Ce à quoi l’on résiste persiste

Vivre éveillé, jour après jour, comme un enfant l’est, n’est-ce pas quelque chose que l’on devrait tous pouvoir réaliser le plus naturellement du monde? Le problème justement, c’est que nous vivons souvent complètement conditionnés par notre passé. J’en suis le premier exemple. Tenez, comment pourrait-il en être autrement pour moi? Moi qui ai erré durant les 30 premières années de ma vie parmi les tombes, à avancer tout feu éteint dans les ténèbres. Et puis un jour, la Vie m’a invité, certes bien brutalement (c’est toujours comme cela que ça se passe), à considérer le quotidien d’une manière différente, plus simple, plus réelle, plus vivante. Et bien que je sois parti à la recherche de cet enfant que j’ai jamais connu, j’éprouve encore parfois grande difficulté à vivre en étant pleinement présent, pleinement éveillé au miracle de la vie.

Un des plus profonds encodages qui me remonte encore de temps à autre reste sans aucun doute de vouloir changer ce qui ne peut l’être, ceci en termes de situation de vie ou de pensée humaine. Le puissant contrôlant que je suis éprouve encore beaucoup de difficulté à lâcher prise. Ben oui voyez-vous. Moi je préfère de loin téléguider mon monde que d’être réduit à en devenir leur marionnette. Et croyez-le bien, j’enrage lorsque je rencontre cette épreuve tendue par l’existence pour me tester. Un jour peut-être, lorsque j’aurai décodé finalement le petit truc que je n’ai pas encore compris en moi, j’en rirai certainement. Mais pour le moment, je dois veiller régulièrement à rester éveillé, à ne pas vivre endormi, comme je l’ai été durant si longtemps.

Un roman, écrit par Paulo Coelho, m’a renseigné de manière éclairante sur ce que nous vivons avec les marchés financiers et la crise européenne. En fait, rien ne sert de décrier ce qui se passe, de fustiger les politiques en place, de maudire Yellen ou Draghi qui en font trop ou pas assez, de leur dire comment ils devraient agir en leur donnant des idées ou en leur bourrant le mou. Au contraire de tout cela, nous devons apprendre à nous taire, ou alors à les encourager à persévérer dans leurs actions. Et surtout ne pas les freiner. Ce serait peine perdue. Plus nous les encouragerons, plus nous les renforçons leurs pouvoirs, plus vite ils finiront par se prendre les pieds dans le tapis. Rien ne sert de lutter contre eux car de toute façon, ils iront jusqu’au bout. Donc vive Rajoy, Hollande, Juncker ou Draghi. Rendons-leur hommage et dégageons leur la route au moyen d’un immense chasse-neige. Car c’est de cela dont nous avons besoin. Les laisser faire, lâcher prise complètement.

Vous trouvez cette manière de faire peu évidente à réaliser? N’hésitez pas à la tester dans votre vie. Avec votre meilleur ennemi par exemple. Rien ne sert de lui résister, de lutter contre, de lui mettre des bâtons dans les roues ou pire, de lui faire entendre raison. Vous ne feriez que le renforcer. Au contraire, si vous voulez le déstabiliser, vous en défaire, poussez-le, aidez-le! Encouragez-le dans tout son ego à poursuivre son effort. Vous gagnerez ainsi un temps précieux en le renforçant… et ainsi vous lui permettrez de commettre l’irréparable. Ok je n’invente rien je le sais bien. Le principe de Peter est toujours disponible en librairie et sa science toujours autant actuelle.

Regardez les bourses depuis quelques jours. Elles se comportent comme… comme elles peuvent quoi. Elles ne savent plus à quel saint se vouer et se comportent comme des bourriques de première. Le matin ça monte et on se dit qu’enfin on sort de l’ornière. Et à midi ça bascule et on s’enfonce la tête dans le sable pour l’après-midi. Et comment voudriez-vous anticiper cela? Je vous propose donc de vous rendormir, de laisser les traders s’affoler et programmer leurs machines qui répandent volatilité et anxiété tout autour d’eux. Et comme me disait ma femme encore ce matin, n’oubliez pas de prendre le courage (si si elle a bien utilisé le mot « courage ») de vous arrêter quelques minutes par jour pour regarder par la fenêtre. C’est simple non? Lâchez prise je vous disais…


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