Moins est parfois bien mieux que plus

Nous nous trouvons à l’aube d’un week-end pluvieux pour changer, puisqu’il fait moche depuis trop longtemps et que, à l’image de la bourse, rien ne semble vouloir changer au niveau météo. Finalement, choisir la profession de trader ou de météorologue, c’est à coup sûr d’opter pour un métier hyper chiant. J’aurais certes pu m’enthousiasmer cette semaine car les marchés ont quelque peu rebondi. Bonne chose pour tous ceux qui prédisaient le 3’278ème crash de l’année. Et comme d’habitude il ne s’est presque rien passé, mis à part le pétrole qui continue sa petite grimpée jusqu’aux… 20 dollars!! Rappelez-vous. C’était le target des experts il y a quelques mois encore. Choisir le métier d’expert? Ça c’est une bonne idée. C’est vivant et pas chiant comme météorologue. Mais si vous choisissez le métier d’expert, vous êtes obligés d’accepter qu’on se foutra de votre poire toute votre vie puisque vous vous tromperez toute votre vie aussi.

Mr Abe vient de clôturer le G7 au pays des vieillissants en nous annonçant une catastrophe planétaire car la croissance n’existe plus que dans le dictionnaire. Il a raison. Mais ce n’est pas la croissance qui est le problème, mais notre train de vie. Nous continuons de vouloir vivre en tenant compte d’une « croissance ». Nos budgets sont élaborés avec un + devant les revenus à encaisser. Donc ça doit croître! Et pour le moment, nous continuons de dépenser 2 francs alors qu’on en encaisse qu’un seul. Ça c’est con, vraiment très con. Et quand on voit le bordel qui se passe chez Flamby, on n’est pas sorti de l’auberge quand toute l’économie d’un pays s’arrête. Et que ça s’arrête maintenant n’est vraiment pas bon surtout quand on sait qu’en juillet et août toute la France se retrouve de toute façon à Grande Motte à ne rien foutre.

Je prends rarement en exemple un pays comme l’Italie mais là je ne peux pas faire autrement. Je pourrais bien entendu choisir de vous parler de Trump aussi mais il n’en vaut pas la peine. J’espère seulement qu’il deviendra président, juste pour voir le merdier que ça donnera. Donc l’Italie je disais, et l’Italie c’est Fiat. Sachez que je ne suis absolument pas fan d’automobiles et que je me fiche complètement des « progrès » que les constructeurs tentent de nous faire gober. Bientôt et à ce rythme-là, votre voiture devrait être à même de voler quand cela est nécessaire, le tout automatiquement bien entendu, et que vous n’aurez pas à devenir pilote puisqu’elle volera toute seule au-dessus des bouchons. Le progrès? C’est Fiat qui vient d’avoir le courage de le faire. Ils sortent la nouvelle Tipo. Et cette voiture, moitié moins chère que certaines allemandes, se veut une vraie révolution. Elle affiche tout le confort nécessaire mais se passe de toutes les « avancées technologiques » qui sont inutiles. Donc la voiture est bon marché. Elle ne vous parle pas. Elle ne fait pas de clin d’œil avec les phares lorsque vous vous approchez d’elle. Elle se laisse volontiers parquer selon vos désirs. Elle se laisse également volontiers conduire en vous déléguant complètement la responsabilité de la trajectoire et si vous jugez utile de freiner ou pas lorsqu’un peine-cul se trouve devant vous. Bref, c’est une voiture de notre temps, mais qui vous épargne le subtil cocktail technologique qui rend en général une bagnole très chère et que vous n’utilisez en général jamais. Car devoir s’arrêter pour consulter le mode d’emploi qui fait au moins 671 pages pour comprendre comment enclencher l’option qui vous réfrigère le siège et en même temps qui humecte vos pieds d’un petit brouillard à la senteur de lavande, ben c’est juste hyper chiant. Donc bravo Fiat!

Excellent week-end à vous et à la semaine prochaine.

