La Grèce sort de la zone Euro

| Billet invité | Tout est orchestré de main de maître depuis trois ans par la troïka : la sortie programmée de la Grèce de la zone Euro. A en devenir imbuvable, le discours politique n’a pas dévié. La troïka aura donc tout tenté, à l’insu de son plein gré. Elle aura entrepris tout ce qu’elle pouvait pour aider la Grèce à s’en sortir en la mettant non seulement sous tutelle politiquement mais également en la maintenant en vie grâce à une perfusion financière délibérément réglée. Cette dernière étant destinée à rendre ce pays particulièrement docile sous peine de sombrer dans le chaos.

Toutes ces savantes manœuvres n’auront servi qu’à une seule chose : préparer le choc de la faillite du pays, et surtout se laver de toute responsabilité. Les banques européennes auront donc eu tout loisir de ramener leurs créances à un montant supportable, je veux dire audible. Car lorsqu’on nous annoncera que la Grèce se trouvera véritablement en faillite, qu’elle sortira de la zone euro, le choc sera atténué par des discours politiques rassurants. On nous dira qu’en fait, les pertes liées à ce naufrage auront clairement été anticipées par les marchés et que les établissements financiers auront bien travaillé puisqu’ils seront en mesure d’absorber ce pseudo choc sans grands dégâts. La BCE pourra ainsi tranquillement valider ses opérations dites non conventionnelles.

Les dirigeants européens se dédouaneront complètement de cette action en nous indiquant ensuite qu’ils auront vraiment tout entrepris pour éviter cela et que la faute de cet échec ne peut être attribuée qu’aux dirigeants grecs qui n’auront pas su « régler leurs problèmes ». Lire la suite →

Ami boursicoteur…

| Billet invité | Comme annoncé depuis bien longtemps sur ce blog, M. Hollande a été réélu. Ce non-événement, médiatisé à outrance durant ces deux derniers mois, laisse à nouveau la place à ce qui nous intéresse : la débâcle programmée du système.

Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore observé, la correction boursière a débuté. Le SMI a déjà abandonné 5%. Qui n’est pas prêt à le voir chuter d’encore 15% devrait s’abstenir sous peine de passer de mauvaises nuits. En effet, devant l’incertitude politique croissante de l’Europe, je crains que l’ensemble des actions de sauvetage ne repose plus que sur les seules banques centrales. Notre bonne vieille Europe apparaît plus que jamais complètement éclatée, avec des divergences de vue qui s’accentuent. M. Hollande apprendra très vite (d’ici à l’été) qu’il existe un fossé entre ce qu’il pensait pouvoir accomplir et ce qu’il pourra effectivement mettre en œuvre. Le voilà à la place de la marionnette, dansant dans l’arène tant que ses maîtres le voudront.

Pour en revenir aux banques centrales, et particulièrement à la BCE, elles poursuivront immanquablement l’impression de monnaie rendant plus vraisemblable que jamais la mise en place d’un QE3. Elles ne peuvent plus faire autrement et leur marge de manœuvre n’est de loin pas épuisée. L’impression de monnaie, lisez notre lente agonie, se poursuivra encore longtemps. Lire la suite →

C’est plus grave que ce qu’on vous dit…

« C’est plus grave que ce qu’on vous dit… mais on peut s’en sortir » est un petit livre de Pierre Larrouturou dont le but est de provoquer un sursaut en disant la gravité de la crise et en proposant des mesures pour sortir de la confusion. Crise sociale, crise financière, crise écologique, crise démocratique… dans tous ces domaines nos sociétés approchent d’un point de rupture, d’un point de non retour. Après trente ans de laisser-faire, après cinq ans de crise financière, nous arrivons à un moment crucial !

Pierre Larrouturou est l’un des rares économistes à avoir annoncé la crise financière et prévu la rechute de 2012 quand beaucoup affirmaient que le plus dur était passé. Il nous explique que :

«Plutôt que de s’attaquer aux racines de la crise, plutôt que de changer radicalement un système économique que tous disaient vouloir transformer de fond en comble, nos dirigeants ont continué la fuite en avant, en remplaçant la «transfusion» de dette privée par un transfusion de dette publique. Mais jusqu’à quand cette fuite en avant est-elle possible? »

Laroutourou nous montre qu’une autre politique est possible en mettant en débat 15 mesures d’urgence que le prochain président français devrait mettre en oeuvre dès les premières semaines de son mandat s’il ne veut pas se faire papandreouiser. Lire la suite →

L’impasse totale

| Billet invité | Les uns après les autres, les États qui ont décidé d’instaurer des mesures d’économies afin de balancer leur budget en font le constat. Cela ne marche pas. La réponse à la crise financière de 2008 n’est pas appropriée, que ce soit pour la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Italie, l’Espagne et récemment l’Angleterre. Le fait que cette dernière ne soit pas dans la zone Euro n’y change rien. La bonne vieille méthode de la planche à billets n’apporte pas non plus d’effet significatif. Une bulle de liquidités oui, mais qui ne sert à rien, car non absorbée par l’économie réelle qui n’en a pas besoin.

Les États-Unis commettront-ils la même erreur ? Les Républicains, qui défendent mordicus l’instauration d’une politique budgétaire restrictive, vont au devant d’un été particulièrement chaud. Défendre une vision qui est en train de plonger l’Europe non plus en récession, mais en grave dépression, deviendra un exercice périlleux. M. Obama peut se réjouir. Ses adversaires se seront coulés tout seuls sans qu’il n’y soit pour quoi que ce soit.

Que se passera-t-il en Europe ? La situation est la suivante : des États surendettés sont maintenus sous perfusion grâce aux gigantesques émissions de dette souscrites en grande partie par des banques-poubelles qui elles-mêmes ne fonctionnent plus que grâce à la politique accommodante de la BCE. De ressources il n’y a plus. De budgets équilibrés il n’y a plus. Restent les dettes étatiques qui augmentent sans cesse, le revenu des travailleurs qui stagne, les impôts qui augmentent et l’épargne qui ne rapporte plus rien. Lire la suite →

La croissance … mais où et comment ?

| Billet invité | Tiens, ils s’y mettent tous comme de joyeux larrons en foire ! Banquiers et politiques disent à présent ensemble ce que les intervenants de ce blog disent depuis toujours : les politiques d’austérité mises en place nous mènent dans le mur. Dernier exemple en date : l’Angleterre. Et là c’est léger… car l’Espagne nous gratifiera de quelque chose de bien plus gratiné ces prochains mois.

Parlons un peu de la croissance qui semble être devenu comme par miracle LE sujet de discussion. Tout le monde parle de croissance, reléguant provisoirement le désendettement aux oubliettes. Oui les politiques ont raison : il faut de la croissance pour sortir l’Europe de son marasme. L’entier de leur scénario de sortie de crise a d’ailleurs été basé sur une croissance soutenue. Qu’avons-nous à la place ? La récession dans de nombreux pays. M. Draghi peut tout à fait se montrer sympathique lorsqu’il n’utilise pas la langue de bois. Il convient lui-même que même si le crédit se montre généreux et abondant, cela n’équivaut pas forcément à une croissance obligatoire.

A présent place à une petite équation toute simple mais à laquelle personne n’apporte de réponse. Comment voulez-vous demander aux gens de consommer davantage alors qu’ils gagnent toujours moins, que leur épargne est rongée par l’inflation et qu’en même temps les impôts augmentent ? Cela n’est pas possible. La solution n’existe simplement pas. Sinon, cela ferait longtemps qu’elle aurait été mise sur la table ! Mais qui osera dire cela ? Lire la suite →