A rolling stone?

Il se passe quelque chose d’important sur le marché des changes. Alors je ne sais pas encore qu’elle sera la nouvelle monnaie des Catalans s’ils décident de se faire hara kiri tout seuls, mais ce que je puis vous dire, c’est que le marché des changes tente de nous dire quelque chose. Les Catalans? Le gouvernement espagnol vient de les mettre sous tutelle financière. On n’a pas fini de rire par là-bas. Déjà quand j’étais gosse ils discutaient de cela. En 40 ans ils n’ont pas progressé d’un chouia. La seule différence de l’époque, c’est que Maradona jouait au Barça et qu’il gagnait à peine de quoi se payer un mojito de temps à autre. Maintenant c’est Messi. Peut-être lui demander de financer la Catalogne ça les arrangerait bien.

Le risque se transpose clairement. Tout est à rebours et on n’y est plus habitué, comme de voir Gottéron en tête du championnat alors que c’est une équipe de chèvres. On refait confiance en à peu près toutes les monnaies, sauf le franc suisse qu’on délaisse peu à peu. Ça se dégonfle. On croit à nouveau en l’Euro. On est à 1.15. Et pour vous dire comme on marche sur la tête, on croit même en la livre sterling. Pas mal pour une monnaie qui devait aller à la cave. On frise les 1.30. Se foutre une moque bon marché chez les british appartient gentiment à l’Histoire. Tout cela veut dire quoi? On croit toujours en la Suisse c’est certain. Mais on croit surtout que le pire est passé, que le monde ne s’est pas écroulé et qu’aucun pays n’a fait faillite. En clair, on reprend confiance dans le système. L’argent repart et il est investi ailleurs qu’en Suisse. 10 ans que cela aura pris pour reprendre un peu confiance. 10 ans aussi pour que le Portugal retrouve sa place sur le marché des capitaux en tant qu’investisseur solvable.

La suite s’annonce non pas radieuse mais « modérément bien ». Nous continuerons d’avoir une croissance « molle à modérée » et d’avoir une inflation tout aussi poussive. Mais la machine fonctionne. Elle a des ratés mais elle fonctionne. En fait elle est comme une pâte à tresse. Faut juste veiller à ne pas aérer trop longtemps pendant que la pâte lève. Sinon ça fait pioufff et tout est à recommencer. Plus j’avance, et plus je me dis que nous sommes encore loin de tout, même si les marchés sont hauts. On commence à peine à recroire au système, à nous dire qu’il est possible qu’on s’en sorte. On continue d’être frileux, mais on a envie d’y croire. Peut-être se trouve-t-on seulement à l’aube de la plus longue période de croissance molle de l’Histoire. Une période où l’on prend quelques pourcents chaque année avec une inflation tendre comme un Sugus. Les banques centrales ne peuvent trop monter leurs taux, et si elles décident de dégraisser leur bilan, il faudra qu’elles le fassent avec grande dextérité. Si l’on encode le principe que l’on est peut-être parti dans une période digne des 30 glorieuses, ça devrait aller. Si l’on pense à court terme et qu’on voudrait tout régler d’un coup, on risque de se la prendre.

La transition est peut-être un peu facile mais je ne peux m’empêcher de faire un clin d’œil à Mick et ses potes. A plus de 70 ans, ils s’apprêtent encore et toujours à faire vibrer tout un stade. Les Stones sont arrivés à Zürich dimanche déjà et jouent mercredi soir seulement. Ils ont appris à s’économiser, à se reposer, presque à vivre sainement, à prendre les années les unes après les autres, sans faire de vagues ni de fracas. Et ils sont toujours là. Peut-être le modèle à appliquer pour les banques centrales. Comprendre que c’est en y allant pas à pas qu’on y arrivera. Qu’il ne sert juste à rien de brûler les étapes et qu’au final, c’est la stabilité du système qui encouragera l’investissement.

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