Mini-gros Krash

« Bain de sang », « Fuyons », « Les marchés dévissent ». Ces titres foisonnent sur à peu près n’importe quel site internet. Même la première page du Blick fait état de la baisse des marchés c’est tout dire. Quant à moi je rigole. Tout ce remue-ménage me fait marrer car d’ici à quelques semaines on aura tout oublié. Les marchés vont remonter tel un bouchon nucléaire. Rien ne justifie cette baisse, si ce n’est que les marchés sont montés trop vite tout d’un coup. Et là c’est la panique à bord, avec des ordinateurs qui s’en mêlent et qui foutent la pagaille.

Pour justifier cette baisse des marchés, on nous rabâche que c’est à cause des taux, ou alors l’inflation qui ne dépasse toujours pas la hauteur d’une pâquerette. C’est vrai le rendement 10 ans des bons du Tresor a soudainement explosé de 2.6% à 47%… Je rigole. Les taux sont bas, et même s’ils montent, ils restent EXTREMEMENT bas! En fait, en ce moment, c’est un peu comme si vous vous rendez chez votre coiffeur et que par mégarde, il se broute en réglant sa tondeuse. Les cheveux, ça repousse, surtout si vous en avez! Rappelez-vous cela. Cette journée sera rouge, tout partout. Alors autant vaquer tranquillement à vos occupations et, si vous en avez le courage, adoptez l’attitude exacte contraire du marché. Dans chaque baisse naît une opportunité d’achat. Warren Buffet, entre autres, en sait quelque chose puisqu’il va s’activer toute la journée pour acheter à prix cassé tous les titres qui se font laminer.

Icy road ahead

Ok elle est peu simple je vous l’accorde volontiers. C’est comme au Mc Do. Quand on prend un café, on doit s’attendre à ce qu’il soit chaud et qu’on puisse éventuellement se brûler la langue. La grande lessive vécue la semaine dernière par les marchés s’apparente à vouloir marcher en tongs sur un trottoir verglacé de La Chaux-de-Fonds. C’est la cassée de gueule assurée. En bourse? Pas de glace mais des rendements obligataires qui montent graduellement. Soudain et c’est vraiment surprenant, le petit monde de la finance prend conscience qu’emprunter du fric va soudainement coûter quelque chose et qu’on va gentiment arrêter de prêter du pognon à 1% sur 10 ans. Aux States, le rendement à 10 ans monte gentiment, en direction des 2.9% et ça fait peur à tout le monde. Le point d’inflexion est dépassé depuis plusieurs mois et il faut bien se l’admettre, les taux montent et l’on peut à présent parler de retournement de tendance. Mes pensées émues à tous ceux qui possèdent un portefeuille obligataire. Ça va faire très mal si l’inflexion se poursuit à ce rythme.

Donc les marchés baissent, et baissent bien. Pour le moment, on occulte complètement les résultats des entreprises qui sont excellents. On occulte aussi le chômage, qui continue de baisser. On continue d’occulter la croissance, toujours molle, qui se consolide durablement quand même. On continue encore de ne pas vouloir voir que des taux à des niveaux pareils, ce n’est juste rien. Simplement, on n’est plus habitué à voir simplement des taux qui dépassent zéro et tout le monde a la chiasse. En bourse, tous les traders semblent avoir revêtu des tongs, car ils ont oublié qu’en hiver il est possible qu’il neige. J’hallucine. On semble prendre conscience que oui, la neige c’est froid. Lire la suite →

Le dollar, Mnuchin et les montres à l’heure

Je n’éprouve le plus souvent aucune compassion pour les politiques qui changent d’avis tous les 3 mois. Mnuchin n’est pas un politique puisque ce mec travaille pour le Gouvernement américain et qu’il est censé dicter le cours du dollar au reste du monde. Le restart de la guerre des changes a été donné lors d’une course de traîneaux à Davos. Mnuchin n’a rien trouvé de mieux de dire qu’un dollar « faible » est bon pour les Etats-Unis. Le lendemain à la tribune des singes, Trump déclarait exactement le contraire. Et hier, ce brave Mnuchin déclarait à tout le monde que ses propos davosiens ont été mal interprétés (tous des ignares ceux qui l’ont écouté) et que bien entendu, un dollar « fort » est bon pour les Etats-Unis.

