Archives pour mars, 2019

L’avenir reste impossible à prévoir.

Emettre des prévisions : tout le monde aime ça ! Vieux comme le monde, le métier de liseur d’avenir envoûte celles et ceux qui s’y frottent. Qui n’a pas lu comme petite annonce : « Amour, retour de l’être aimé, fortune, guérison de toutes les maladies… ». Alors perso, moi j’aime bien aussi y aller de mes propres prévisions. Et pourtant je suis comme tous les autres, je n’y vois à peu près rien. Je devine, je me raccroche à ce que je crois comprendre.

Le problème, quand par chance on prédit une fois quelque chose de correct à un moment donné de sa vie, on se dit par la force des choses que l’on possède cette qualité innée de deviner juste. Prenez Roubini, ou Faber, ou le mec qui a fondé Pimco. Tous ont vu juste avant 2008. Mais depuis 2008, leurs prévisions sont catastrophiques. A présent, c’est au tour de tous ceux qui avaient prédit que Trump serait destitué après le rapport Mueller de se faire hara kiri. Or il n’en est rien. Le rapport sonne creux. En clair, le papier rédigé par l’ancien boss du FBI trouvera sa meilleure utilité dans l’allumage de votre cheminée. La suite ? Un grand classique comme après un match de foot perdu 2-1 où l’entraîneur vous explique en conférence de presse que sans la sortie d’untel, d’un carton rouge qui n’en était pas un, qu’en raison du pénalty si évident mais non sifflé par un arbitre aveugle…. Ben à la fin le match est quand même perdu. Place donc à ceux qui ont la dent dure et qui vont ramener leur science, critiquer le rapport. Ils chercheront ce qu’il manque, expliqueront que certains sujets brûlants n’ont pas été abordés suffisamment en détails, chercheront à créer des commissions d’étude du rapport. Bref, de mauvais perdants. Démocrates en tête. Lire la suite →

The wall… Made in Japan… EnglishXIT…

Tout d’abord une excellente nouvelle pour le titre. UBS révise ses résultats 2018 à la baisse de 400 millions. Comme c’est facile je trouve. Rien que ça. Le motif ? « Provisions pour casseroles futures même si incertaines ». Alors pour justifier cela c’est très simple. Tout d’abord vous prenez une armée de types surpayés qui vous passent au crible tout un tas de scénarii possibles. Ensuite vous convoquez le réviseur et vous lui soumettez le rapport de 437 pages qui décrit de quelle manière vous « valorisez » les risques futurs éventuels. Et comme personne n’y comprend rien, comme personne ne peut prédire l’avenir, vous sortez un chiffre. Ça aurait pu être 10 millions, ou 1 milliard. Mais 400 millions c’est bien. Pas 399 ou 401. C’est 400 qu’il ont trouvé. Il n’y a plus qu’à prendre acte. Et le fisc helvétique de se réjouir.

Ensuite l’actualité nous apprend que les Anglais ont décidé de ne rien décidé, comme prévu, pour mieux reporter la décision de ne rien décider. Mais de sûr d’ici le 30 juin tout ira mieux. Un vieux dicton dit que le temps fait bien les choses. Ce dicton s’applique à condition que certains paramètres évoluent. Dans le cas présent, je ne vois pas bien ce que ça changera. Barnier est usé et il y a de quoi. Pas sûr qu’un plat de fish & chips offert à Bruxelles change quelque chose.

Le Japon lutte depuis 403 ans pour lutter contre la déflation. La plan Abenomics a permis à ce pays, qui tient en équilibre sur une pyramide à rebours, de ne pas sombrer dans l’océan. La bonne nouvelle ? Les taux restent au plancher, la planche à billets continue de tourner à plein régime. La mauvaise nouvelle ? L’économie qui ne fonctionne qu’aux stéroïdes marche encore moins bien. Qui osera un jour décréter que rechercher de la croissance ne sert plus à rien ? Constantin rappelle de temps à autre qu’un con qui marche ira de toute façon plus loin dans la vie qu’un intellectuel qui reste assis. Pour faire simple, je dirai simplement que le 99,9% des gens écoutent régulièrement le président du FC Sion. Sauf que dans notre monde, c’est justement le 0.1% qui a raison. Avancer comme on le fait, chercher à mieux s’essouffler pour rechercher de la croissance qui n’existe plus, c’est choisir d’être un con. Lire la suite →

