M. Tsipras ça vous dit encore quelque chose?

 Etre inquiet ne sert juste à rien c’est bien connu. Souvent nous nous créons des inquiétudes qui in fine ne se produisent jamais. Et pourtant on rumine, on angoisse, on se dit que la catastrophe peut survenir en tout temps. L’Europe a vécu une période inquiétante, menacée de dislocation. Renzi a dû s’en aller après avoir fait un pari stupide. On a eu peur pour la Hollande, l’Autriche, la France en raison des montées de l’Extrême droite. Au final? Un pet dans l’eau. Peut-être l’Europe a-t-elle appris, sait-on jamais, en se rappelant Mussolini et Hitler entre autres. Reste le cas de la Grèce qui est très différent. Dans les trois pays précités, ce sont les idéologies qui menaçaient l’union sacrée. Dans le cas de la Grèce, c’est l’argent. La Grèce en est à son 1’812ème plan d’aide. La dernière tranche vient de tomber sous la forme de 5 milliards d’euros. En échange? Une baisse des rentes et une hausse d’impôts. Et soi-disant, je dis bien soi-disant, la Grèce est censée pouvoir à nouveau emprunter sur les marchés d’ici à quelques semaines.

La montée d’A. Tsipras était porteuse d’espoirs, comme Podemos en Espagne. C’est l’échec total. Tsipras n’a rien fait de mieux que ses prédécesseurs qu’il avait vertement critiqués, à juste titre d’ailleurs. Mais contre la machine européenne, prêteuse de cash, et malgré toutes les promesses faites, il n’y plus qu’à constater que même avec la meilleure volonté du monde on ne fait juste rien lorsqu’on se trouve à la merci d’autres. La Grèce est en faillite depuis des années. Elle emprunte juste pour renouveler ses crédits. Tsipras, qui défendait les pauvres, n’a rien pu faire. Le courage y était, la volonté aussi. Mais sa seule erreur aura été de croire à un rêve. Sans argent, on ne fait juste rien! Et surtout si on doit un paquet aux autres…

Je m’étonne encore aujourd’hui que ce pays fasse encore partie de l’Europe. Je m’étonne que les Grecs ne choisissent simplement pas de dire stop. C’est comme quand un joueur vient de rater trois penaltys de suite… Et ben le Grec, il ne change pas de tireur et continue de perdre des matchs. Peut-être le séisme de l’été. On pourrait dire qu’on s’en fout complètement, car ce feuilleton dure depuis très longtemps et est passé au registre des faits divers, comme un peu la chronique de Myret Zaki dans Bilan. Mais peut-être bien qu’on sous-estime complètement l’impact d’une sortie de l’Europe, ou alors si la Grèce vient à emprunter sur les marchés mais qu’elle doit payer 15% pour se refinancer, là ça va très vite faire bobo, avec un effet domino que personne n’imagine. Et les ramifications qui sait ce qu’elles sont? Deutsche Bank possède combien d’emprunts dans ses coffres? Est-elle engagée sur des paris à effets de leviers? Ça sent tout pourri… c’est l’instinct qui me dit ça. Et peut-être bien que cet été ci, la Grèce pourrait bien redevenir un sujet qui amènera beaucoup de volatilité sur les marchés et notamment sur les titres financiers.

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