Der Zug läuft wieder…

Je me rappelle comme si c’était hier de la pandémie boursière liée aux technos. C’était il y a 20 ans. Et alors que tout le monde broyait du noir – c’était une époque où je portais encore une cravate – mon directeur nous avait réuni. Il nous expliquait que nous devions recontacter nos clients afin de faire du courtage. Sauf que je me reprenais banane sur banane car mes clients avaient perdu beaucoup d’argent en bourse. Et les news de l’époque étaient très sombres. On se demandait qui allait encore faire faillite et jusqu’où cela irait. On se demandait si l’économie mondiale était menacée, si la récession serait sévère. On se disait encore – ou « déjà » c’est selon – que l’endettement était à son comble, que de toute façon les banques centrales étaient cinglées d’inonder le monde de liquidités. Ça, c’était en 2000. Me reste cette phrase de mon boss de l’époque qui nous avait dit en Suisse allemand: « Pour celles et ceux qui ne l’ont pas remarqué, le train roule à nouveau… » En clair, il nous disait que le pire était passé et que c’était LE moment pour revenir dans les marchés. Et il avait raison.

Aujourd’hui nous sommes en 2020 et la pandémie est différente. Mais on se pose exactement les mêmes questions: qui sera encore debout après la crise ? Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on nous dise combien de morts il y a, que le chômage va exploser à la hausse, que la récession sera terrible, avec à la clé un PIB en baisse de 10% et un taux de chômage qui oscillera entre 1 et 100%. C’est vrai qu’à lire comme ça ça fout les jetons ! Mais… et il y a un mais… la bourse est repartie ! Comme d’habitude l’Europe peine à suivre les USA. Mais de l’autre côté de l’Atlantique c’est différent. Les Américains sont habitués à plonger, à faire faillite, à souffrir. Mais ensuite ils renaissent très vite, aussi vite qu’ils sont tombés. Ils ne sont pas comme les Européens, à pleurnicher, à attendre que le Gouvernement intervienne autrement. Ils savent que pendant quelque temps ils sont en survie, ne pouvant compter que sur leur peau pour survivre. En Europe, vous faites faillite et cela vous colle à la peau toute votre vie. On vous le ressortira à chaque apéro. Aux States, on vous encouragera à recommencer.

Alors je ne dis pas qu’un nouvel épisode de baisse n’aura pas lieu. En fait il y a en souvent un dans ces phases de sortie de crise où on se refait le feuilleton « je panique bis ». Mais les marchés sont repartis. Ils anticipent déjà la suite, la reprise des activités, avec à la clé un effet de levier jamais vu de par son ampleur: l’argent gratuit des banques centrales. Où ça nous mènera ? Aucune idée. Mais d’ici à ce qu’on meure tous, les marchés vont monter et reprendre le bull-market qui n’avait toujours pas, à mon sens, vécu sa pleine phase d’exubérance typique d’une fin de cycle. Alors techniquement je sais que je suis faux. Lorsque les marchés plongent ainsi, on parle de bear-market. Mais à y regarder de plus près, je parlerais plutôt d’un flash-crash. Et d’ici à quelques années, lorsque l’on regardera les graphiques, on se dira peut-être que cette brusque baisse des marchés n’aura été qu’anecdotique.

C’est en 1987 que j’ai vécu mon premier crash. Et à l’époque vous saviez ce qu’on disait ? Que l’on ne s »en remettrait jamais…

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