Les temps sont durs…

Les temps sont durs actuellement. Pas en bourse puisqu’il ne se passe strictement rien, mis à part le prix du baril qui s’installe gentiment en-dessus de $50. Mais si les temps sont durs, c’est parce que je souffre d’un mal sournois. Je n’arrive pas à me coucher le soir, ni à me lever à une heure potable le lendemain matin. L’un ne va pas sans l’autre et je fais tout le contraire de mes habitudes, un peu comme la bourse quoi… La bourse? Son issue est très incertaine et pour le moment, je dis bien pour le moment, elle n’a pas encore intégré ni compris que la lente remontée des taux est enclenchée. Personne n’y croit vraiment et pourtant elle se trouve juste au coin de la rue. L’inflation titube encore aux States mais elle revient gentiment, comme chez les british d’ailleurs, qui pensent encore à tort que la chute de la livre n’est pas encore intégrée dans le prix des biens importés. Alors c’est encore poussif, mais je pense pouvoir dire que nous assisterons graduellement à une remontée homéopathique des taux. Donc taux en hausse = juste pas bon pour la bourse. Mais par contre plus d’affaires pour les banques qui vont enfin pouvoir gentiment refacturer des taux exorbitants à leurs tondus, tout en ne baissant naturellement pas leurs frais de gestion. La grande question que je me pose, c’est le volume de la masse monétaire. Je ne lis rien là-dessus. Pour le moment, personne ne bouge la voilure, et surtout pas notre Hedge Fund BNS qui enflamme le marché américain en achetant à tour de bras des actions. Quelqu’un peut me dire ce qu’achète la BNS? Quelqu’un peut me dire qui contrôle M. Jordan et consorts?

La vérité est qu’on ne veut pas contrôler les banques centrales. Si on se met à faire ça, on est foutu! Elles sont libres de faire la pluie et le beau temps, d’imprimer des billets tout chauds pour acheter ce qu’elles veulent, n’importe où sur cette planète et quand bon leur semble, sans que personne n’ait quoi que ce soit à dire. Elles ont l’impunité totale, même celle de posséder un bilan à capital négatif. Donc les marchés sont à leurs bottes. Et comme elles communiquent leurs actions de manière hyper transparente, vous pouvez toujours vous brosser et repasser un autre jour! Personne ne saura jamais rien.

Où tout va devenir intéressant, c’est de voir comment se comportera Draghi, lui qui a une guerre de retard sur les States. Ce serait vraiment très rigolo d’écouter Draghi nous dire qu’il pense remonter les taux au vu de la « bonne santé économique » de la zone euro. S’il fait ça, il n’a plus qu’à s’acheter une île perdue et ne plus jamais en sortir sous peine de se retrouver tout nu en plein Francfort, surtout s’il se rend chez les pestiférés du Sud. Ce serait encore plus rigolo si Sieur Mario nous disait qu’il soupçonne une « inflation naissante » pour justifier une remontée des taux. Là encore c’est guillotine assurée devant le pas de porte de Versailles. Que fera Draghi? Toute la question est là. Gérer une distorsion grandissante avec les Américains pendant quelque temps en espérant que l’euro corrige à la baisse? Possible mais de loin pas sûr. Etonnant de constater le cours de l’EUR/USD à 1.10 ces jours…

Yellen peut monter ses taux. Il y a suffisamment de monde pour acheter les bons du Tresor et l’économie américaine semble suffisamment résiliente pour absorber une hausse des taux qui je le rappelle, même s’ils montent un peu, restent à des niveaux ridiculement bas. Tout ceci me fait aussi dire que les banques centrales ne feront rien pour retirer leurs billes des bourses. Elles ne peuvent se le permettre et doivent soutenir les cours, ce qu’elles font depuis des années d’ailleurs. Leurs économies respectives ne doivent, ne peuvent pas dérailler, et ce avant plusieurs années. Je ne vois donc toujours pas les bourses baisser, ni monter d’ailleurs. Elles doivent rester là-haut, scotchées au plafond, ou à terme s’envoler. Et peut-être bien que les banques centrales profiteront d’un emballement soudain et d’un retour plus ou moins normal du niveau des taux pour enclencher un brutal retrait massif de leurs avoirs, pour enfin réussir ce qu’elles rêvent de réussir: la destruction éclair des liquidités excédentaires qui souillent les marchés et ainsi pourvoir réduire de facto la masse monétaire. Tout le monde parle du krach qui ne vient jamais. Et si c’étaient finalement les banques centrales qui l’orchestraient un jour?

Prédire tout cela, c’est à peu près aussi certain que de se demander combien Messi marquera de goals cette saison. Pour le moment il en marque, et Barcelone a encore fait 3 points hier soir…

 


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