L’Europe choisit l’enlisement

| Billet invité | Premier constat : Les USA se portent mieux que l’Europe, ou plutôt moins mal. L’augmentation de la masse monétaire porte ses fruits. Elle apporte dévaluation compétitive et empêche le pays de sombrer à nouveau en récession. Contrairement aux Européens, les Américains ont décidé de ne quasiment rien décider, ceci en termes de réduction d’endettement. En bref, ils ont colmaté temporairement les brèches de la coque du bateau, en attendant des jours meilleurs pour le ramener à quai et entamer un toilettage complet.

Deuxième constat : L’Europe tente de colmater les brèches de la coque, mais n’y arrive pas. La BCE ouvre grand le robinet des liquidités en faveur des banques, tout en espérant qu’elles continueront d’abreuver les assoiffés de crédits. Ce qui est inquiétant et contrairement aux Etats Unis, c’est que les dirigeants européens ont décidé de ramener immédiatement le bateau à quai pour lui faire subir sa cure de jouvence. Or, ramener une épave par gros temps n’est aisé pour personne…

Troisième constat : nos deux grands malades sont soignés. Mais aucun des deux traitements ne guérira leurs cancers s’ils continuent ainsi. Dans les deux cas, les mesures de relance de l’économie sont insuffisantes pour les USA, et inexistantes pour l’Europe. D’autre part, la volonté politique de réduire l’endettement est quasi inexistante aux Etats-Unis. En Europe en revanche, ces mesures entrent en vigueur au plus mauvais moment. Inutile d’alourdir encore un peu plus un bateau qui n’arrive déjà pas à flotter pour cause de surpoids… Lire la suite →

« L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique »

En fin d’année dernière, la Fonderie Kugler de Genève a organisé, en partenariat avec le bi-mensuel La Cité, une conférence très intéressante sur le thème « L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique ».  La 1ère partie de la conférence est proposée par Myret Zaki (rédactrice en chef adjointe de BILAN) qui traite du thème «L’État, otage du secteur financier». La seconde donne la parole à Etienne Chouard, professeur d’Économie-Gestion à Marseille et chercheur indépendant, qui aborde les « Enjeux pour le peuple du contrôle public de l’État et de la banque ».

Bien que la vidéo soit un peu longue et la voix de Myret Zaki insupportable, cette conférence est très instructive et met en lumière le rôle joué par la spéculation financière, les produits dérivés, les agences de notation, le marché spéculatif de la dette et autres outils financiers, dans le crash de l’économie mondiale ainsi que ses impacts sur la vie des peuples et la démocratie…

Qui donne des leçons ?

| Billet invité | De qui se moque-t-on ? L’Occident adore préconiser son mode de fonctionnement au reste du monde. En sera-t-il ainsi encore en 2012 ? Il parle de démocratie, vante les mérites de l’économie de marché. Mais qu’en est-il ? La plupart de nos États sont en faillite et nos banques ressemblent à des corbillards montés sur des chars à trois roues. Nos banques centrales manipulent les taux, inondent les marchés de liquidités et continuent à se prendre pour le grand Sauveur. Mais qui sommes-nous pour donner la leçon au reste du monde ?

La réalité, c’est que l’Occident est à bout. Les banques ne savent plus ce qu’elles doivent et à qui. Les CDS sont émis en masse par ces mêmes instituts. Lesquels seront honorés et en faveur de qui ? Personne ne peut le dire. Les banques avancent un sac sur la tête. Elles sont incapables d’établir des prévisions au-delà du jour même. Elles ne savent plus.
Quant aux États, ils espèrent que ces mêmes banques reprendront dans leurs coffres les nouvelles émissions de dette, grâce au robinet sans fin de la BCE notamment. Eux non plus ne savent où ils vont. Leurs finances sont inscrites en rouge vif et le refinancement de leurs dettes devient chaque jour plus angoissant. Lire la suite →

Jorion : « Un grand vent d’espoir se lève sur le monde »

C’est un Paul Jorion particulièrement en forme qui nous livre sa chronique vidéo hebdomadaire « Le Temps qu’il fait » de ce vendredi. Il nous donne un peu d’espoir pour 2012 et revient sur le discours d’investiture de Franklin Delano Roosevelt du 4 mars 1933 qui nous dit notamment:

Essentiellement, tout cela vient du fait que les responsables des échanges des biens de l’humanité ont échoué, de par leur propre entêtement et leur propre incompétence, ont admis leur échec et ont abdiqué. Les pratiques des usuriers sans scrupules se trouvent dénoncées devant le tribunal de l’opinion publique, rejetées aussi bien par les coeurs que par les âmes des hommes.
A la vérité, ils ont essayé. Mais leurs efforts portaient l’empreinte d’une tradition périmée. Confrontés à l’effondrement du crédit, ils n’ont proposé que le prêt de plus d’argent. Dépouillés de l’appât du profit par lequel ils induisaient notre peuple à suivre leur fausse direction, ils en vinrent aux exhortations, plaidant la larme à l’œil pour le retour de la confiance. Ils ne connaissent que les règles d’une génération d’égoïstes. Ils n’ont aucune vision, et sans vision le peuple meurt.

Objectif de rendement : 0% ??

| Billet invité | Le banquier est peut-être à plaindre pour une fois. Tant décrié depuis 2008, haï, persécuté même, le voilà en passe de devenir non plus le martyre de la société, mais le bouffon de tout un système.

Après s’en être mis plein les poches, après avoir parié sur la chute de son propre système, après s’être moqué de ses propres clients, le voilà qui montre son vrai visage. Terminée l’arrogance et la lâcheté. Bienvenue à l’impuissance, à la modestie et même à la frigidité.

Oui je suis en passe d’accorder au banquier d’aujourd’hui beaucoup d’empathie. Le banquier d’hier faisait confiance à la stratégie de son employeur et de ses penseurs. Les produits étaient complètement standardisés, les modèles épurés. Le conseiller en placements était une marionnette parfaitement obéissante et conciliante, appliquant sans broncher, sans réfléchir aussi, les modèles de placements. Lire la suite →

 
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