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C’est plus grave que ce qu’on vous dit…

« C’est plus grave que ce qu’on vous dit… mais on peut s’en sortir » est un petit livre de Pierre Larrouturou dont le but est de provoquer un sursaut en disant la gravité de la crise et en proposant des mesures pour sortir de la confusion. Crise sociale, crise financière, crise écologique, crise démocratique… dans tous ces domaines nos sociétés approchent d’un point de rupture, d’un point de non retour. Après trente ans de laisser-faire, après cinq ans de crise financière, nous arrivons à un moment crucial !

Pierre Larrouturou est l’un des rares économistes à avoir annoncé la crise financière et prévu la rechute de 2012 quand beaucoup affirmaient que le plus dur était passé. Il nous explique que :

«Plutôt que de s’attaquer aux racines de la crise, plutôt que de changer radicalement un système économique que tous disaient vouloir transformer de fond en comble, nos dirigeants ont continué la fuite en avant, en remplaçant la «transfusion» de dette privée par un transfusion de dette publique. Mais jusqu’à quand cette fuite en avant est-elle possible? »

Laroutourou nous montre qu’une autre politique est possible en mettant en débat 15 mesures d’urgence que le prochain président français devrait mettre en oeuvre dès les premières semaines de son mandat s’il ne veut pas se faire papandreouiser. Lire la suite →

La croissance destructrice…

| Billet invité | Il est des faits qui ne sont pas relevés et ça m’agace. Les médias ne retranscrivent que ce qu’on leur communique, sans discernement aucun. On leur dirait d’écrire que la Terre est devenue carrée qu’ils reporteraient fidèlement cette idiotie.

Il ne sert à rien de blâmer la crise de la dette en Europe. Il ne sert à rien non plus de se parer d’excuses en accusant le franc fort d’être la source de l’autre partie de nos maux. Lorsque je travaillais dans le milieu bancaire, j’avais appris que le 80% des faillites d’entreprises provenaient :

1. d’erreurs crasses de management (décisions hasardeuses, gestion aléatoire, mauvaise communication, succession non réussie)
2. concentration exagérée sur le mauvais produit (mauvaise diversification)

Rien ne sert donc d’accuser l’autre d’être la source de nos maux. Nous sommes bien souvent seuls responsables de nos errances. Et si nous plongeons quand même, c’est simplement parce que nous ne nous trouvions pas à la bonne place et que nous étions englués dans l’immobilisme.

L’économie actuelle se trouve à un tournant. Personne ne sait plus de quoi demain sera fait. Les signaux contradictoires se mêlent. D’un côté, il y a l’économie qui se porte plus ou moins bien. Et de l’autre, il y a l’endettement des Etats qui risque d’exploser, demain, dans un mois, dans un an, dans dix ans, avec les troubles sociaux sommes toutes assez prévisibles mais dont personne n’ose parler. Personne ne sait et surtout, personne ne veut savoir ! Lire la suite →

« Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé »

Dans une tribune libre parue dans le Monde du 2 janvier, Michel Rocard et l’économiste Pierre Larrouturou posent une question toute simple: « Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? ». Les deux compères constatent constate que les banques centrales sont prêtes à venir au secours d’un système financier à la dérive en accordant aux établissements privés des centaines de milliards d’euros à des taux d’intérêt dérisoires. Selon Bloomberg, la Banque centrale américaine aurait même offert (pour 0,01 % d’intérêt) la somme astronomique de 1 200 milliards d’euros de financement aux établissements américains…

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d’austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n’acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d’intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont « obligés » de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

Comme le disait Roosevelt : « Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé ». Et il avait raison! Lire la suite →

La Grèce: laboratoire européen de la crise financière

Cette fois la dictature de la finance n’est plus une métaphore d’altermondialiste, la stratégie du chaos n’est plus une théorie de polémiste, c’est en vrai, dans les rues, au long des boutiques fermées, des ordures qui s’entassent, des taxis sans clients, des suicides qui se multiplient, des hôpitaux sans pansement, des quartiers sans lumière, des jeunes qui fuient le pays, des visages ravagés. 38 ans après la junte militaire, c’est la junte financière qui a pris le pouvoir en Grèce. (Voir la vidéo ci-dessous même si le son n’est pas terrible…)

Le peuple est désemparé, humilié et ne voit aucune issue à la situation actuelle. La Grèce est sous tutelle, coupable elle doit payer, coupable elle est à vendre. Cependant, il ne s’agit nullement d’une crise grecque qui se propage aux autres pays de la zone Euro. C’est une crise mondiale, européenne et finalement grecque. Nous sommes face à la crise d’un système : celui du capitalisme financiarisé et dérégulé!

Plutôt que de long discours pour expliquer comment nous en sommes arrivés là, je vous propose plutôt le vibrant appel aux peuples d’Europe fait récemment par Míkis Theodorákis qui fut le porte-parole de la résistance à la Dictature des colonels grecs de 1967 à 1974.

Lettre ouverte aux peuples d’Europe

« Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de «sauvetage de la Grèce» aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Lire la suite →

« The Protester » : personnalité de l’année 2011

Non, vous ne rêvez pas, selon le très conservateur « Time Magazine », la personnalité de l’année 2011 est «The Protester», « Du printemps arabe à Athènes, d’“Occupy Wall Street” à Moscou ».

La presse a traduit «The Protester» par le «manifestant», cela n’est pas faux mais reste toutefois un peu léger si l’on désire vraiment parler de ceux qui se trouvent actuellement sur la place Tahrir ou ceux encore qui doivent affronter l’hiver sans électricité en Grèce. Il me semble dès lors que les termes : l’insurgé, le protestataire ou le révolté auraient été plus adaptés.

 

« The Protester » a été désigné cette année pour avoir capturé et souligné un sentiment mondial d’espoir de changement, renversé des gouvernements et les idées toutes faites, combiné les techniques les plus anciennes avec les technologies les plus modernes pour mettre en lumière la dignité humaine et guidé la planète sur la voie d’un XXIe siècle plus démocratique bien que parfois plus dangereux ».
Time.com

Bien malin celui qui aurait pu prédire, début 2011, sur qui allait se porter le choix du Time. À qui pensez-vous pour 2012…?