis et nombre d’entre nous est désormais prêt à revoir ses ambitions au travail. Alors pour celles et ceux qui pensent encore que c’est avec un travail qu’on se réalise forcément dans la vie, je leur dis FAUX. Rien n’est plus faux et tout recruteur qui vous balance cette idiotie lors d’un entretien devrait pouvoir mériter le droit d’être fessé à l’heure de l’apéro. Un bon travail est important, mais si ce dernier se passe en rognant sur la qualité de vie, en réduisant un maximum son temps de récupération, en bouffant l’équilibre de vie, c’est en pure perte de réfléchir ainsi. Lire la suite →

Le foot a mal à la tête…

La période est intéressante car les choses changent. Il y a quelques années, Chelsea avait défrayé la chronique lorsque M. Abramovich avait fait ses emplettes sur le marché en n’hésitant pas à faire venir des joueurs au club en simplement doublant leur salaire. Aucun club ne résistait à cela et beaucoup ont pensé que l’ex oligarque débarqué à Londres avec sa fortune allait bousiller le marché. En fait, avec le recul, on se rend compte juste d’une chose. M. Abramovich n’a fait que lancer la grande dérégulation là-aussi. Et au fil des ans, les autres clubs s’y sont mis, recherchant tour à tour des investisseurs capables de soutenir la marche en avant de Chelsea et en renégociant des contrats de sponsoring qui atteignent désormais le ciel.

Aujourd’hui, ce sont les Asiatiques et les sultans du Golfe qui ont pris le contrôle de la plupart des clubs européens, et l’époque d’Abramovich et consorts est révolue. Jusqu’à quand ces braves gens seront-ils d’accord de sortir si loin de leur base en dépensant des sommes astronomiques alors que le véritable marché se trouve… chez eux! Telle est la question. Des offres pour des joueurs de classe mondiale arrivent de clubs chinois, et les salaires versés en Europe apparaissent comme dérisoires. Les meilleurs joueurs du monde accepteront-ils encore longtemps de jouer en Europe? Rien n’est moins sûr, même si aller jouer en Chine revêt encore quelque chose d’assez exotique. Lire la suite →

Watch out: rendements en hausse!

La BCE ne bouge pas ses taux. La FED les monte. C’est le résumé et le parallèle qu’on peut tirer de la journée d’hier. Il est intéressant de constater que le resserrement de la politique américaine influe sur les rendements obligataires dans leur ensemble. A l’unisson, les rendements se tendent à nouveau ce matin, poursuivant ainsi le mouvement amorcé grâce à… Mr Cameron et le Brexit. Et les rendements se tendent aussi en Europe. Les Suisses sont connus pour être en général les derniers à suivre le mouvement, un peu dans tout, sauf pour creuser des tunnels. On aime bien prendre notre temps, et en général, nous vivons peu de crises majeures ou d’euphories exubérantes. L’avenir de rendement se veut radieux pour les investisseurs… qui ne possèdent aucune obligation en portefeuille! Il y aura en effet beaucoup de bonnes affaires à réaliser ces prochaines années au vu de la kyrielle d’emprunts à taux 0 qui ont été émis ces dernières années. Vous les paierez avec toute belle décote, n’encaisserez aucun intérêt durant toute la durée, donc aucun impôt à payer. Et à l’échéance, le capital vous sera reversé plein pot. Et toujours aucun revenu à déclarer. Donc merci merci merci à tous les grands argentiers du monde de nous avoir offert durant si longtemps des taux pareils. Vous aurez ainsi contribué à priver vos Etats membres de substantielles rentrées fiscales pendant au moins les 10 prochaines années.

La Suisse se situe juste en-dessous de zéro au niveau du rendement des obligations de la Confédération à 10 ans. Juste en-dessous. Nous entrons dans une nouvelle ère à présent et ce changement tant attendu va bouleverser la planète entière ces prochaines années. Tous ceux qui ont recherché les safe heaven durant toutes ces années ont choisi de se faire plumer en recevant des rendements dérisoires, ou pire, en payant des rendements pour être rassurés de revoir leur pèze à la fin! Et à présent, les pertes seront « encaissées » une deuxième fois car ceux qui déteignent des titres obligataires ne pourront plus les vendre, sous peine de devoir se résoudre à passer un bouillon en capital. Lire la suite →

Et la corde se tend… ça risque de faire mal!

Ma fille de 9 ans est une danseuse et tout comme son papa, elle fait le grand écart sans échauffement et surtout sans aucune douleur. La comparaison peut paraître idiote, mais le grand écart s’est produit hier aussi, certes d’un tout autre type, mais il y en a eu et un GRAND! Je veux parler des taux. Yellen monte ses taux, et prévoit de les monter encore en 2017 à 3 reprises. Et qu’a dit Draghi il y a quelques jours? Les taux en Europe resteront bas, peut-être pour toujours. Dans ce match de foot particulier, l’arbitre de la rencontre aura fort à faire. Car les deux équipes ne jouent pas vraiment le même match. Une cherche à prévenir une inflation qui revient (eh oui c’est le grand retour de l’inflation!) et à cadrer gentiment une machine qui s’est mise en marche, et l’autre cherche à ne pas perdre en mettant 10 défenseurs sur le terrain avec un gardien qui compte 4 bras. Ce sera difficile. Car en Europe, la croissance n’existe pas, l’inflation non plus, les banques peinent (même si les cours explosent à la hausse merci M. Renzi d’avoir démissionné) et… le chômage ne se résorbe pas.

Donc moi je dis ça comme ça, mais l’avenir risque encore de se tendre un peu, comme un élastique qui se tend au-dessus de l’Atlantique. L’Europe ne peut pas monter ses taux et Draghi l’a bien compris, et les USA sont gentiment en train de le faire. La crise des subprime aura duré 10 ans, pour faire place à une reprise hyper lente mais qui est en train de se matérialiser. Sauf que l’Europe risque bien de devoir attendre encore 10 ans de plus avant de revoir la couleur du ciel. Le grand écart va encore accentuer les inégalités, faire croître les déséquilibres, dérégler encore plus. Quelque chose me dit qu’on n’a encore rien vu. J’ai assez écrit que les bourses restaient en lévitation et ne bougeaient pas. L’impulsion pour aller plus haut est venue de l’élection américaine. Et quelque chose me dit qu’on risque bien d’entrer prochainement dans la fameuse euphorie qui caractérise la fin d’un cycle haussier. Mais on n’y est pas encore, bien que le DOW devrait crocher les 20’000 sous peu pour ensuite s’en aller titiller les 30’000. Il n’y a rien qui puisse freiner cette machine, sauf si Trump se fout les Chinois à dos en leur déclarant une guerre commerciale sans limite. En même temps, Trump est un rebelle dans l’âme. Et un rebelle, c’est avant tout en lançant des pives en pleine figure qu’il s’exprime, juste pour voir comment l’autre réagit. Trump va chercher durant son mandat non pas à tester les limites, mais à les dépasser. Sa seule question est: « jusqu’à quel point suis-je acceptable pour les autres? » On risque de pas mal rigoler avec lui. Lire la suite →