Vérifions les incertitudes et reprenons confiance

Encore et toujours la même salade qu’on nous re-re-re-re et ressert: les dangers liés à la politique. J’assistais hier soir à une brillante conférence donnée par un psychologue suisse, qui écrit grand nombre d’ouvrages à succès. Un homme qui n’a pas peur de bousculer les idées reçues comme il le dit lui-même, déformées qu’elles sont car transmises au travers de la petite fenêtre TV qui ne fait qu’offrir misère sur misère. Ce psy, en fait il aurait pu être comptable, ou vérificateur des comptes, ou percepteur d’impôts. L’impression ressentie, ou la perception de quelque chose, il veut pouvoir la mesurer. Et ce psy a sorti des chiffres hallucinants qui m’ont complètement scotché sur place, preuve en est que la lucidité que je crois posséder est régulièrement altérée.

On s’essaie à un petit quiz? D’après vous, le monde est-il meilleur aujourd’hui ou pire qu’autrefois? Tout seul pour décider, j’ai répondu sans réfléchir que c’est pire aujourd’hui qu’hier. Avec la pile de dettes, les bringues entre pays, l’Europe qui coince, les Etats-Unis qui se déglinguent gentiment, les bourses anormalement hautes et gonflées aux amphétamines, je ne vois pas de quoi me réjouir. Voilà ce que je vois. Mais quoi d’autre encore? D’après les chiffres publiés, chiffres de l’ONU, le monde n’est jamais allé aussi bien. Le degré d’alphabétisation se réduit constamment. Le taux de mortalité des enfants devient quasiment incompressible tant il est bas et il n’y aura plus de pauvres sur la planète en 2030. Graphiques à l’appui, cet écrivain au verbe aiguisé s’amuse à tordre le cou à tout ce qu’on veut nous faire croire, et le comble pour un psy, chiffres à l’appui. Pour lui, toute impression doit être vérifiée, comme toute promesse doit pouvoir être mesurée concrètement. Alors on parle de politique et on s’amuse à relativiser? L’Italie, c’est le bordel au niveau politique. Mais est-ce grave? L’Espagne, c’est olé olé. Est-ce que ça a déjà été différent depuis 40 ans (avant je ne me souviens pas)? La France se mobilise pour résister au changement. Du déjà vu aussi non? La Suisse avance timidement et résiste à toute volonté de perdre sa démocratie chèrement acquise. Là non plus rien de nouveau. Les Etats-Unis aiment bien écraser périodiquement le monde en rappelant qu’ils sont trop forts et que ce sont leurs conditions qui prédominent. Juste banal. La liste des pays ayant fait faillite depuis toujours est longue comme le bras. Vous pensez vraiment que ça ne se reproduira plus et qu’on va tous mourir cette fois-ci?

Les marchés marchent trop régulièrement à l’intuition, à l’impression, au sentiment ambiant, beaucoup à la chiasse. C’est pour cette raison qu’ils débloquent régulièrement en agissant comme si la fin du monde était toute proche. Mais si les traders considéraient les faits véritables, leur profession n’existerait simplement plus. On n’aurait plus besoin non plus d’analystes, ni de chartistes, ni d’économistes. On achèterait simplement quelques bons titres qu’on ne toucherait plus jamais, et on ferait le point 50 ans plus tard. En se foutant totalement des guerres, des élections en Italie, du prix du pétrole, de savoir si Salah jouera, du Brexit qui n’aura pas lieu, ou peut-être que si quand même après tout s’ils continuent à se montrer bornés.

En attendant, après avoir pété de chiasse à cause de Buffon qui risque de signer à Paris, grand classique à nouveau aujourd’hui. Les marchés remontent comme des bouchons et le franc relâche la pression. C’est impressionnant de vivre dans les extrêmes, en passant du sauve-qui-peut à on se fout complet des problèmes d’hier. De tels brusques mouvements, comme sur les bancaires, laissent des traces évidemment. Il faudra quelque temps aux bancaires pour refaire un peu surface. UBS et CS sont au coude à coude à nouveau, au niveau très respectable de 15.40. Ca me fait rêver, presque autant de savoir que Ronaldo pourrait lui aussi signer à Paris. Finalement, si ces transferts se font, ça me redonnera le sourire en pensant à… Marseille il y a quelques années, lorsqu’ils étaient remontés en D1 en faisant signer de vieux briscards, avec Cascarino qui plantait goal sur goal, Casoni qui déblayait tout derrière et Marcel Dib qui voulait encore montrer aux jeunots comment on compte les kilomètres sur un terrain. Sauf que là c’est différent car l’objectif n’est pas trop la remontée en D1 si j’ai bien tout compris les objectifs du PSQ (Q pour Qatar)

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