Archives pour mars, 2020

Comme toujours on n’a rien vu venir

Les crashs annoncés, ça n’existe pas. Rien ne nous laissait supposer que ce virus mettrait à terre l’entier de la planète en quelques semaines. Comme en 2008 avec les subprime, on a tout d’abord complètement minimisé, pour ensuite s’avouer que oui, problème il y avait. Et là c’est tout pareil. Tout d’abord quelques problèmes en Chine, ensuite ailleurs. Les marchés ? En chute libre. New York a encore perdu 10% la nuit passée. Même si la crise est grave, même si les conséquences sur l’économie seront sévères, même si les pertes humaines ne sont pas à négliger, il me semble pourtant que tout est complètement exagéré. Complètement disproportionné lorsque je vois les sanctions sur les marchés. On est devenu complètement débile !Tout y passe. Les bonnes sociétés, la base, se font laminer comme toutes les autres, notamment celles qui ne servent à rien, comme Netflix. Et cela est complètement irrationnel. Un peu comme lorsqu’on constate qu’un orage va arriver et qu’on déciderait de faire appel à l’armée immédiatement pour dresser une tente de secours bourrée de solutions de désinfectants au cas où.

Ce qui me choque un peu dans ce que l’on vit, c’est l’importance que l’on donne au non-essentiel. C’est-à-dire toute l’industrie du divertissement, et particulièrement le sport (qui est devenu un divertissement), ou encore les voyages non essentiels. Lorsque nous vivons pareils événements, on se rend compte à quel point on est complet à côté de nos baskets. Du sport, on s’en fout en pareilles circonstances. Cela remet un peu l’église au milieu du village, même si je déteste les églises. Nous sommes un peu ces enfants de 4 ans à qui on retire un joujou à deux balles et qui vous pètent un plomb en plein milieu d’un magasin. Eh oui Liverpool sera champion d’Angleterre ce soir puisque tout sera annulé.

Cette crise, ascendante, non encore véritablement matérialisée (on est ko debout), offrira je l’espère énormément d’opportunités. Le retour au Bio, au commerce local, à l’épicerie de quartier, ça c’est l’avenir. Produire et manger local. Peut-être saisira-t-on l’opportunité de nous dire que les fraises en plein hiver en provenance de je ne sais où, eh ben ça suffit. Que c’est un non-sens. Peut-être apprendra-t-on également que tout vouloir, à tout moment, en toutes saisons, n’est pas quelque chose de viable sur le long terme, et qu’il n’est pas nécessaire de devoir envoyer du Pet en Inde par tanker qui pollue écologique. Peut-être réapprendra-t-on ce que le mot « privation » voudra dire. Peut-être se rendra-t-on compte que notre comportement dicté par le « tout, tout de suite » n’est qu’un accident temporel de l’Histoire et qu’il est grand temps de nous recentrer. Peut-être voudra-t-on bien se rendre compte que l’Humanité doit s’arrêter pour réfléchir, développer autre chose, réduire ses attentes, consommer moins, voyager moins. Ça c’est le message que le virus nous transmet. En revanche pas sûr que tout le monde capte bien ce qu’il se passe. Lorsque je vois les préoccupations des entraîneurs sportifs pour la saison prochaine, je me dis qu’on a encore du chemin à faire. On s’entraîne cet été ou bien ???

En 2008, les banques centrales avaient fait le job. Elles avaient permis de répondre au monde car il s’agissait d’un élément avant tout financier. Mais là elles ne peuvent juste rien. L’effet FED, BCE ou BNS, juste nada. La crise sanitaire est au-delà de cela. Et de toute façon, la BCE ne sert à rien en temps normal. Peut-être encore une nouvelle occasion de se rendre compte que l’Europe telle qu’elle fonctionne… ne fonctionne pas. Hier soir le Roi a parlé et c’était complètement délirant. Ce virus a au moins cela de bon. Les débiles qui se cachaient et passaient encore incognito ne peuvent plus cacher leur incompétence.

Les crashs ont cela de bon: c’est les soldes ! C’est la très bonne nouvelle avant le week-end. Nestlé ne vendra plus jamais rien, puisqu’ils nous vendent à manger et à boire. Novartis et Roche ne vendront plus jamais aucun médicament. Plus personne n’achètera une belle Omega. Plus personne non plus n’assurera sa voiture contre un accident. Et bien entendu, plus personne n’achètera jamais un nouveau téléphone portable !

Et soudainement la résurrection… déjà.

C’est absolument splendide. Vendredi j’écrivais encore que ce sont toujours les États-Unis qui donnent les premiers les signaux et j’aurais bien aimé me tromper. Mais non ça marche à tous les coups. Hier soir, explosion à la hausse à Wall Street et les marchés pédalent comme des fous aujourd’hui pour rattraper le retard.

La panique liée au virus est DÉJÀ en train de devenir banale. Bientôt, il y aura tant de cas sur toute la planète que tenter de les suivre deviendra aussi simple que de tenter de comprendre la politique sportive du FC Sion. Le temps des emplettes est déjà revenu, même si les banques centrales n’ont encore rien dit et qu’il n’y a aucune confirmation tangible, mesurable, d’un retour à la normale. Lorsque ces éléments nous seront connus, ce sera déjà trop tard. Les marchés anticipent toujours ce genre de choses car nous sommes des parieurs. Nous achetons l’incertitude et vendons la certitude. En revanche le temps des emplettes dans les magasins ça prendra encore un peu de temps. Certains magasins on-line manquent de tout et leur « offre » fait peine à voir. Preuve s’il en est de la panique complète qui a régné ces derniers 10 jours.

La baisse brutale, complètement irrationnelle, sera suivie d’une hausse tout aussi brutale. Il y a plein de gars qui doivent se refaire, ceux qui ont vendu comme des sacs alors que tout dégringolait. Et il y a les autres qui n’ont absolument rien fait et qui ont laissé faire, avec la certitude que tout redeviendrait tôt ou tard comme avant. Lire la suite →

On jette tout, même ce qui est bon

Les marchés continuent de dévisser. C’est simple, avec les mesures prises par les gouvernements il ne peut en être autrement. Tout devient compliqué quand on interdit aux entreprises de fonctionner normalement. Le coup d’arrêt s’annonce brutal, avec des chiffres au T1 qui seront forcément abominables. Et pas dit qu’on se relève si vite cette fois-ci car la correction est brutale. Deux trimestres à croissance négative et l’on parlera déjà de récession, avec les banques centrales qui n’ont plus aucun pouvoir cette fois-ci. Racheter toutes dettes émises était simple, comme de baisser les taux. Mais face à l’angoisse de l’éradication de la race humaine, là je ne vois pas en quoi Mme Lagarde pourrait bien rassurer.

Il s’agit du 6 ou 7ème jour de baisse. Et à coup de 3-4% chaque jour ça descend vite. Le krach tant annoncé depuis tant d’années est peut-être en train de se produire, même si je continue à penser que tout est exagéré et que pour dire vrai je n’en crois rien. Mais au rythme où cela se déroule, on risque bien de nous offrir une pelle et pioche, aux vivants je dis, pour nous remettre à cultiver nos jardins puisqu’on nous interdira bientôt d’aller faire nos courses au supermarché. Toute la marmaille y passe actuellement. Il n’y a aucun titre qui résiste à cette déferlante. Les pires titres et les meilleurs sont unis dans la glissade vers les abîmes. Lire la suite →

 
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