Esprit contrariant… vraiment?

Ce billet se veut une parfaite provocation et c’est voulu. Reste que les propos tenus sont absolument pensés, au risque de me faire plein de copains. C’est assumé. Notre monde fustige absolument tout. On cherche absolument à protéger tout et rien. Prenez les emplois par exemple. En Suisse, on s’insurge contre la disparition progressive des caissières au profit des boîtiers très sexy qui vous permettent de scanner vous-même votre marchandise. On s’insurge contre les constructeurs de voitures qui utilisent dans chaque atelier des robots. On s’insurge encore devant le processus de disparition progressive des banquiers qui sont de plus en plus remplacés par des algo qui gèrent tout seuls votre portefeuille de titres. Est-ce un mal? Mais vraiment?

Prenez une caissière. Mais qu’y a-t-il donc d’intéressant à vous farcir des clients qui n’en ont strictement rien à faire de vous et qui vous balancent des marchandises sur un tapis roulant. Idem dans les fabriques de voitures. C’est cool vous trouvez de vous coltiner des portières hyper lourdes à bout de bras? Et les banquiers parlons-en tiens donc. De toute façon ils vivent très mal leur job. Pour tenir le coup, ils devraient rester réveillés 24/24, surveiller le monde entier, bousiller leurs nerfs et bouffer du Prozac pour tenir le coup quelques années avant qu’on ne les envoie sur un alpage pour compter les pâquerettes et les loups qui passent.

Le robot est bon! L’évolution est bonne. Uber? Up-in-the-Air breakfast and bed? C’est cool aussi. Mais le monde peine à s’habituer. Que d’inutiles luttes pour tenter de vouloir s’adapter… au passé. En Suisse on n’est pas trop mal avec ça. Aux States aussi. Les pays du Nord de l’Europe sont champions du monde (en Suède il n’y aura plus de stations-service dans 10 ans qui vous permettront de faire le plein car tout simplement la voiture au diesel qui sent bon y sera interdite). La Chine quant à elle a pris conscience que si elle continue à tout foutre en l’air, son pays ressemblera à un no man’s land. Elle y travaille. Les cultures bio fleurissent à grande vitesse. Mais que dire des autres pays? En France par exemple… c’est la catastrophe. Si on pouvait se passer d’ordinateurs et revenir au char attelé on le ferait. Et on faucherait les champs à la main.

Tesla? La voiture autonome? Alors là joker car tout ce qui est relié à un ordinateur est piratable. Et si ce n’est pas piratable aujourd’hui ce sera demain. Le plaisir de conduire reste un plaisir pour bon nombre d’entre nous. Je ne suis pas certain que cette évolution soit du goût de tout le monde. En tout cas moi par exemple je tire un petit parallèle avec le pain. Je regretterais beaucoup de ne plus pouvoir faire mon pain à la main, parce que j’aime cela. Et pourtant les robots qui vous mélangent ingrédients et qui vous cuisent votre pain tout seul avec de la croûte trop épaisse existent depuis des décennies. Reste le plaisir de pétrir qui reste. Et faire mon pain à la main reste un privilège pour moi.

Vous pouvez encore prendre l’exemple des fitness qui ne cessent de se propager partout. Les investissements réalisés par ces derniers sont colossaux. Regardez la progression des coaches qui ne cessent d’augmenter. On crée des emplois ET on bourre les salles de machines qui vous aident à ressembler à Muscle-or. Bientôt, on aura un coach pour à peu près tout ce qu’on fait. A quand les psys dans les fitness ou « coaches mentaux » pour vous inviter à vous dépasser?

On crée tout le temps. Le monde du travail évolue et j’en suis heureux. Il est réjouissant que l’être humain délaisse peu à peu tous les jobs idiots qui existent encore et qui n’apportent rien, mis à part vous permettre de vous occuper à ne pas penser. Qui aurait plaisir à remplacer un tunnelier et à creuser une galerie sous les Alpes au pic?

L »être humain doit s’adapter. Plus des professions disparaissent, plus d’autres voient le jour. Ce qui empêche un grand nombre d’entre nous de retrouver du travail, c’est parce que nous nous accrochons à ce qui ne sera plus jamais. Le Monde doit encore trouver une solution quant à la répartition des richesses. A quand un robot pour pomper automatiquement le fric là où il se trouve afin de financer les apprentissages des métiers de demain?

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