Archives pour octobre, 2016

Les temps sont durs…

Les temps sont durs actuellement. Pas en bourse puisqu’il ne se passe strictement rien, mis à part le prix du baril qui s’installe gentiment en-dessus de $50. Mais si les temps sont durs, c’est parce que je souffre d’un mal sournois. Je n’arrive pas à me coucher le soir, ni à me lever à une heure potable le lendemain matin. L’un ne va pas sans l’autre et je fais tout le contraire de mes habitudes, un peu comme la bourse quoi… La bourse? Son issue est très incertaine et pour le moment, je dis bien pour le moment, elle n’a pas encore intégré ni compris que la lente remontée des taux est enclenchée. Personne n’y croit vraiment et pourtant elle se trouve juste au coin de la rue. L’inflation titube encore aux States mais elle revient gentiment, comme chez les british d’ailleurs, qui pensent encore à tort que la chute de la livre n’est pas encore intégrée dans le prix des biens importés. Alors c’est encore poussif, mais je pense pouvoir dire que nous assisterons graduellement à une remontée homéopathique des taux. Donc taux en hausse = juste pas bon pour la bourse. Mais par contre plus d’affaires pour les banques qui vont enfin pouvoir gentiment refacturer des taux exorbitants à leurs tondus, tout en ne baissant naturellement pas leurs frais de gestion. La grande question que je me pose, c’est le volume de la masse monétaire. Je ne lis rien là-dessus. Pour le moment, personne ne bouge la voilure, et surtout pas notre Hedge Fund BNS qui enflamme le marché américain en achetant à tour de bras des actions. Quelqu’un peut me dire ce qu’achète la BNS? Quelqu’un peut me dire qui contrôle M. Jordan et consorts?

La vérité est qu’on ne veut pas contrôler les banques centrales. Si on se met à faire ça, on est foutu! Elles sont libres de faire la pluie et le beau temps, d’imprimer des billets tout chauds pour acheter ce qu’elles veulent, n’importe où sur cette planète et quand bon leur semble, sans que personne n’ait quoi que ce soit à dire. Elles ont l’impunité totale, même celle de posséder un bilan à capital négatif. Donc les marchés sont à leurs bottes. Et comme elles communiquent leurs actions de manière hyper transparente, vous pouvez toujours vous brosser et repasser un autre jour! Personne ne saura jamais rien.

Où tout va devenir intéressant, c’est de voir comment se comportera Draghi, lui qui a une guerre de retard sur les States. Ce serait vraiment très rigolo d’écouter Draghi nous dire qu’il pense remonter les taux au vu de la « bonne santé économique » de la zone euro. S’il fait ça, il n’a plus qu’à s’acheter une île perdue et ne plus jamais en sortir sous peine de se retrouver tout nu en plein Francfort, surtout s’il se rend chez les pestiférés du Sud. Ce serait encore plus rigolo si Sieur Mario nous disait qu’il soupçonne une « inflation naissante » pour justifier une remontée des taux. Là encore c’est guillotine assurée devant le pas de porte de Versailles. Que fera Draghi? Toute la question est là. Gérer une distorsion grandissante avec les Américains pendant quelque temps en espérant que l’euro corrige à la baisse? Possible mais de loin pas sûr. Etonnant de constater le cours de l’EUR/USD à 1.10 ces jours… Lire la suite →

Je suis un âne, tu es un âne!


