Ah la belle époque…

| Billet invité | Le boom économique suisse reste sans précédent. Le pays vit quasiment une situation de plein emploi, alors que partout autour de nous le marasme économique sévit. Les femmes, appelées à la rescousse afin de palier le manque de main d’œuvre, prennent de plus en plus leur place dans le monde du travail et occupent désormais divers échelons hiérarchiques. La Suisse a besoin de toutes les forces vives pour digérer le surplus de travail. Les heures supplémentaires ne se comptent plus. Conséquence directe, l’organisation familiale est progressivement adaptée. La garde des enfants devient un enjeu crucial. Car qui dit parents au travail dit aussi absence de ces derniers au domicile familial.

Ainsi avons-nous créé et mis en place l’école à journée continue. Les parents qui le souhaitent peuvent ainsi déposer leur progéniture entre 6h30 et 18h30. Ainsi peuvent-ils pleinement se concentrer sur l’essor économique de notre nation. En plus de l’enseignement, du personnel spécialisé s’occupe non seulement de garantir un approvisionnement en nourriture mais aussi d’accompagner l’enfant dans la rédaction de ses devoirs.

Tout cela vous est-il familier? Une impression de déjà vu? Le parallèle est saisissant entre la période que nous vivons actuellement et celle que nos ancêtres ont vécue au début des années 1900. Car les lignes antérieures ne décrivent pas la situation actuelle, mais la période précédant la 1ère guerre mondiale!

Mes précédents billets évoquent vers quoi nous tendons d’un point de vue économique: l’effondrement programmé du système. Aussi renoncerai-je à répéter ce que je martèle à titre privé depuis 2008, sur volte-face depuis bientôt un an. Je consacrerai donc les lignes qui suivent à la catastrophe sociale qui nous pend au nez.

Quid de nos enfants? Nos bambins sont pris en charge toujours plus tôt dans leur vie, sacrifiés qu’ils sont par le rythme de vie effréné que nous menons. Sauront-ils gérer le monde que nous leur laisserons? Peu à peu, l’éducation est reportée sur de tierces personnes. Les enfants sont toujours plus tôt formatés, « éduqués », drillés à fonctionner et à performer. Sommes-nous entrain de mettre au monde la future génération de tyrans de l’Histoire? Comment auront-ils vécu leur « placement »? Auront-ils reçu l’amour nécessaire qu’un enfant est en droit de recevoir abondamment de ses géniteurs?

Tant de questions qui restent sans réponse et dont nous n’avons aucune expérience de notre vivant. Mais si l’on se retourne en direction des années 1900, il faut bien reconnaître que la suite pourrait furieusement ressembler à un copier-coller de cette époque.

L’avenir de nos enfants? Leurs parents (donc nous…) se seront tués au travail. Pour leur laisser quoi? Une Suisse entourée de pays en décrépitude, bardés de conflits sociaux, avec des hordes de jeunes au chômage qui n’ont plus aucun espoir ni aucune perspective. La suite s’écrira tôt ou tard. Vous et moi la vivrons ensemble, malheureusement. Nous remettrons-nous à cultiver nos champs et à protéger nos frontières?


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