Un petit détour du côté des changes…

| Billet invité | A force de persuasion, M. Draghi est parvenu à ses fins: il a rassuré le gratin économique de la solidité de zone Euro. La BCE est là et fera tout pour que ça aille, même si au final ça n’ira pas. M. Draghi a tellement brillé dans ses interventions répétées qu’un regain de confiance s’affiche sur la monnaie. L’Euro remonte dans les intentions de vote (lisez sur le marché des changes), tout comme la popularité de M. Berlusconi en Italie. Bunga-bunga…

Seul hic! Eh oui il y a un hic. Les prix des exportations européennes s’apprécient vis à vis de l’étranger. Et avec une récession qui touche bientôt à sa fin, c’est avec un boulet que l’Europe se réveillera dès le 2ème semestre 2013. A l’heure de son éventuel réveil, avec en plus une inflation qui risque de se montrer elle aussi dynamique et donc pénalisante pour la consommation intérieure, la reprise économique s’en trouvera plombée par la flambée de l’Euro si son ascension se perpétue.

La politique de contenter tout le monde montre à présent toutes ses limites. D’un côté, avec le regain d’intérêt sur l’Euro, on a laissé en paix les Etats aux finances aux abois. L’Italie, l’Espagne et la France s’en sortent très bien sur le marché de la dette. Mais d’un autre côté, en tournant notre regard sur l’économie, un tel regain de vigueur de l’Euro pourrait fort bien se montrer pénalisant.

La fuite en avant se poursuit. On agit à toujours plus court terme. On avance à tâtons. On bricole des esquisses de solution que n’aurait pas reniées Géo Trouvetou. On bouche un trou alors qu’un autre apparaît. Le final est pourtant connu. On gagne du temps. On gagne du temps pour mieux plonger. Finalement cette manière de procéder correspond bien à l’être humain: on prend en général des décisions d’une extrême gravité lorsque tout est perdu, lorsqu’on en peut plus de mentir, lorsque le corps lâche, lorsqu’il n’y a plus d’échappatoire…

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