Pourquoi le marché immobilier suisse éclatera

| Billet invité | Les Suisses ont la mémoire courte, quand ça les arrange ! Il y a environ 25 ans naissait en Suisse une bulle immobilière qui a coûté énormément d’argent. Des banques ont fait faillite, d’autres ont été sauvées in extremis par l’État. Quant aux propriétaires de l’époque, bon nombre d’entre eux se sont retrouvés dessaisis de leur bien. Certains ont fait faillite. D’autres ont dû se serrer la ceinture parfois sur une période de plus de 10 ans afin d’honorer leurs annuités.

Les responsabilités de l’époque étaient bien entendu partagées. Les banques n’hésitaient à réévaluer les biens immobiliers. Elles profitaient de l’occasion pour inviter les propriétaires à s’endetter encore plus pour financer l’achat d’autres biens. Les clients, heureux qu’on leur offre ainsi de l’argent sans avoir rien demandé, n’hésitaient ainsi pas à mener grand train de vie. Et puis un jour tout s’est arrêté. Les taux hypothécaires ont augmenté, le marché immobilier s’est retourné, les banques ont révisé à la baisse la valeur des maisons, puis ont révisé et adapté les conditions d’octroi des hypothèques.

Aujourd’hui, je suis surpris de lire les similitudes à cette période agitée de l’Histoire helvétique. Les prix ne cessent d’augmenter. Dans certaines régions de Suisse, autour des lacs et en Valais en particulier, les prix se sont éloignés dangereusement de toute décence. Et que font certains banquiers ? Ils démarchent activement les propriétaires actuels en leur proposant des hypothèques supplémentaires à des taux historiquement bas. Que font les propriétaires ? Ils acceptent avec joie la manne offerte et utilisent l’argent quasi gratuit mis à disposition pour, entre autres, financer l’achat de nouveaux biens immobiliers. Lire la suite →

Avis à la population !

Coluche: avis à la population

À quand un QE3 ?

| Billet invité | La bourse s’est parée de son plus bel habit. Le ceinturon est soigneusement bouclé et les gros souliers l’aideront à ne pas trop décoller dans les virages. Car les montagnes russes, c’est pour maintenant !

Dans un de mes précédents billets, j’avais annoncé les besoins de refinancement des banques et États européens à couvrir d’ici au 30 juin prochain. La perfusion, alimentée par deux opérations distinctes de la BCE, se trouve à présent vide. Question : comment boucler le trou béant qui s’étend jusqu’au 30 juin ? Cela fait déjà une semaine que les taux d’intérêts sont repartis à la hausse, tant pour l’Espagne que l’Italie. Et il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Plus d’argent à disposition, aucun investisseur assez casse-cou disposé à acheter des titres de dette sur des États en quasi faillite, donc les taux montent.

Du côté des USA, on se tâte. L’économie va « trop bien », bien que le taux de chômage soit encore beaucoup trop élevé, pour que la FED ne lance un QE3. Et il y a les élections en fin d’année. Faut-il encore actionner ce levier cette année encore ? Les USA recherchent à tout prix l’inflation (même Paul Krugman l’écrit noir sur blanc dans sa dernière chronique du Herald Tribune), celle censée leur permettre d’alléger leur dette. Mais le feront-ils ? Peut-être y seront-ils contraints si la BCE passe à l’action. Ou plutôt, cela leur donnerait un nouveau prétexte pour l’actionner. Lire la suite →

A la poursuite de l’irréel…

| Billet invité | Je n’ai pas l’habitude de réagir à chaud sur les événements. J’estime ce qui suivra suffisamment grave et significatif pour y apporter quelques commentaires.

Hier, les bourses ont chuté. Rien d’anormal sur un marché redevenu venteux. Que l’Espagne commence à peiner pour emprunter n’est pas une surprise non plus. M. Draghi, qui il y a quelques semaines indiquait réfléchir à un abandon progressif des mesures extraordinaires, fait marche arrière. Rien ne va comme il l’espérait. Il se rend simplement compte que les 1’000 milliards d’Euros déversés par la BCE n’ont servi à rien d’autre que de masquer la crue réalité durant quelques mois. La perfusion ne contient dorénavant plus rien. Les pays sont à nouveau livrés à eux-mêmes sur les marchés de la dette. Cela indique simplement que les taux de leurs emprunts vont à nouveau augmenter significativement ces prochains mois. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on est surendetté ?

Mais ce qui m’effraie particulièrement est la prise de conscience que nos marchés ne réagissent plus normalement. Ils sont malades, dirigés et animés par des courtiers malades qui ont perdu toute notion de bon sens. New York s’est également repliée hier. Non pas en raison du repli des marchés européens, mais en raison des minutes de la FED. Les commentaires sont pourtant réjouissants. L’économie américaine se porte bien. Les signes de croissance sont encourageants. En pareille situation, nous ne pouvons que nous réjouir de l’évolution de son économie. Les courtiers jugent au contraire que la situation n’est pas bonne pour la bourse. Ces derniers attendaient au contraire une économie en berne et espéraient que la FED souhaiterait une nouvelle fois intervenir et faire tourner la planche à billets, donc inonder à nouveau le marché de liquidités abondantes et gratuites. Lire la suite →

La bourse et la vie…

| Billet invité | Tiens, le chômage augmente encore dans la zone Euro, au plus haut niveau depuis 15 ans. Aucun doute possible, on s’en approche, du bord du précipice. Je le répète inlassablement depuis 2008, l’Occident va se casser la figure. D’abord l’Europe, ensuite les Etats-Unis. Dois-je rappeler que le scénario européen mis en place depuis 2008, par ailleurs complètement lacunaire, est basé sur une composante trop souvent passée sous silence : la croissance ! L’Europe a besoin de croissance pour espérer s’en sortir. Pas de sortie de crise sans croissance…

De cela il n’y a rien. Au contraire, qui dit chômage en augmentation dit peuple que se sert la ceinture et donc qui ne dépense pas. Qui dit chômage dit aussi investissements en berne du côté des entreprises. Sans croissance, quel entrepreneur prendra le risque d’investir alors qu’il devra peut-être prochainement licencier ? La crise européenne, gérée de cette manière, ne peut conduire qu’à l’apocalypse. Et l’an prochain, ce sera au tour des Etats-Unis de se serrer la ceinture. Pour eux, cela risque même d’être encore un peu plus compliqué car ils se verront confrontés en plus à une valeur dont ils ignorent plus ou moins tout : l’humilité ! Se familiariser avec elle n’ira pas forcément de soit. Lire la suite →

 
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