Tout sera gratuit réjouissez-vous!

L’été touche à sa fin en Suisse. C’est magnifique. Le temps est d’ailleurs tellement prévisible à présent que l’on récolte les fruits en toutes saisons. Dans mon jardin, les oranges sont juteuses. Les abricots poussent même en hiver et les pruneaux se dégustent toute l’année. Tout cela est le fruit du dérèglement climatico-économique qui assure désormais à la Terre entière prospérité en tout temps. D’ailleurs, la rivière qui coule dans mon village, grâce au savoir-faire de Nestlé, s’est peu à peu transformée en « rivière à chocolat ». Il n’y a qu’à tremper ses lèvres dedans pour y goûter les dernières créations Cailler pour Pâques.

Nous vivons dans un monde absolument magnifique, un monde parfait où tout est absolument réglé telle une horloge suisse, non connectée je précise. Car vouloir vivre connecté aujourd’hui est devenu ringard. A quoi bon vouloir être informé en temps et en heure alors qu’il ne se passe absolument rien sur cette planète? Ce matin je ne peux rien faire d’autre que me tordre de rire lorsque je lis un article du « Temps » qui indique que (et merci de rester assis et de ne pas vous balader dans votre appartement avec votre tasse trop chaude pleine d’Ovo sous peine de tout renverser d’un coup) les économistes discutent de plus en plus la possibilité d’offrir à la population mondiale des sacs remplis de billets tout chauds pour mieux les dépenser. Mais nooooon c’est sérieux tout ça?

Je ne peux rien faire d’autre que m’étouffer dans ma marre à café ce matin. D’abord car c’est une idée qu’un clown comme moi (et tant d’autres) a déjà émise il y a plusieurs années sur ce blog (mais bon je le reconnais moi je n’ai pas fait de hautes études appliquées en économie spatiale durant 17 ans et je n’ai aucun titre qui me permette d’être un jour reconnu), et ensuite car je constate que la presse n’a plus rien à écrire non plus! Rendez-vous compte que la majorité des économistes préconise à présent ouvertement d’imprimer de l’argent et de le distribuer non plus aux banques qui de toute façon ne peuvent plus prêter (j’y reviens juste après), mais de le distribuer à la populace. Même Draghi trouve l’idée « intéressante » j’en suis émerveillé, amen. Ainsi pourrons-nous bientôt, avec un peu d’amidon, fabriquer avec tous ces billets qu’on nous distribuera de belles bouées qui nous permettront cette fois-ci de surfer sur notre belle rivière pleine de chocolat et de nous gaver puisque tout sera parfaitement gratuit.

Je disais plus haut que les banques ne peuvent plus prêter. Alors pour une fois je les défends un peu car jusqu’à présent, on les bourre aux amphétamines et on leur demande de prêter du pognon à n’importe qui. Mais en même temps, on leur demande aussi de faire attention, de bien gérer leurs risques et tout et tout. Et si elles se plantent ou qu’un de leurs traders déconne grave, on les cloue ensuite au pilori et on les auditionne devant les Congrès américain durant 6 semaines. Alors prêter oui je suis d’accord, mais pas à n’importe qui ni à n’importe quelles conditions.

Nous nageons en plein délire. Les politiques des banques centrales sont un échec complet. Rien n’a fonctionné depuis 2008, absolument rien du tout. Et c’est en désespoir de cause que nous nous apprêtons bientôt à devoir acheter tout spécialement un sac spécial (non taxé puisque tout devient gratuit) destiné à récolter nos précieux billets lors de la tournée matinale des livreurs de rêve. Je vois tout de même un avantage à la mesure. Le métier de convoyeur de fonds devient de facto le métier le plus sûr du monde. Ils pourront à présent effectuer leurs transports de pèze en tongs et t-shirt, au moyen d’un tuk-tuk, sans plus risquer de se faire attaquer. Mes pensées émues s’adressent cependant aux voleurs en tous genres. Encore un métier qui disparaît et qui sait, peut-être un service d’aide sociale particulier à développer dans chaque commune pour les aider à se réinsérer? Enfin je dis ça je dis rien…

 

Aucun commentaire pour l'instant.

Vous souhaitez réagir? Laissez un commentaire!

 
amet, neque. Aenean libero. Curabitur eget elementum mi, dapibus massa efficitur.