Plus d’eau et des méduses

Je suis content lorsque je lis que Trump pense que le réchauffement climatique n’est qu’une invention. C’est rassurant. J’imagine que le Président se base sur ses propres observations pour dire qu’il n’y a pas de problème. C’est vrai que sur un green, peu importe où il se trouve, en général l’herbe est verte. C’est mieux pour attirer les riches d’offrir un cadre idyllique avec du Brandy pour les quatre heures plutôt que des talus pelés par le soleil. L’eau vient à manquer à certains endroits de la planète, et ailleurs on ne sait plus qu’en faire. L’image de Rome est saisissante. Rome s’apprête à devoir à se serrer la ceinture sous peine d’assécher le lac dans lequel elle puise son eau. Une étude publiée estime que le 44% (pas 43 ou 45 ils sont super précis les mecs qui ont réalisé l’étude) de l’eau qui y est pompée n’arrive jamais dans les robinets en raison de conduites percées. Ça donne tout de suite hyper confiance. A Rome il ne pleut plus. L’eau se fait rare et comme dans presque tous les pays pestiférés, les investissements dans les infrastructures sont insuffisants. On se rend compte aujourd’hui que la connerie est précise. Avant on savait déjà que les tuyaux ressemblaient à un panier à salade mais on s’en foutait. Il y avait assez d’eau. Mais là quand ça manque c’est embêtant. Et ce qui est encore plus embêtant, c’est d’être le politique qui doit annoncer la mesure super populaire. L’Homme est ainsi. Il voit les problèmes et réalise tout un tas d’études. Ça il sait faire. Mais prendre les mesures adéquates en temps voulu il n’est pas habitué. Il préfère à chaque fois taper le mur et finir à l’hôpital les deux jambes cassées pour entreprendre ensuite quelque chose.

Le réchauffement climatique, toujours sauf pour Trump, s’exprime encore par le détachement de ce gigantesque iceberg qui va fondre en deux ans. Il s’exprime également par le réchauffement progressif des eaux qui bousille la Grande barrière de corail. Il s’exprime encore par l’envahissement progressif des mers par les méduses, qui empoisonnent la vie des baigneurs même en Mer du Nord. La rareté des poissons favorise la propagation des méduses, de même que les tonnes de déchets en plastique qui flottent un peu partout. Les méduses adorent le plastique et s’en nourrissent. L’espère humaine se trouve devant un immense défi: sauver sa planète. Et pour le moment c’est mal parti, un peu comme si vous souhaitiez fluidifier le trafic à Genève ou expliquer aux Neuchâtelois qu’ils continuent de vivre comme à la Belle Epoque alors qu’ils n’en ont plus les moyens. Pour le moment on n’est prend pas du tout le chemin. Le Portugal lutte intensément contre les feux de forêt été après été. La mesure phare prise par le Gouvernement? Ne plus planter d’eucalyptus! C’est vrai que quand il n’y aura plus rien à brûler ça va simplifier les choses. Transformer le Portugal en désert ce serait bien. Pour lutter contre les méduses? Si j’étais Président, je déciderais de boucler simplement toutes les plages du globe et d’interdire la baignade. Trop simple tout ça.

La facture ne va qu’augmenter, comme les impôts à Neuchâtel. Il ne peut en être autrement. Malheureusement et pour le moment, on ne fait à peu près rien, sauf les constructeurs allemands bien entendu, vu qu’ils rappellent par millions leurs voitures afin de les rendre moins polluantes. Ah bon ils savaient tout cela? Je regrette, mais le phénomène s’illustre là également. Ce n’est qu’en se trouvant au pied du mur, avec comme menace l’effondrement de toute leur industrie et de gigantesques amendes qui n’arrêtent pas de tomber, que les constructeurs veulent bien se rendre compte que non, ils ne faisaient pas tout juste. L’être humain ne grandit que s’il est sanctionné. Un gosse qui chinde à l’école va continuer, encore et encore, jusqu’à ce qu’il se fasse attraper par le prof. Ce n’est que lorsque la punition sera distribuée qu’il voudra bien remettre en question son fonctionnement.

Côté bourse à présent on continue à naviguer entre les méduses. La barque flotte. Elle tangue un peu trop d’un côté mais ça flotte. Personne n’a envie de se retrouver à pagayer entre les tentacules de 12 mètres des méduses. Les opportunités d’investissement se font rares mais ça va. La saison des résultats est en revanche globalement excellente. La Fed va continuer à monter graduellement ses taux et la BCE s’apprête à suivre, même si Draghi dit exactement le contraire. Macron poursuit de son côté sa grande lessive en France et j’estime à peu près à 100% le risque d’une grève majeure d’ici à Noël. Mais pour le moment il fait tout juste. Peut-être enfin un politicien qui prend conscience des enjeux de la planète et qui souhaite y laisser une trace c’est à relever. Juste espérer qu’on ne lui trouve pas un compte secret en Suisse ou aux Bermudes.


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