Parfois mon âme s’évade, dans un entre-deux-mondes dont personne ne voit ni la suite, ni la finitude. Un monde dans lequel mon regard interrogatif et attristé ne peut s’empêcher d’y voir une décadence profonde. Un monde dans lequel un grand nombre d’entre nous recherche l’approbation de l’autre dans tout ce qu’il entreprend, et qui en même temps souhaite vivre de manière complètement indépendante, sans se soucier de l’autre. Un monde dans lequel on aime bien écouter l’autre, pour soulager sa propre conscience, et en même temps sans s’en préoccuper vraiment. Un monde dans lequel on pense être bien informé grâce aux multiples sources d’informations instantanées, et en même temps où on s’intéresse à rien sauf à sa petite personne. Un monde où le bonheur individuel de l’apparence prime par rapport à son propre intérieur. Un monde dans lequel on pense communiquer grâce aux réseaux sociaux en étalant un bonheur de façade, alors qu’en réalité l’être crie sa douleur. Un monde dans lequel le temps n’a plus d’emprise, où l’on cultive l’activité à outrance pour paraître dynamique, et en même temps un monde où chacun rêve d’avoir davantage de temps à soi. Un monde où le culte de la beauté du corps prend un essor phénoménal via les salles de gym, alors qu’en même temps l’intérieur crie d’en être réduit à boucler son ressenti. Un monde dans lequel on dit se soucier de l’avenir des enfants, alors qu’en même temps on entreprend absolument tout ce qui est possible pour leur expliquer qu’on n’a pas de temps pour eux.

Je suis un âne, tu es un âne. C’est le théologien Anthony De Mello qui écrivait cela il y a très longtemps dans son livre « Quand la conscience s’éveille ». Nous sommes des endormis qui pensons pourtant être éveillés. Nous sommes des ânes qui suivons le mouvement sans réfléchir. Nous sommes des ânes qui, en raison de notre étourdissement et notre éblouissement, pensons qu’en étant connectés 24h/24 nous parviendrons à trouver la paix de l’âme en nous sentant moins seul. Nous sommes ces parents inconscients qui, en pensant certainement bien faire, choisissons d’abrutir nos enfants lorsqu’ils s’ennuient où qu’ils nous empêchent de « faire » en les occupant devant un écran, avec bien entendu la louable intention de les divertir de manière intelligente. Nous sommes des ânes qui poursuivent cette marche endormie vers l’inconscience, l’absence de compassion, et en maintenant la violence nourrie par notre propre vide émotionnel comme carburant quotidien.

Are You Lost In The World Like Me?

Are You Lost In The World Like Me est la dernière chanson écrite par l’activiste éclairé qu’est Moby. A ma manière et bien modestement, je me joins par ces lignes au clip qui vient de sortir que j’encourage à visionner. Un regard froid et noir sur la société dont personne ne semble vouloir prendre conscience. Un regard lucide qui contredit la pub, les messages d’espoir ironiques des politiques, un regard qui bousille le progrès technique représenté par les charlatans de rêve connecté. Un regard puissant sur la face extérieure joviale de personnes, partagée au monde entier, alors que l’intérieur reste le berceau de la solitude, de la perdition et d’une tristesse abyssale. Un regard qui invite tout un chacun à prendre conscience de ce qu’il fait, des valeurs qu’il véhicule, de l’usurpation que chacun fait de son propre isolement. Lire la suite →

Un métier à fourrer à la cave… pour sûr!

Les journées, les semaines, les mois… que dis-je… les années se ressemblent et ne passionnent… bip…bip…bip… ça passionne encore quelqu’un la bourse? Peu importe les nouvelles économiques. Peu importe ce que nos banquiers centraux font. Peu importe encore ce que les politiques font (comme Hollande qui reste toujours aussi charismatique et d’ailleurs il faut profiter car il s’en va déjà bientôt c’est très triste), tout le monde s’en fiche complètement. Si vous avez courageusement acheté le SMI début mai 2013, et que pendant ce temps vous avez suivi tous les cours d’économie appliquée (même ceux pour les nuls) que vous voulez, le constat du jour est qu’aujourd’hui, donc en ce moment même, si vous décidiez de revendre le SMI votre gain comptable s’élèverait très précisément à CHF 0.00. Et ça ce n’est pas de la théorie, mais de la vraie pratique, dans la vraie vie trépidante de tous les jours du monde de la finance. Les marchés ne foutent juste rien et c’est à en pleurer. Même Samsung qui se pète la figure n’y change rien. Même l’annonce du fameux tremblement de terre qui engloutira toute la Californie un jour (on en parlait déjà abondamment en 1991 lorsque j’y apprenais l’anglais) n’y fait rien. Même l’annonce de la BNS, qui ressemble toujours plus à un Hedge Fund, qui imprime désormais des billets juste pour acheter des actions américaines n’y fait rien non plus. Ah oui il y aurait encore « juste » la Deutsche Bank… Mais là non plus, rien n’y fait. Les marchés pioncent, les devises stagnent (ok sauf la Livre qui joue au yoyo) et… Ah oui reste l’or… L’or qui devrait une fois, un jour, peut-être, enfin refléter le monde de dupe dans lequel on vit, une sorte d’illusion qui nous ferait presque croire que oui, le monstre du Loch Ness existe vraiment mais qu’il est parti de son pays natal et qu’il nage actuellement quelque part dans un lac en Ontario.