Le messie a frappé

Je ne sais pas vous mais plus je lis ce qu’il se passe, moins j’en pense quelque chose tant les comparaisons que l’on tire de ce que l’on croit comprendre sont complètement disparates. Vous me permettrez donc de faire les miennes tant ce que je lis me hérisse les poils. Il n’y a qu’à voir la corrélation évidente entre les motifs de hausse des marchés et le Brexit, car hier encore c’était espoir de yes au Brexit. Enfin jusqu’à hier soir où la nouvelle est vraiment tombée. Les marchés montent sur rien, s’appuient sur des cannes virtuelles nommées rumeurs pour justifier la valorisation des titres. Boeing se fait laminer sur… sur quoi ? On ne sait rien des deux crashs qui ont eu lieu. Et peut-être qu’on ne le saura jamais. Mais le titre s’en prend plein les gencives. Un achat pour les plus courageux. Car en y réfléchissant bien, je ne vois pas trop les pontes du tourisme mondial décréter que dorénavant c’est le bateau à voile qu’il convient de privilégier.

Autre comparaison débile mais cette fois c’est la mienne. Cristiano Ronaldo s’élève dans les airs plus haut que tout le monde pour marquer de la tête. C’est sans doute pour cette bonne raison que les hypothèques se souscrivent dorénavant à moins de 1%… sur 10 ans ! En clair, plus Ronaldo saute haut et marque, plus les taux baissent. Reste que le sujet m’interpelle – pas Ronaldo qui marque – mais les taux. On n’a jamais été aussi bas. Et au 30 juin, je parie ma chemise que le taux de référence pour la fixation des loyers baissera encore. On est à 1.5%. On sera à 1.25%. La suite ? Je ne serais pas du tout surpris que l’on vive un jour l’absurdité totale. On délire ensemble ? Peut-être qu’un jour, si on emprunte dans une banque, c’est la banque qui nous paiera des intérêts. Idée saugrenue ? Peut-être. Mais peut-être pas. Nous vivons dans un monde de débile avec une dette ingérable. Et personne ne sait plus comment s’en sortir. Lire la suite →

Scoops à gogo sinon rien

Le monde merveilleux de la finance a cela de bon et ce depuis bien trop longtemps : il ne se passe juste rien. Scruter les charts et écouter les commentaires avisés de « ceux qui savent » est tout aussi intéressant que de rester planté dans une gare à regarder les trains passer. C’est chiant à mourir. Surtout qu’à cette période de l’année les quais sont plutôt venteux et déprimants. Et comme les Schwimmbad de chez Starbucks sont toujours aussi chers ça n’est pas pour arranger nos affaires.

J’ai beau chercher je ne vois pas ce que je pourrais vous raconter mis à part vous dire ce que j’ai déjà écrit. J’ai mieux à faire. Et vous mieux à faire que de lire mes âneries et qu’il ne se passe rien. Trump et les Chinois continuent de discuter mais rien ne transpire. Mme May ira encore une fois se faire dézinguer devant le Parlement concernant le choix de Brexit or not. Comme c’est passionnant. L’Europe continue de naviguer à vue et entre peu à peu en récession généralisée. Les perspectives de croissance sont bousillées de semaine en semaine et on s’achemine vers un délicieux breuvage au goût de café pas frais de la veille. Ça fait assez chenis de concevoir qu’on n’y est pas du tout, qu’on fait complet fausse route, qu’on sombre à nouveau, que la période qui se dessine s’apparente plutôt à du connu. Car faire la planche dans un bassin, sans jamais donner un coup de nageoire ni en avant ni en arrière, sans personne pour nous servir un cocktail de toute façon trop cher… Mais comme cette perspective est palpitante. Lire la suite →

 
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