Recette du n’importe quoi pour les nuls

Coup de gueule ce matin ! Mais gros le coup de gueule. A l’heure où la joyeuse rétrospective 2018 n’a pas encore vraiment débuté, force est de constater qu’on en a plein les patates de cette année. Une année marquée par des soubresauts boursiers conséquents, pour à la fin ne rien retenir. En fait, c’est comme lors d’un entretien d’embauche. Les recruteurs, tous experts en disséquassions appliquées de cv truqués, ne retiennent au final qu’une chose. L’impression générale du DERNIER candidat auditionné, et un peu de celle laissée par le premier. Celui qui a joué au sandwich n’a en principe aucune chance d’être retenu. 2018 ? On retiendra donc que Macron a été aussi brillant que François Hollande, et qu’il a fini par céder à la pression des gilets-jaunes. Quant au début de 2018 ? Je ne me rappelle de rien. Rien du tout. Raison pour laquelle je serais un piètre gestionnaire RH puisque je ne retiens que ce qui est important, avec une mémoire aux cinq dernières minutes.

Piètre cuisinier je suis également puisque je ne parviens toujours pas à régler la cuisson de mes Milanais. Ils sont soit un peu trop cuits, soit un peu trop pas assez. Peut-être ne suis-je au final bon que pour émettre une bonne recette pour les nuls. Et nul je le suis également. Complètement siroté de la tête aux pieds puisque cette année 2018 a été marquée par… Par n’importe quoi. Et comme nous avons vécu du grand n’importe quoi, je me dis que de n’avoir à peu près rien foutu en bourse n’est pas si mal. Sauf que si j’avais bossé dans une banque je me serais fait viré. On m’aurait reproché de ne pas avoir su « saisir » les opportunités du marché. Donc en bon français ça veut juste dire faire du courtage pour en faire.

Mais comment voulez-vous garder un semblant de logique quand on sait que :

  1. Trump dit bleu un jour. Et quatre jours plus tard il dit exactement le contraire.
  2. Powell dit qu’il va monter les taux successivement. Et quelques mois plus tard il dit déjà qu’il faut y aller tranquille
  3. Macron dit qu’il va tout révolutionner et rendre la France aux Français (à qui d’autre pourrait-il la rendre d’ailleurs…). Patatras tout est déjà foutu ça va être long pour le Roi.
  4. Le cinglé de Corée s’essaie au pilotage automatique d’engins téléguidés et menace de rayer les U.S. de la carte. Il s’amuse à quoi depuis le printemps dernier ?
  5. On panique quand les taux U.S. dépassent le 3%. On panique la même chose quand ils redescendent en-dessous de 3.
  6. Le pétrole se prend pour une fusée. Et ensuite il fait comme les cinglés en wingsuit qui s’élancent depuis l’Oberland pour mieux se tuer.
  7. La technique du blockchain est l’avenir et les cryptos aussi. Personne n’a jamais compris comment ça marche et surtout à quoi ça sert. Même si on nous dit que ça sert vraiment à quelque chose et qu’il est important de lire tout un tas d’articles très techniques sur le sujet pour ne pas avoir l’air con à l’apéro. Ceux qui ont acheté du bitcoin vous remercient.
  8. Ceux qui ont acheté un fonds indiciel sur le SMI à fin janvier et qui ont hiberné ensuite en sont exactement à la même chose aujourd’hui.
  9. L’Italie nous bassine avec son budget et personne n’en a rien à battre. L’Europe ça ne marche pas et si les tocards à Bruxelles restent assis à se goinfrer de petits fours on vole vers l’éclatement.
  10. Il y a plein de votations en Europe. L’Extrême-droite y fait une apparition dans chaque pays. On s’en indigne pendant deux jours dans les journaux et ensuite on fait comme si cela ne s’était jamais produit. Visiblement, on n’aime pas se remémorer ce que nous enfants vivront.
  11. Le parti d’Hitler a vécu exactement la même ascension. D’abord juste quelques pinglets qu’on regarde avec beaucoup de compassion tellement ils sont peu. Et 20 ans plus tard les autres partis sont obligés de se soumettre car l’Extrême-droite devient le seul parti à proposer quelque chose pour sortir de la pauvreté. Même si c’est la guerre.
  12. Plus rien.

Je m’arrête là ça ne sert à rien de continuer. Toute cette recette pour au final dire quoi ? Qu’il est simplement impensable d’investir en bourse en ayant une vision claire du court terme. Puisque le court terme se résume à l’heure qui suit. Et puisque tout le monde craint l’avenir comme la grippe espagnole, puisqu’un seul tweet de Mr President peut faire basculer la planète dans le chaos, mieux vaut s’enfuir dans un chalet d’alpage SANS internet. Le paradoxe dans tout cela ? C’est que le nul que je suis a peut-être raison de viser le long terme. Le très long terme. Juste resté investi et rire de tout ce carrousel. Regarder les autres s’exciter et lire Le Matin qui relate semaine après semaine depuis toute une année la mort du chanteur préféré des Français. A n’y rien comprendre.

La seule chose que je comprends aujourd’hui, c’est que je ne retrouverai plus jamais de job dans une banque. Proposer de ne rien foutre n’est pas très vendeur. Autant me mettre en politique ? Là au moins il est permis de ne rien foutre toute l’année ET se gourer de carte de crédit de temps à autre. Pour le reste les chiens aboient et la caravane passe. Jusqu’à la prochaine élection et le prochain article sur la montée en flèche des partis de la révolution…


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