Archives pour mars, 2021

Jusqu’ici ça va, sauf pour les puces

Depuis quelque temps on parle beaucoup des rendements américains, qui sont passés de la mort clinique à l’effervescence, carrément. Rendez-vous compte, on flirte juste en-dessus de 1.5%. C’est vrai qu’écrit comme ça ça fout les jetons c’est terrible. Derrière cette peur d’une hausse des rendements se manifeste la crainte du retour de l’inflation, que l’économie s’enflamme tout à coup, que la reprise soit si brusque qu’on n’arrive plus rien à contrôler. Alors c’est possible. Je me réjouis d’un jour où nous referons des kilomètres de bouchons juste pour nous garer devant un hypermarché en France, ou chez Ikea. Enfin il y en a certainement qui se réjouissent de cela pendant que je serai forcément ailleurs. En fait, on a simplement peur d’une envolée de l’activité qui ferait grimper les prix au ciel. Donc inflation qui fait bobo. Donc taux et rendements en hausse. Et si taux en hausse on se retrouvera très vite à se demander comment les gouvernements feront pour assumer le service de leur dette, dette qui bien entendu demeure très insignifiante – se pincer pour ne pas rire – si menue qu’elle ne sera jamais remboursée.

Mais il y a un mais. Et un GROS mais. Et ce « mais » personne ne le maîtrise, sauf les Chinois. Il s’agit des semi-conducteurs, sujet qui devient très tendance semaine après semaine. Merkel, Biden et d’autres ne savent plus comment faire, notamment pour leur industrie automobile. Les carnets de commande sont pleins mais ils ne vendent pas car ils ne peuvent pas livrer. Il manque des puces… et des puces, les voitures en sont truffées, notamment avec le besoin croissant des batteries pour alimenter ce fameux marché des voitures électriques, ce marché de niche dont l’ensemble des constructeurs semble penser que là se trouve l’avenir. VW a d’ailleurs effectué semaine dernière une annonce spectaculaire de développement du tout électrique, avec de belles images futuristes, qui semblent avoir convaincu les investisseurs. L’évolution du titre depuis l’annonce ressemble à s’y méprendre au décollage d’une fusée de Space X. Pendant quelques instants on a failli oublier le sujet phare – toujours les puces – pour mieux se concentrer sur du rêve. Lire la suite →

A toute vapeur vers le néant

Écrire un billet devient de plus en plus difficile car relater ce que font les marchés depuis deux mois rendrait complètement fou le plus éclairé des psys. Les marchés sont entrés des deux pieds dans le monde merveilleux de l’euphorie, quoique. Si l’on prend les indices américains on peut penser que c’est le cas. Là-bas, dans le monde merveilleux des burgers, tout est permis, même les débilités. Certaines boîtes qui ne gagnent pas un péco font le yoyo à un rythme qui rendrait le saut à l’élastique aussi vibrant qu’une partie de Monopoly qui dure 4 heures. A n’y rien comprendre. Il y a toute une série d’hurluberlus qui jouent à se faire peur, en joignant leurs forces, en se mettant tous en même temps à parier sur des titres qui ne valent rien. Alors ça marche pour certains, pour d’autres pas. Je rappelle à tout hasard qu’acheter haut et vendre bas ne fonctionne pas. Et je rappellerai en plus que ce genre « d’activité » finit toujours mal.

En Europe c’est tout autre. On regarde ce qu’il se passe de l’autre côté de l’Atlantique et… on regarde. On ne fout strictement rien, ni en Suisse d’ailleurs. Le SMI reste scotché depuis je ne sais combien de mois dans un range de quelques centaines de points. Certains secteurs profitent pleinement, comme les assurances, avec un effet de rattrapage. La pandémie ne fait pas vraiment partie de leurs risques et les marchés semblent gentiment intégrer cela. Les fameux caractères écrits en Arial 2 au bas des polices ont encore de beaux jours devant eux. Avec les assurances c’est toujours pareil. On paye des primes et lorsqu’on a une crise, un sinistre, on découvre alors avec horreur que les assureurs ont tout prévu pour au final ne jamais passer à la caisse. Lire la suite →