Jorion : « Un grand vent d’espoir se lève sur le monde »

C’est un Paul Jorion particulièrement en forme qui nous livre sa chronique vidéo hebdomadaire « Le Temps qu’il fait » de ce vendredi. Il nous donne un peu d’espoir pour 2012 et revient sur le discours d’investiture de Franklin Delano Roosevelt du 4 mars 1933 qui nous dit notamment:

Essentiellement, tout cela vient du fait que les responsables des échanges des biens de l’humanité ont échoué, de par leur propre entêtement et leur propre incompétence, ont admis leur échec et ont abdiqué. Les pratiques des usuriers sans scrupules se trouvent dénoncées devant le tribunal de l’opinion publique, rejetées aussi bien par les coeurs que par les âmes des hommes.
A la vérité, ils ont essayé. Mais leurs efforts portaient l’empreinte d’une tradition périmée. Confrontés à l’effondrement du crédit, ils n’ont proposé que le prêt de plus d’argent. Dépouillés de l’appât du profit par lequel ils induisaient notre peuple à suivre leur fausse direction, ils en vinrent aux exhortations, plaidant la larme à l’œil pour le retour de la confiance. Ils ne connaissent que les règles d’une génération d’égoïstes. Ils n’ont aucune vision, et sans vision le peuple meurt.

Objectif de rendement : 0% ??

| Billet invité | Le banquier est peut-être à plaindre pour une fois. Tant décrié depuis 2008, haï, persécuté même, le voilà en passe de devenir non plus le martyre de la société, mais le bouffon de tout un système.

Après s’en être mis plein les poches, après avoir parié sur la chute de son propre système, après s’être moqué de ses propres clients, le voilà qui montre son vrai visage. Terminée l’arrogance et la lâcheté. Bienvenue à l’impuissance, à la modestie et même à la frigidité.

Oui je suis en passe d’accorder au banquier d’aujourd’hui beaucoup d’empathie. Le banquier d’hier faisait confiance à la stratégie de son employeur et de ses penseurs. Les produits étaient complètement standardisés, les modèles épurés. Le conseiller en placements était une marionnette parfaitement obéissante et conciliante, appliquant sans broncher, sans réfléchir aussi, les modèles de placements. Lire la suite →

« Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé »

Dans une tribune libre parue dans le Monde du 2 janvier, Michel Rocard et l’économiste Pierre Larrouturou posent une question toute simple: « Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? ». Les deux compères constatent constate que les banques centrales sont prêtes à venir au secours d’un système financier à la dérive en accordant aux établissements privés des centaines de milliards d’euros à des taux d’intérêt dérisoires. Selon Bloomberg, la Banque centrale américaine aurait même offert (pour 0,01 % d’intérêt) la somme astronomique de 1 200 milliards d’euros de financement aux établissements américains…

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d’austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n’acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d’intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont « obligés » de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

Comme le disait Roosevelt : « Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé ». Et il avait raison! Lire la suite →

Les nouveaux chiens de garde


Les Nouveaux Chiens de garde
, film de Yannick Kergoat, Gilles Balbastre

A voir prochainement sur vos écrans, ce film traite des relations étroites et libidineuses entre la presse, le pouvoir politique et l’économie. Critique radicale et intransigeante de la médiacratie, «Les Nouveaux Chiens de garde» transpose les travaux de Paul Nizan et Serge Halimi dans la période actuelle. On y voit même apparaître un certain Frédéric Lordon…

Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations prémâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur. Lire la suite →

Sortir du cadre !

De sommets de la dernière chance en «G vains» rocambolesques, les gouvernements politiques nous prouvent qu’ils sont incapables de concevoir l’impasse dans laquelle ils nous ont embarqué. Le spectacle de la gestion de la crise pourrait s’avérer hautement comique s’il ne générait pas autant de dégâts présents et à venir. De postures grotesques en aveux d’impuissance, les inextricables contradictions de nos dirigeants se heurtent toujours aux mêmes murs et se concluent toujours par les mêmes pathétiques communiqués triomphateurs mais dépourvus de toute solution.  Cela relève en fait de la plus pure logique puisque des solutions, tant que l’on reste dans le cadre actuel, il n’y en a pas !

Pour débuter cette année cruciale, je vous propose un petit exercice ( voir problème ci-dessus et réponse ici ) destiné à illustrer le fait que tant que nos réflexions restent confinées à l’intérieur d’un cadre idéologique erroné, les solutions préconisées ne font qu’aggraver les problèmes initiaux. J’en veux pour preuve les logiques d’austérité imposées aux peuples qui, mécaniquement, ne font que diminuer la consommation ainsi que les recettes fiscales et donc au final renforcent la récession et augmentent la dette publique…
De la droite dure à la gauche molle (magnifique contrepèterie), toutes les solutions envisagées jusqu’à maintenant pour sortir de la crise sont totalement ancrées dans le cadre et donc vouées à l’échec. Lire la suite →