Reste que le mal est fait. Les Etats-Unis ont bel et bien déclaré une nouvelle guerre des monnaies. Trump a compris que négocier des droits de douane fâchait tout le monde, et qu’il est plus facile de faire passer sa pitance en dévalorisant le dollar. C’est cet effet qui a ébranlé les marchés ces derniers jours. L’économie doit à nouveau s’adapter à une nouvelle donne. Les entreprises doivent prendre en compte ce nouveau paramètre et faire avec. Nous nous retrouvons donc à nouveau tel un crapaud dans une marmite dont l’eau chauffe gentiment, insensiblement, jusqu’au prochain arrêt de bus. Lire la suite →

Warren Buffet, la vie et Federer: mode d’emploi pour réussir

L’immense Monsieur Federer joue au tennis, et plutôt bien. Mais aujourd’hui pas question de vous parler de tennis, c’est anecdotique, même si le Maître a encore repoussé les limites du possible hier. Ce billet se veut volontairement quelque peu décalé pour une fois, mais vous verrez, le parallèle est saisissant. Pas question en revanche de vous embêter en donnant des leçons, car j’en suis bien incapable et surtout beaucoup trop respectueux de la voie que chacun choisit pour réussir sa vie. Ou pas.

Il y a plusieurs années, et là se trouve la leçon Federer, ce grand monsieur du tennis l’a pilé. D’autres joueurs, beaucoup plus puncheurs que lui, lui ont « volé » des titres. Lorsqu’il croisait la route de Djokovic ou Nadal, c’en était bien souvent terminé. Ces deux joueurs n’étaient pas plus doués que lui techniquement, mais ils jouaient avec une telle intensité et une telle agressivité que Federer ne pouvait rien y faire. Pendant des années le même scénario s’est dessiné. Federer jouait bien, mais à la fin, c’étaient les autres qui gagnaient. Et qu’a fait Federer durant toutes ces années? Il a continué à jouer au tennis. Il s’est fixé comme simple but de trouver du plaisir dans son jeu, de s’amuser et finalement, d’accepter qu’il ne rivalisait pas avec ses concurrents-là.

Warren Buffet ne joue pas au tennis. Lui, il vit toujours dans sa petite maison en bois et tient son meeting annuel dans l’Oklahoma une fois par an en mangeant un burger-frites et en buvant un Coca. Le reste de l’année, le milliardaire étudie l’économie, décèle les entreprises dont le potentiel est endormi et investit ensuite des sommes colossales dès qu’il sent que le poisson va frire. Buffet et Federer jouent exactement le même match. Contre vents et marrées, ils continuent inlassablement de faire ce qu’ils aiment faire. Peu importe le succès. Peu importe qui se trouve de l’autre côté du filet. Peu importe si la période boursière est propice ou non. Eux deux continuent inlassablement d’être concentrés sur leurs qualités, à s’écouter, à prendre du plaisir dans leur activité. Ils planifient soigneusement ce qu’ils vont entreprendre, en prenant en compte les paramètres du moment. Lire la suite →

C’est VOTRE problème!

On peut faire comme on veut. Les bourses mondiales sont dirigées par les Etats-Unis. Quel scoop pas vrai je suis mort de rire… Alors que rien ne semble pouvoir toucher durablement les bourses mondiales, que tout est sous contrôle, que le mètre cube en Corée se tient tranquille (pour le moment), voilà qu’un tout « petit » grain de sable vient troubler la fête. Et ce tout petit grain de sable, c’est le dollar. Ah bon? Les Ricains veulent le dévaluer davantage? Je n’ai cesse de le répéter encore et encore, la vraie valeur du dollar, c’est ZERO! Le dollar perd des plumes, toujours davantage, avec des phases où il se maintient à un niveau stable. Mais sur le long terme, le dollar et si vous l’empilez à la maison, il vous servira tout au plus comme allume-feu. Du vulgaire papier. C’est à Davos que les States rappellent à ceux qui l’auraient oublié cette fameuse maxime: « le dollar, c’est notre monnaie, c’est votre problème ». Gravez-vous ça dans un coin de la tête. Et si vous n’êtes pas d’accord avec moi, que celui qui me trouve un seul argument valable lève la main. Un pays qui n’a court qu’au seul endettement pour survivre, c’est un pays en faillite. Et Trump a décidé d’en remettre une couche avec sa fameuse réorganisation fiscale. Il faut bien la financer quelque part non?

Donc les choses se compliquent un petit peu. L’Euro devient à nouveau trop fort et la course à la dévaluation reprend de la vigueur. Il était temps car on s’emmerde un peu à regarder tous ces marchés monter même si ceux qui sont dedans se font plein de pognon. Donc le dollar se casse la figure et ça fait peur à tout le monde. Donc si inflation en Europe, donc si croissance vraiment constatée, Draghi il monte comment ses taux s’il ne veut pas pénaliser les exportations européennes? Et dans le même temps, ce sont les Etats-Unis qui vont réussir à monter un peu les leurs. Il faut bien faire preuve de bonne volonté pour attirer ceux… qui décident de financer le train de vie d’un pays en faillite. Lire la suite →

 
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