Quel avenir pour le crédit ?

| Billet invité | Qui gagnera ? Sarkozy ? Hollande ? Alors que tant de monde se passionne pour un sujet qui ne revêt pas la moindre importance, je vous propose une petite réflexion qui devrait inviter tout un chacun à une prise de conscience.

Les politiques se focalisent depuis des années essentiellement sur l’octroi de crédits. Crédits aux banques par la BCE, crédits aux États par les banques européennes, crédits aux entreprises et aux particuliers par tout institut financier. Mais à quoi sert un crédit ? Toujours d’après les politiques, le crédit est LE vecteur de croissance, le levier qui permet à tout un chacun de décoller, de consommer, de financer, d’améliorer son quotidien. Le crédit permet aux entreprises d’embaucher, de prévoir, de financer des outils de production qu’elles ne pourraient simplement pas se payer en temps normal.

La notion de crédit ainsi utilisée équivaut à la solidarité. Sacrée solidarité… Nous sommes à présent tous liés les uns aux autres. En acceptant de fonctionner à crédit, nous acceptons de devenir dépendants de l’autre. Si mon prestataire s’enrhume, je me mets à tousser. S’il n’arrive plus à obtenir ses lignes de crédit, il ne me commande plus, donc je m’effondre à mon tour. En tant que privé, si je perds mon emploi, je n’arrive plus à renouveler l’emprunt qui me permettait de financer ma voiture. Donc je n’achète plus, donc je ne consomme plus. Donc je survis… Lire la suite →

Le plan de bataille des marchés financiers

En ce week end de premier tour de l’élection présidentielle française, je vous propose un entretien très instructif avec Nicolas Doisy, économiste en chef de Cheuvreux (Corporate Investment Bank du Crédit agricole), qui nous explique à peu près sans sourciller comment les marchés financiers abordent la probable élection de François Hollande. Édifiant…

Une coproduction la-bas-si-j’y-suis, Fakir et Les Mutins de Pangée

Pourquoi le marché immobilier suisse éclatera

| Billet invité | Les Suisses ont la mémoire courte, quand ça les arrange ! Il y a environ 25 ans naissait en Suisse une bulle immobilière qui a coûté énormément d’argent. Des banques ont fait faillite, d’autres ont été sauvées in extremis par l’État. Quant aux propriétaires de l’époque, bon nombre d’entre eux se sont retrouvés dessaisis de leur bien. Certains ont fait faillite. D’autres ont dû se serrer la ceinture parfois sur une période de plus de 10 ans afin d’honorer leurs annuités.

Les responsabilités de l’époque étaient bien entendu partagées. Les banques n’hésitaient à réévaluer les biens immobiliers. Elles profitaient de l’occasion pour inviter les propriétaires à s’endetter encore plus pour financer l’achat d’autres biens. Les clients, heureux qu’on leur offre ainsi de l’argent sans avoir rien demandé, n’hésitaient ainsi pas à mener grand train de vie. Et puis un jour tout s’est arrêté. Les taux hypothécaires ont augmenté, le marché immobilier s’est retourné, les banques ont révisé à la baisse la valeur des maisons, puis ont révisé et adapté les conditions d’octroi des hypothèques.

Aujourd’hui, je suis surpris de lire les similitudes à cette période agitée de l’Histoire helvétique. Les prix ne cessent d’augmenter. Dans certaines régions de Suisse, autour des lacs et en Valais en particulier, les prix se sont éloignés dangereusement de toute décence. Et que font certains banquiers ? Ils démarchent activement les propriétaires actuels en leur proposant des hypothèques supplémentaires à des taux historiquement bas. Que font les propriétaires ? Ils acceptent avec joie la manne offerte et utilisent l’argent quasi gratuit mis à disposition pour, entre autres, financer l’achat de nouveaux biens immobiliers. Lire la suite →

Avis à la population !

Coluche: avis à la population

À quand un QE3 ?

| Billet invité | La bourse s’est parée de son plus bel habit. Le ceinturon est soigneusement bouclé et les gros souliers l’aideront à ne pas trop décoller dans les virages. Car les montagnes russes, c’est pour maintenant !

Dans un de mes précédents billets, j’avais annoncé les besoins de refinancement des banques et États européens à couvrir d’ici au 30 juin prochain. La perfusion, alimentée par deux opérations distinctes de la BCE, se trouve à présent vide. Question : comment boucler le trou béant qui s’étend jusqu’au 30 juin ? Cela fait déjà une semaine que les taux d’intérêts sont repartis à la hausse, tant pour l’Espagne que l’Italie. Et il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Plus d’argent à disposition, aucun investisseur assez casse-cou disposé à acheter des titres de dette sur des États en quasi faillite, donc les taux montent.

Du côté des USA, on se tâte. L’économie va « trop bien », bien que le taux de chômage soit encore beaucoup trop élevé, pour que la FED ne lance un QE3. Et il y a les élections en fin d’année. Faut-il encore actionner ce levier cette année encore ? Les USA recherchent à tout prix l’inflation (même Paul Krugman l’écrit noir sur blanc dans sa dernière chronique du Herald Tribune), celle censée leur permettre d’alléger leur dette. Mais le feront-ils ? Peut-être y seront-ils contraints si la BCE passe à l’action. Ou plutôt, cela leur donnerait un nouveau prétexte pour l’actionner. Lire la suite →