A la poursuite de l’irréel…

| Billet invité | Je n’ai pas l’habitude de réagir à chaud sur les événements. J’estime ce qui suivra suffisamment grave et significatif pour y apporter quelques commentaires.

Hier, les bourses ont chuté. Rien d’anormal sur un marché redevenu venteux. Que l’Espagne commence à peiner pour emprunter n’est pas une surprise non plus. M. Draghi, qui il y a quelques semaines indiquait réfléchir à un abandon progressif des mesures extraordinaires, fait marche arrière. Rien ne va comme il l’espérait. Il se rend simplement compte que les 1’000 milliards d’Euros déversés par la BCE n’ont servi à rien d’autre que de masquer la crue réalité durant quelques mois. La perfusion ne contient dorénavant plus rien. Les pays sont à nouveau livrés à eux-mêmes sur les marchés de la dette. Cela indique simplement que les taux de leurs emprunts vont à nouveau augmenter significativement ces prochains mois. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on est surendetté ?

Mais ce qui m’effraie particulièrement est la prise de conscience que nos marchés ne réagissent plus normalement. Ils sont malades, dirigés et animés par des courtiers malades qui ont perdu toute notion de bon sens. New York s’est également repliée hier. Non pas en raison du repli des marchés européens, mais en raison des minutes de la FED. Les commentaires sont pourtant réjouissants. L’économie américaine se porte bien. Les signes de croissance sont encourageants. En pareille situation, nous ne pouvons que nous réjouir de l’évolution de son économie. Les courtiers jugent au contraire que la situation n’est pas bonne pour la bourse. Ces derniers attendaient au contraire une économie en berne et espéraient que la FED souhaiterait une nouvelle fois intervenir et faire tourner la planche à billets, donc inonder à nouveau le marché de liquidités abondantes et gratuites. Lire la suite →

La bourse et la vie…

| Billet invité | Tiens, le chômage augmente encore dans la zone Euro, au plus haut niveau depuis 15 ans. Aucun doute possible, on s’en approche, du bord du précipice. Je le répète inlassablement depuis 2008, l’Occident va se casser la figure. D’abord l’Europe, ensuite les Etats-Unis. Dois-je rappeler que le scénario européen mis en place depuis 2008, par ailleurs complètement lacunaire, est basé sur une composante trop souvent passée sous silence : la croissance ! L’Europe a besoin de croissance pour espérer s’en sortir. Pas de sortie de crise sans croissance…

De cela il n’y a rien. Au contraire, qui dit chômage en augmentation dit peuple que se sert la ceinture et donc qui ne dépense pas. Qui dit chômage dit aussi investissements en berne du côté des entreprises. Sans croissance, quel entrepreneur prendra le risque d’investir alors qu’il devra peut-être prochainement licencier ? La crise européenne, gérée de cette manière, ne peut conduire qu’à l’apocalypse. Et l’an prochain, ce sera au tour des Etats-Unis de se serrer la ceinture. Pour eux, cela risque même d’être encore un peu plus compliqué car ils se verront confrontés en plus à une valeur dont ils ignorent plus ou moins tout : l’humilité ! Se familiariser avec elle n’ira pas forcément de soit. Lire la suite →

Le franc suisse est-il vraiment surévalué ?

| Billet invité | La BNS est intervenue en 2011 afin d’enrayer la baisse irrémédiable de l’EURO. Soutient-elle toujours le cours plancher de 1.20 ? Peut-être, peut-être pas. Reste néanmoins la question pleinement ouverte de savoir à combien s’élèverait le cours de l’EURO sans intervention de la BNS ?

Je lis parfois différents rapports d’experts qui nous disent que l’EURO se situe à ce niveau en raison d’événements exceptionnels qui secouent l’Europe. En clair, ils nous disent que le cours de l’EURO devrait se situer au-delà de 1.30, voire 1.40.

Je ne partage pas du tout ce point de vue et continue de croire que si la BNS laissait flotter le cours, nous assisterions à un effondrement de ce dernier et ce de manière durable. J’irais même encore plus loin. Je pense en effet que la situation financière est plus dramatique maintenant qu’elle ne l’était durant l’été 2011. Les déficits des Etats européens continuent de s’aggraver, la récession guette à présent plusieurs nations et les mesures d’austérité prises par certains pays ne déploient pas encore leurs effets. Lorsque la BCE clame haut et fort que le pire de la crise se trouve derrière, elle ignore simplement tous ces faits. Le pire se trouve devant nous ! Lire la suite →

Retour en récession pour l’Europe…

| Billet invité | Eurostat le confirmera tout prochainement de manière très officielle : l’Europe renoue avec la récession. Ceci n’est pas une surprise, car le retour en légère récession était programmé de longue date. Ce qui en revanche est bien plus grave, c’est que cette confirmation nous indique que les plans de sauvetage mis en place échoueront immanquablement.

Quelques petits chiffres illustrent mes propos. Depuis des mois, ce ne sont pas moins de 1’000 milliards d’Euros qui ont été déversés par la BCE dans le système afin d’apporter une zone de répit bienvenue. Les banques en ont profité pour refinancer leurs propres États avec des prêts à court terme. Comme je l’indiquais dans mon billet précédent, les politiques ont été habiles à vanter les mesures prises par la BCE, avec comme preuve des taux à court terme en nette baisse.

Mais qu’en est-il des taux à long terme ? Par exemple, les taux espagnols à 10 ans se sont à nouveau tendus ces dernières semaines et atteignent dorénavant 5,5%, en route vers la dangereuse barre des 6%. Qui parle de cela ? Personne. La vérité est que la spirale infernale est repartie. L’effet de l’action « d’arrosage » de la BCE a pris fin. Au moins nous aura-t-elle permis de passer une très belle fin d’année et un début 2012 radieux. Mais que pouvait-on attendre d’autre qu’un effet suspensif à très court terme ? Lire la suite →

Le serpent qui se mort la queue…

| Billet invité | Le serpent qui se mort la queue nous vient-il d’Islande ? Est-il né dans ces contrées sauvages en défiant dame nature ? J’interromps immédiatement ce questionnement intérieur hasardeux car j’ai suffisamment été effrayé par les histoires des banques islandaises ces dernières années. Les banquiers islandais avaient tout compris : ils ont réussi durant des années à multiplier les bonnes affaires et à afficher des taux de croissance insolents.

Ils n’avaient pourtant rien inventé. Ils empruntaient de l’argent à court terme pour le replacer à long terme. Mais lorsque les marchés se sont retournés et que les liquidités sont devenues rares, les banques se sont retrouvées soudainement à ne plus pouvoir renouveler leurs emprunts à court terme. Les banques ont ensuite fait appel à l’État qui a dit : « Niet. On ne vous aidera pas. » Et les banques ont fait faillite.

En Europe rien de tout cela. Les pays européens fanfaronnent actuellement car le taux de refinancement de leurs emprunts à court terme (tiens donc) s’affiche en baisse. A chaque fois, les communiqués officiels font état du « succès » des opérations de refinancement, la demande excédant à chaque fois l’offre. Comment est-ce possible ? Comment est-il possible que des investisseurs soient assez fous pour acheter des titres de dette émis sur des pays quasiment en faillite ? Lire la suite →

 
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