 

Fish & Chips for everyone

Arrivé en fin de vie, nombre d’entre nous prennent le temps de se retourner sur leur vie. On se demande comment on a vécu. On se demande si on est parvenu à traverser l’existence en conscience. Et parfois, on se rend compte d’une chose qui fait mal: on se rend compte qu’en réalité on n’a pas vécu, que la sortie du lycée c’était hier et qu’en fait, on n’a pas vu grandir ses enfants, on s’est bourré aux amphétamines afin de tenir le coup au boulot et qu’en fait, on est passé à côté de tout! C’est en prenant conscience de cela qu’il est parfois bon de s’arrêter un peu, d’arrêter le temps qui passe, et de se demander à quoi s’intéresser à des sujets qui nous bouffent notre temps pour rien et qui nous détournent de l’essentiel.

La bourse, depuis 2009, c’est exactement cela. Il ne se passe juste rien. Les marchés sont montés, puis se sont littéralement englués au plafond, avec des variations dignes d’un ours en mode hibernation. En clair, si vous passez votre temps à suivre les marchés ou à écouter les politiques, vous perdez votre temps! Et ce temps passé à écouter toutes ces sottises ou à rester pour scruter Bloomberg, c’est du temps qui est purement gaspillé, comme par exemple suivre le feuilleton traditionnel de l’été. Non je ne parle pas des frasques de Britney Spears, mais bien de la Grèce. Encore une fois, des discussions pour rien. On va reparler d’un petit pays en faillite que l’on choisit de laisser en faillite et que rien ne fera renaître de ses cendres. Il parait que c’est politiquement incorrect de laisser la Grèce faire faillite. Comprendra qui pourra mais c’est ce qui est. On va prêter du pèze à la Grèce, sous la forme d’une « nouvelle tranche d’aide », juste pour rembourser une autre dette. Mais on s’fout de la gueule de qui avec c’bordel???

Poursuivez votre vie en donnant de l’attention à ce qui devrait l’être. Car actuellement, et depuis si longtemps, il ne se passe absolument rien sur les marchés. Juste les british qui sortiront de l’Europe, ou pas. Et là même ce n’est plus un sujet. Même pas un séisme. Juste rien. Cette question représente juste un écran de fumée pour nous détourner des vrais enjeux que personne ne veut aborder. Le vrai sujet? Cela reste la dette, une dette qui est devenue insupportable pour tout le monde, plus ou moins dans tous les pays. Une dette qui mange absolument plus et qu’on refinance à taux zéro en vase clos. C’est tout ce qu’ils ont trouvé ces brave gugus qui nous gouvernent. Ils ne font que tourner la dette, la faire rouler, tout en n’oubliant pas de clamer qu’ils… font quelque chose! C’est du n’importe quoi mais à un moment donné, il s’agit simplement de justifier sa fonction.

Prenez une couverture et allez vous installer confortablement dans la nature. Contemplez ce qui est réel et gratuit. Et débouchez une bonne bouteille de rouge tant en grignotant de bons fish & chips. Il vaut mieux cela que de suivre ce qui se passe. Car si ça se trouve on en sera encore là dans 20 ans. Sauf que dans 20 ans on risque tous d’être pauvres, vu que le travail ne rapporte bientôt plus rien, que les robots feront le boulot à notre place et que les marchés n’auront strictement rien foutu.

 

26 septembre 2011

Les semaines se ressemblent toujours plus. Et la seule chose à relever de cette semaine c’est que les analystes se sont à nouveau complètement broutés quant au comptage des barils de brut. C’est chaque fois pareil avec eux. Prédire les stocks de brut de manière purement arithmétique, c’est aussi certain que de tenter les jonquilles qui fleurissent dans les pâturages du Jura!