Tous ces éléments, tous ces non-événements, toute cette foutaise de marchés financiers m’amène à dire que le métier le plus pourri du monde devient sans conteste le métier d’analyste. Quelle chute! Car il y a quelques années, les analystes, les chartistes étaient écoutés, respectés. Ces personnes étaient capables de lire l’économie, de prendre des décisions, d’investir, de tirer des parallèles. Et maintenant? Regardez à quoi le métier d’analyste en est réduit. Cette semaine, il y a Charles Evans qui s’est exprimé. Evans est sûrement un bon type, accessoirement président de la FED de Chicago, mais qui ne vote pas cette année (donc en fait il sert à quoi ce mec???). Et ce monsieur s’est exprimé officiellement en disant je cite: « Une hausse des taux en décembre ne serait pas une surprise ». Ouaaah j’en suis complètement ébahi quand le lis la puissance des mots utilisés. Mais le pire reste à venir. C’est que ces propos ont été rapportés par un monsieur dont il faut vous souvenir: M. Ozkardeskaya. C’est un type qui bosse pour London Capital Group. Vous vous rendez compte à quoi ce mec en est réduit? Car vous avouerez que c’est hyper jouissif de pouvoir colporter de tels propos. Lire la suite →

A quand les road trains sur nos routes?

Ça fout les jetons en ce moment. J’ai beau chercher quoi écrire il n’y a rien. Juste rien du tout. Les indices sont scotchés au plafond et y restent bien que Deutsche Bank fasse quelque peu frémir les marchés. Ça fait 8 ans qu’on parle du risque systémique de Deutsche Bank et de ses 32’792 litiges à régler durant les 237 prochaines années. Alors pour du neuf, on repassera. Cette banque, c’est de la daube de première et tant que les taux ne repartent pas, on la laissera pourrir ainsi sans changer quoi que ce soit. En fait la Deutsche Bank c’est comme un ballon plein d’eau que vous tenez entre vos mains. Tant que vous le tenez ça ne mouille personne.

Nos banques à nous les Suisses, banques qui vivent d’activités saines et qui ne spéculent pas donc qui sont complètement indépendantes de Deutsche Bank, elles se portent hyper bien. Pour suivre le cours des deux grandes banques c’est simple. Elles sont à CHF 13.00 et des poussières toutes les deux. C’est désespérant et ça reflète toute la confiance que les « investisseurs » ont dans ces deux mastodontes. Quant à la Livre Sterling elle revient à nouveau à son niveau post annonce vote traumatique Brexit. Depuis juillet, elle se balade entre 1.24 et 1.30 contre CHF. Cool pour tout le monde car c’est le moment d’aller à nouveau faire ses emplettes autour de Big Ben ou de racheter Chelsea. La vie là-bas devient cheap et je me demande encore pourquoi les réfugiés continuent de vouloir absolument s’y rendre depuis Calais. Alors bien sûr la Livre qui se fait défoncer est bonne pour l’économie locale. Mais à ce rythme, il n’y aura plus beaucoup de British dans les avions pour acheter des tikets round the world. Bientôt, ce seront les étudiants indiens et chinois qui viendront faire une année sabbatique et s’acheter des voitures toutes pourries pour visiter l’ile sous la flotte. Lire la suite →