La danse du croque-mort

| Billet invité |   Rien ne sert de vous presser. Au rythme où vont les choses, l’Europe et les États-Unis s’acheminent non pas vers un risque d’inflation, mais de déflation. Les banques centrales sont prêtes à lancer le prochain quantitative easing, soit le fameux QE3, si besoin. Les signaux proviennent de partout à présent. Même le FMI a décidé d’en faire sa chaleureuse promotion de l’été. Et B. Obama ne s’en plaindra pas. Un peu de stabilité à la veille des élections américaines sera la bienvenue. C’est pourquoi la bourse sera bonne cet automne. Les Européens sont suffisamment critiqués par oncle Sam pour risquer de les agacer plus qu’il n’en faut.

Je parlais de déflation. Il ne peut en être autrement. Les politiques d’austérité lancées ne peuvent mener qu’à cela: une baisse généralisée des prix. En lançant une énième impression de monnaie sensée tout résoudre (mais surtout acheter un peu de temps), le ballet des guignols qui dirigent ce monde n’en sera que plus tourbillonnant. Qui joue à chat perché? Lorsque les États sont aux abois et qu’ils ne peuvent plus se refinancer, ils font appel à leurs propres banques. Comme elles n’ont pas de sous, elles en appellent à la générosité de leur banque centrale. Et la banque centrale imprime les billets… C’est simple non? Et que se passe-t-il lorsque les banques n’ont plus assez d’argent? Elles en appellent aux États… Que du bonheur! Dans une danse macabre, chacun entretient à tour de rôle son partenaire mortuaire, en parfaite harmonie et avec la bénédiction de tout le gratin mondial des croque-morts qui laissent faire.

Reste que la « politique de croissance » souhaitée par les politiques (n’est-ce pas M. Hollande ?) n’existe que dans leurs rêves. Les dettes sont là et tout est mis en place du côté des États pour non seulement ralentir la croissance, mais également pour plumer leurs sujets via une myriade de taxes. Tout ceci ne mène qu’à un endroit: la récession. Et la récession engendre la déflation. Aussi n’achetez pas aujourd’hui, ce sera moins cher demain. Mais réfléchissez-y bien quand même, car demain, rien ne nous dit que vous serez capable de l’acheter! Les plumes ne repoussent pas si vite…

La suite ? L’Italie et l’Espagne font encore les fiers à bras. Leur effondrement est malgré tout programmé. La fierté complètement déplacée manifestée par MM Rajoy et Monti rend au moins service à quelqu’un. Peut-être seront-ils invités par M. Hollande d’ici à quelque temps. Car pour l’instant, c’est bien lui qui rigole. On ne parle pas encore de la France.


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