A la leçon de gym

La souplesse n’a jamais été mon fort. J’ai toujours détesté les leçons de gymnastique à l’école. Je me rappelle les profs qui nous faisaient régulièrement faire des jeux débiles ou tenter de nous transformer en champions des barres parallèles. Et pourtant 35 ans plus tard, alors que ma souplesse légendaire s’est bien entendu follement améliorée, le monde merveilleux de la finance me fait revivre ces putains de leçon de gym!

Deux théories sont valables aujourd’hui. Et pour bien les comprendre, il y a lieu de constater que les marchés se sont mis en mode gymnastique, ou plutôt s’essaient au grand écart. D’un côté, vous avez les marchés US qui sont tout rouges, et d’un autre côté vous avez les marchés européens qui n’en ont rien à battre. Comment comprendre cela? La première théorie, c’est que les Européens auraient enfin décidé de se concentrer sur leurs propres marchés, et non plus simplement décider de faire comme les Ricains. J’en doute un peu. La deuxième théorie, c’est de se dire que les Européens ont toujours du mal à réagir. Car de toute l’Histoire, ce sont toujours les States qui donnent le « la ». Et l’Europe réagit souvent bien plus tard. A voir si la tendance se poursuit.

On prend les paris? Trop tôt pour le dire. Prédire si la distorsion constatée actuellement durera s’apparente à tenter le grand écart à froid. Prédire quoi que ce soit en reviendrait encore à rejoindre les stratèges qui prédisent que le baril ira à 300 dollars (un coup sûr comme d’habitude). On est rassuré de lire pareilles âneries, surtout que le baril devait aller à 10.

En attendant vous pouvez continuer à dormir tranquille et à laisser les choses se faire. Les rendements sont ce qu’ils sont, parfaitement risibles. En revanche et c’est à prévoir, un prix du baril où il se trouve actuellement se reflétera tôt ou tard dans les prix. Donc inflation ahead! Et là il sera intéressant de voir ce que les banques centrales feront, elles aussi en mode grand écart puisque la FED continue à resserrer son jus de citron alors que la BCE continue à tout racheter sur le marché tout en laissant ses taux à pas de taux.

La période que nous vivons est intéressante. On se pose des questions. Un peu comme de savoir qui de Liverpool ou le Real sera sacré. On se trouve juste en plein match de foot. Et en foot, tout est possible, sauf s’il s’agit de faire faire le grand écart à un vétéran. Swatch s’envole et Roche a fini par sortir d’hibernation. Et pour ceux qui en doutaient, les résultats du T1 sont globalement excellents. Le secteur pétrolier est littéralement en feu et il n’est pas trop tard pour y parquer l’argent qui dort sous votre matelas. Et si vous voulez tenter un quitte ou double, essayez Tesla, qui pour moi reste un « quitte ».

Quant aux monnaies ràs, si ce n’est de constater que le franc suisse a laissé sa place aux autres monnaies dans les top pick. Ça fait du bien! Et là je ne pense pas seulement à Swatch qui comme plein d’autres entreprises vont engranger de solides bénéfices ces prochaines années. On a beau reparler de bear market qui devrait revenir un jour. Je ne vois toujours pas cela, même si les taux remontent encore un peu. Ce qui fera dérailler ce bull market historique, qui dure depuis 10 ans, ce sera la dette. Impossible de dire à quel point précis le retour s’opérera. Mais un jour il faudra payer le prix de tout ce pognon amassé à crédit. Les boîtes rachètent leurs propres titres en s’endettant. La plupart des Etats continuent à profiter des taux zéro. Mais un jour la musique s’arrêtera.

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