À quand un QE3 ?

| Billet invité | La bourse s’est parée de son plus bel habit. Le ceinturon est soigneusement bouclé et les gros souliers l’aideront à ne pas trop décoller dans les virages. Car les montagnes russes, c’est pour maintenant !

Dans un de mes précédents billets, j’avais annoncé les besoins de refinancement des banques et États européens à couvrir d’ici au 30 juin prochain. La perfusion, alimentée par deux opérations distinctes de la BCE, se trouve à présent vide. Question : comment boucler le trou béant qui s’étend jusqu’au 30 juin ? Cela fait déjà une semaine que les taux d’intérêts sont repartis à la hausse, tant pour l’Espagne que l’Italie. Et il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Plus d’argent à disposition, aucun investisseur assez casse-cou disposé à acheter des titres de dette sur des États en quasi faillite, donc les taux montent.

Du côté des USA, on se tâte. L’économie va « trop bien », bien que le taux de chômage soit encore beaucoup trop élevé, pour que la FED ne lance un QE3. Et il y a les élections en fin d’année. Faut-il encore actionner ce levier cette année encore ? Les USA recherchent à tout prix l’inflation (même Paul Krugman l’écrit noir sur blanc dans sa dernière chronique du Herald Tribune), celle censée leur permettre d’alléger leur dette. Mais le feront-ils ? Peut-être y seront-ils contraints si la BCE passe à l’action. Ou plutôt, cela leur donnerait un nouveau prétexte pour l’actionner.

Si la BCE devait passer le cap d’un 3ème QE, ce serait encore une fois pour acheter du temps. Un nouveau QE européen aurait le mérite de masquer une énième fois le fait que les États n’arrivent plus à se refinancer sur les marchés et de repousser le problème à 2013, pour sûr. Seule certitude : en 2013 ce sera pire. Pourquoi ? Car l’Europe aura plongé en récession et les États-Unis seront au bord de l’asphyxie. Ce sera à leur tour de se plonger sur leurs comptes…

Si mon scénario devait se préciser, tout serait ensuite réuni pour assister à une montée de la bourse digne…des montagnes russes ! Imaginer cela n’est pas sorcier. Il suffit de s’imaginer un ballon gonflé à bloc par de l’argent gratuit. Ce qui sera en revanche bien plus délicat pour les « investisseurs », ce sera de ne pas rater la sortie. Car la sortie risque de s’apparenter à un free fall digne d’un concepteur de… montagnes russes.

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