Death march to nowhere

La belle saison sera particulière cette année. Vous aimez nager ? En lieu et place de la mer, ce sera plutôt dans un océan de liquidités que l’on s’apprête à pouvoir exercer notre brasse. Globalement les marchés se sont repris, reprenant peu à peu leur marche en avant, avec toujours une volatilité aussi calme que les eaux d’un océan tumultueux au bas d’une falaise. Les titres qui sont se sont fait massacrer, scalper, bousiller, reprennent du poil de la bête. J’en veux pour preuve les assurances. Des SwissRe, Helvetia, SwissLife remontent comme des bouchons. Tout le monde a eu très peur que les assurances doivent passer à la caisse et pas qu’un peu. Or il n’en est rien. Comme bien souvent, les assurances prévoient tout, surtout lorsqu’il s’agit de se prémunir de risques. En général c’est écrit tout en bas des conditions générales, en caractères lisibles Arial 6. Le mot « épidémie » figure bien dans les risques couverts, mais pas les « pandémies ». Il paraît que c’est différent. Comme presque toujours, les assurances se débinent, au grand désarroi du peuple, mais au grand bonheur des actionnaires. En termes de finance et comme toujours, nous sommes tous égaux. Entre actionnaires bien entendu.

Ensuite comment ne pas parler des morts ? Le virus continue ses ravages et aucun signe pour le moment d’une quelconque accalmie, sauf en Europe où la courbe commence à s’aplanir. Aux States, qui je le rappelle devait selon Trump ne pas trop sentir la pastille, c’est la cata. On empile les morts, ou on les étale c’est selon, un peu partout. Tout partout où un endroit réfrigéré se trouve. Les écureuils de Central Park ont également dû s’adapter puisque des tentes poussent comme des champignons. Pas sûr que le ravitaillement auquel ils sont tant habitués soit au rendez-vous. A la place de biscuits et raisins, c’est plutôt un virus qu’on leur sert pour les quatre heures.

Du fond de ma cuisine j’écris cette chronique. Je n’échappe pas non plus au confinement décrété. Et plus les jours passent et plus je prends conscience que demain ne sera plus jamais pareil. Éradiquer le virus est un leurre jusqu’à ce qu’un vaccin soit trouvé. Nous devons apprendre à vivre avec. Pour les vivants, un autre monde se dresse devant nous. Un monde où nous devons déjà aujourd’hui apprendre à vivre avec. Une fois la pandémie sous contrôle, rien ne permet de dire que le monde repartira dans ses travers. Les voyages, c’est terminé et pour longtemps. Des mesures protectrices seront mises en place sur toute la planète et nous devrons réapprendre à vivre plus simplement, autour de chez nous, chacun dans notre pays. Ceux qui n’ont pas intégré cela souffriront. Ceux qui auront compris cela trouveront leur quotidien goûteux en devant se contenter de plaisirs simples. Ceux qui nous invitent à nous recentrer, à faire avec ce qui se trouve de mieux dans ce qui sera, comme prendre le temps de rendre visite à nos proches, plutôt que de prendre des nouvelles entre deux avions en envoyant un texto avec des bisous-cœur.

En attendant que le monde panse ses plaies je continue de rester bullish. L’océan de liquidités déversé dans les marchés et le crédit gratuit ne peuvent conduire au collapse. En tout cas pas maintenant. Les investisseurs patients, qui choisissent bien leurs titres, verront leur patience récompensée il ne peut en être autrement. Comment choisir un titre ? Je ne déroge jamais à mes principes. Connaître la société dans laquelle vous investissez. Comprendre ce qu’elle fait. Choisir une société qui recentre ses services ou biens produits sur la base. Choisir une société suffisamment grosse afin de ne pas risquer de se retrouver en panne d’acheteurs si une dégringolée devait survenir. Les sociétés en question n’ont pas forcément besoin d’être riches à milliards. Prenez un titre tout « bête », Jungfraubahn. Cette société gère toutes les installations qui mènent à la Jungfrau, dans un panorama splendide. Actuellement tout est à peu près fermé. Mais un jour, les touristes reviendront ! Et cette société, qui investit énormément dans son développement et entretien de ses installations, qui fonctionne toute l’année, n’a pas un franc de dette.

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