La bourse ne fait rien. Les monnaies ne font rien. Les taux ne font rien et sont teintés de rouge. La seule chose à relever, c’est le cours de Swatch qui se trouve au niveau du 26 septembre 2011. Les ventes de toquantes peinent toujours plus et on se rend compte gentiment que les Chinois n’en consomment plus comme avant. Frank Müller tente bien de se diversifier dans son immeuble à Hong Kong. En plus d’acheter une montre, vous pouvez à présent vous prélasser dans un fumoir ou un restaurant italien. Ç’est bon signe tout cela. Ça me rappelle le jour où les assurances ont voulu jouer à la banque et vice versa. Une « diversification » bienvenue dans un présent temps et ensuite on se rend compte que c’était une connerie précise, avec à la clé un « recentrage » des activités sur le métier de base. Tout un programme je vous dis. Nous en reparlerons quand l’horlogerie aura décidé de se lancer dans la conquête de Mars ou en construisant des yachts de luxe.

Je lis encore que les chiffres de l’Italie sont immondes. Ils sont en déflation et la croissance reste aussi dynamique que les activités d’un koala suspendu dans un eucalyptus en pleine fournaise australienne. Quant à la croissance européenne, très dynamique à 0.5%, je me fais un plaisir de vous livrer la citation suivante: « En raison de la clémence de la météo, l’investissement dans le secteur de la construction devrait avoir particulièrement progressé », a également commenté Johannes Gareis, de Natixis. Nous voilà sauvés. Les trimestres prochains seront à n’en pas douter exponentiels en raison du temps qu’il fait. Ce mec de Natixis ne doit pas savoir qu’en Suisse nous avons les Saints de glace et qu’il va neiger dans les Alpes. Ça lui apprendra à ne pas consulter la météo avant d’écrire de pareilles sottises.

Ensuite il y a les british qui sortiront de l’Europe, ou pas. Tout le monde en parle même Lagarde d’ailleurs. Dans un rapport publié, le FMI a estimé que le PIB britannique pourrait subir un manque à gagner compris entre 1,5% et 9,5% en cas de Brexit. Je suis content de lire cela. Cela m’encourage à reprendre les études et je compte réaliser plusieurs post-grades en économie appliquée ces 23 prochaines années. Je suis avide d’acquérir les connaissances qui me permettront à mon tour d’émettre des prédictions très précises.

En mode poisson frit

Beurk c’est tout pourri. Pas le temps donc, mais la bourse. Ça n’en finit pas de corriger. Les chiffres de la croissance européenne atteignent des sommets, c’est réjouissant. Mais pas dans le bon sens. 2016 sera une année à oublier, comme 2017, et comme les suivantes d’ailleurs. Les débats sur la fameuse « croissance » me passionnent d’ailleurs. Je suis estomaqué que l’on parle encore de cela. Car ce débat est clos depuis longtemps. Nos instances dirigeantes semblent pourtant vouloir beaucoup discuter, trouver des solutions, dénicher des compromis, prendre des mesures adéquates. Tous ces braves gens sont de bonne volonté. Le seul problème, c’est qu’ils abordent le mauvais problème. Un peu comme si vous aviez l’idée d’absolument vouloir faire pousser des carottes dans votre jardin en plein hiver à Zermatt. Rien ne sert de développer des engrais, des systèmes de chauffage au sol ou alors tenter d’inventer des graines magiques qui vous pondent une carotte en 30 minutes. C’est inutile.

Nous en sommes simplement là. Nous nous évertuons à vouloir considérer que la croissance repartira et que grâce à la planche à billets, au crédit gratuit, tout repartira bien un jour. Mais c’est impossible. Quel est le politique qui aura le courage d’annoncer un jour à la télé que tout cela est terminé? Quel est le politique qui osera dire qu’en raison des dettes abyssales, plus aucun Etat ne peut entreprendre de grands travaux? En plus regardez autour de vous. Les voitures sont construites par des robots. Nous remplaçons toujours plus les postes de travail par des machines et parallèlement, la redistribution des richesses ne se fait plus. En fait, c’est un peu comme si vous tentiez coûte que coûte d’allumer des feux d’artifice en étant immergé dans votre piscine. C’est simplement impossible.

