L’arbre qui cache la forêt

| Billet invité | Le monde court à sa ruine. Telle est ma conviction profonde depuis bien longtemps. Certes, vous lisez régulièrement dans mes billets mon optimisme quant à la résolution de la crise actuelle. Comprenez-moi bien, je parle bien entendu en temps que boursier. En termes d’espace temps, je parle également de court terme. Car rien n’est résolu. Absolument rien. Pour l’instant et pour quelque temps encore, les planches à billets des banques centrales pourront être comparées à de vulgaires balais. Elles balaient, cachent, camouflent, se prennent pour Monsieur le Magicien. Elles font leur boulot.

Rien n’y fera cependant. Tout s’effondrera immanquablement. La seule question encore ouverte est quand. Lorsque les peuples auront compris que leur monnaie ne vaut plus rien et qu’on les a bernés. A ce moment-là, tout s’effondrera car la confiance en la monnaie aura disparu. Mais en attendant, on continue d’y croire. On continue de croire en ces politiques qui n’ont toujours pas compris l’essence du système. Non ils n’ont rien compris mais pire encore: ils n’ont pas l’once de courage que devrait posséder un dirigeant. Ils sont frileux, aveugles et bêtes.

En fait, le plus simple serait d’inviter Messieurs les Politiques à s’asseoir devant un tableau noir, tous habillés de la même manière afin éviter toute jalousie, et de leur inscrire deux verbes au tableau: financer et effacer. Vouloir financer les montagnes de dettes des états est idiot. Ce n’est simplement plus possible. En tous les cas plus pour longtemps. Avoir le courage de vouloir remplacer « financer » par « effacer » serait approprié. Oui messieurs dames, chers dirigeants européens et américains en particulier. Assis sagement à votre pupitre, vous devriez avoir le courage de prendre cette décision.

Malheureusement cette décision ne se prendra vraisemblablement jamais de concert. Cela se fera de la pire des manières, un jour, de manière forcée et complètement désordonnée. Peut-être en temps de guerre. Et si je pousse encore un peu mon raisonnement, peut-être en est-il mieux ainsi. Peut-être doit-on passer par une grande et pénible destruction pour renaître (si renaissance il y a) autrement. Car quels qu’ils soient, nos politiques actuels sont simplement incapables d’administrer un pays. Accros de leur image, de leur future réélection, de leur petit confort, ils se montrent incapables de penser global. De penser à leur peuple. De penser plus loin que demain. Vouloir leur enseigner la base d’une politique de gestion anticyclique serait peine perdue. Car la politique anticyclique, ils veulent bien l’appliquer lorsque surviennent les crises. Endetter leurs finances pour faire repartir l’économie, cela ils savent faire (et encore). Mais leur dire qu’il conviendrait d’économiser lorsque l’économie croît… Malheureusement pas. Ils n’ont jamais compris d’ailleurs et ne comprendront jamais. Les élections approchent… Il y a toujours une bonne excuse pour refuser d’économiser. Cela n’est jamais le moment. C’est donner au parti politique opposé l’arme dont il se servira pour dire au peuple: « voyez comme le parti xy pense au peuple. On pouvait faire autrement… De grâce élisez-moi, je serai meilleur que l’autre ».

Foutaises que tout ça. C’est le début d’année. Gavez-vous, profitez, amusez-vous. N’oubliez pas de prévoir le voyage dont vous aviez toujours rêvé. N’oubliez pas de dire à vos proches que vous les aimez. N’oubliez pas de quitter votre conjoint que vous détestez tant depuis si longtemps pour aller vivre l’aventure dont vous rêvez. Vendez cette maison que vous entretenez à grands frais en l’honneur de vos parents décédés. N’hésitez pas à vivre vos rêves. Aujourd’hui c’est facile. Demain ce sera moins drôle. Aujourd’hui, c’est l’abondance. Demain, ce sera la misère.


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