Bonnes vacances !

| Billet invité | Les Suisses peuvent se réjouir. Les vacances d’été qui s’annoncent seront peut-être les dernières sous leur forme actuelle. Dans un an, les pays du sud de l’Europe auront peut-être été emportés par la tempête financière. Peut-être devra-t-on se munir à nouveau de lires, de pesetas et qui sait, de francs français !

Même si personne ne peut se réjouir du chaos qui s’annonce, les Suisses en profiteront (une fois de plus). Leurs vacances redeviendront très bon marché, comme avant l’introduction de la monnaie unique. Seul bémol : nos voisins deviendront encore plus démunis qu’ils ne le sont. Dans quel état d’esprit nous accueilleront-ils ?

Il n’y a qu’à observer ce qui se passe dans les banques grecques et espagnoles. C’est la débandade. Aucune banque ne survit durablement au retrait de toute son épargne et plus grave, d’une confiance zéro. Les premiers mouvements de masse pourraient bien naître très bientôt. Si les gens ne peuvent plus rien retirer au guichet, une seule étincelle et tout s’embrase à la vitesse du feu sous un effet de foehn. Lire la suite →

La Grèce sort de la zone Euro

| Billet invité | Tout est orchestré de main de maître depuis trois ans par la troïka : la sortie programmée de la Grèce de la zone Euro. A en devenir imbuvable, le discours politique n’a pas dévié. La troïka aura donc tout tenté, à l’insu de son plein gré. Elle aura entrepris tout ce qu’elle pouvait pour aider la Grèce à s’en sortir en la mettant non seulement sous tutelle politiquement mais également en la maintenant en vie grâce à une perfusion financière délibérément réglée. Cette dernière étant destinée à rendre ce pays particulièrement docile sous peine de sombrer dans le chaos.

Toutes ces savantes manœuvres n’auront servi qu’à une seule chose : préparer le choc de la faillite du pays, et surtout se laver de toute responsabilité. Les banques européennes auront donc eu tout loisir de ramener leurs créances à un montant supportable, je veux dire audible. Car lorsqu’on nous annoncera que la Grèce se trouvera véritablement en faillite, qu’elle sortira de la zone euro, le choc sera atténué par des discours politiques rassurants. On nous dira qu’en fait, les pertes liées à ce naufrage auront clairement été anticipées par les marchés et que les établissements financiers auront bien travaillé puisqu’ils seront en mesure d’absorber ce pseudo choc sans grands dégâts. La BCE pourra ainsi tranquillement valider ses opérations dites non conventionnelles.

Les dirigeants européens se dédouaneront complètement de cette action en nous indiquant ensuite qu’ils auront vraiment tout entrepris pour éviter cela et que la faute de cet échec ne peut être attribuée qu’aux dirigeants grecs qui n’auront pas su « régler leurs problèmes ». Lire la suite →

La bourse et la vie

| Billet invité | Comme annoncé depuis bien longtemps sur ce blog, M. Hollande a été réélu. Ce non-événement, médiatisé à outrance durant ces deux derniers mois, laisse à nouveau la place à ce qui nous intéresse : la débâcle programmée du système.

Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore observé, la correction boursière a débuté. Le SMI a déjà abandonné 5%. Qui n’est pas prêt à le voir chuter d’encore 15% devrait s’abstenir sous peine de passer de mauvaises nuits. En effet, devant l’incertitude politique croissante de l’Europe, je crains que l’ensemble des actions de sauvetage ne repose plus que sur les seules banques centrales. Notre bonne vieille Europe apparaît plus que jamais complètement éclatée, avec des divergences de vue qui s’accentuent. M. Hollande apprendra très vite (d’ici à l’été) qu’il existe un fossé entre ce qu’il pensait pouvoir accomplir et ce qu’il pourra effectivement mettre en œuvre. Le voilà à la place de la marionnette, dansant dans l’arène tant que ses maîtres le voudront.

Pour en revenir aux banques centrales, et particulièrement à la BCE, elles poursuivront immanquablement l’impression de monnaie rendant plus vraisemblable que jamais la mise en place d’un QE3. Elles ne peuvent plus faire autrement et leur marge de manœuvre n’est de loin pas épuisée. L’impression de monnaie, lisez notre lente agonie, se poursuivra encore longtemps. Lire la suite →

C’est plus grave que ce qu’on vous dit…

« C’est plus grave que ce qu’on vous dit… mais on peut s’en sortir » est un petit livre de Pierre Larrouturou dont le but est de provoquer un sursaut en disant la gravité de la crise et en proposant des mesures pour sortir de la confusion. Crise sociale, crise financière, crise écologique, crise démocratique… dans tous ces domaines nos sociétés approchent d’un point de rupture, d’un point de non retour. Après trente ans de laisser-faire, après cinq ans de crise financière, nous arrivons à un moment crucial !

Pierre Larrouturou est l’un des rares économistes à avoir annoncé la crise financière et prévu la rechute de 2012 quand beaucoup affirmaient que le plus dur était passé. Il nous explique que :

«Plutôt que de s’attaquer aux racines de la crise, plutôt que de changer radicalement un système économique que tous disaient vouloir transformer de fond en comble, nos dirigeants ont continué la fuite en avant, en remplaçant la «transfusion» de dette privée par un transfusion de dette publique. Mais jusqu’à quand cette fuite en avant est-elle possible? »

Laroutourou nous montre qu’une autre politique est possible en mettant en débat 15 mesures d’urgence que le prochain président français devrait mettre en oeuvre dès les premières semaines de son mandat s’il ne veut pas se faire papandreouiser. Lire la suite →

L’impasse totale

| Billet invité | Les uns après les autres, les États qui ont décidé d’instaurer des mesures d’économies afin de balancer leur budget en font le constat. Cela ne marche pas. La réponse à la crise financière de 2008 n’est pas appropriée, que ce soit pour la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Italie, l’Espagne et récemment l’Angleterre. Le fait que cette dernière ne soit pas dans la zone Euro n’y change rien. La bonne vieille méthode de la planche à billets n’apporte pas non plus d’effet significatif. Une bulle de liquidités oui, mais qui ne sert à rien, car non absorbée par l’économie réelle qui n’en a pas besoin.

Les États-Unis commettront-ils la même erreur ? Les Républicains, qui défendent mordicus l’instauration d’une politique budgétaire restrictive, vont au devant d’un été particulièrement chaud. Défendre une vision qui est en train de plonger l’Europe non plus en récession, mais en grave dépression, deviendra un exercice périlleux. M. Obama peut se réjouir. Ses adversaires se seront coulés tout seuls sans qu’il n’y soit pour quoi que ce soit.

Que se passera-t-il en Europe ? La situation est la suivante : des États surendettés sont maintenus sous perfusion grâce aux gigantesques émissions de dette souscrites en grande partie par des banques-poubelles qui elles-mêmes ne fonctionnent plus que grâce à la politique accommodante de la BCE. De ressources il n’y a plus. De budgets équilibrés il n’y a plus. Restent les dettes étatiques qui augmentent sans cesse, le revenu des travailleurs qui stagne, les impôts qui augmentent et l’épargne qui ne rapporte plus rien. Lire la suite →

 
velit, felis elit. Sed sit consectetur