Donc passons. Il n’y a rien d’autre à dire que cela. Les véritables remèdes se trouvent ailleurs. Et pour les trouver, il faudrait tout d’abord être décidé à vouloir bien accepter que nous parlons du mauvais sujet, et que par ricochet toutes les mesures introduites restent débiles. La première mesure à prendre? C’est rayer du vocabulaire économique le mot « croissance ». Ce mot ne veut rien dire à long terme. Nous ne pouvons que décroître car nous vivons bien en-dessus de nos moyens. Nous pillons la planète et nous achetons tout à crédit. Donc nous achetons la décroissance, qui se traduit depuis plusieurs années déjà par la stagnation que nous vivons. Alors quand je lis qu’on fait tout pour croître à nouveau alors que c’est l’inverse qui nous attend… A croire qu’on nous prend vraiment pour des poissons frits, bouche béante devant Dieu le père.

La « croissance » chinoise est également toute pourrie. Ça fait 14 mois que ça dure. Mais promis, c’est le mois prochain que ça changera. Et aux USA, la Maison Blanche pourrait bien se transformer en home médicalisé. Qu’il s’agisse de Donald-le-débile, du jeune Sanders ou d’Hillary dans ses magnifiques costumes bleus-abysse, il s’agira d’ouvrir une unité permanente de soins médicaux. Bon ok pour Donald il faudra aussi un psy peut-être… Et aussi une camisole de force afin qu’il n’ait pas la géniale idée d’appuyer sur un joystick pour envoyer un pétard en Corée juste pour voir ce que ça fait.

 

En mode poulpe

Comparer l’état de l’économie (ou Mme Yellen) à un poulpe n’est pas très flatteur. C’est juste une catastrophe ce qui se passe actuellement. On est juste complet aux fraises. Rien ne bouge, un peu comme un poulpe vautré au fond de l’océan et qui attend un banc de poissons pour se dégourdir un peu. C’est simple, il ne se passe juste rien sur les marchés. Juste l’or qui, après avoir un peu corrigé entre mi-mars et début avril, se remet gentiment mais sûrement sur le chemin de la hausse. Au niveau bourse pure, il n’y a juste rien à dire. Les taux restent en bas. Les marchés dorment. Et si quelqu’un menace sauvagement de faire bougeotter tout cela (comme Tsipras qui croit encore que le poids de la Grèce est important), le poulpe toujours tapi au fond de l’océan crache son liquide fumeux afin qu’on ne voie plus rien. Le poulpe? C’est Kuroda, Draghi, Jordan et Yellen réunis. Ils font tout pour nous enfumer, pour qu’on n’y voie rien. C’est LA tactique. Maintenir les marchés (et le monde) à flots sans que plus personne n’y comprenne rien. Pourquoi font-ils cela? Parce qu’ils n’y comprennent plus rien non plus.

La future crise? Elle viendra, un jour, peut-être. Et d’où? Telle est la question qui ne trouve aucune réponse. Personne ne sait. Un peu comme les politiques quand ils vous font des promesses. Ils n’ont aucune idée de ce qu’ils promettent et peuvent changer d’avis en décriant avec conviction ce qu’ils défendaient pourtant le jour d’avant. Le truc, c’est de constater que l’économie ne croît pas, que les dettes étatiques continuent d’exploser, qu’il n’y a aucune inflation, que les prêts étudiants aux States pètent tous les plafonds, que les jobs créés sont des jobs de loose, et qu’on final on s’en fout complètement parce que de toute façon le crédit ne coûte rien.

Les banques centrales ne peuvent plus faire marche arrière. Elles ne peuvent plus monter les taux. La seule chose qu’elles peuvent faire, c’est imprimer des billets. Et tant qu’elles imprimeront, le système se maintiendra, scotché au plafond, jusqu’à ce qu’une étincelle sauvage provenant d’un univers encore inconnu fasse péter le bouchon. Je lis également qu’Apple est devenu has been. Apple est devenu banal. Juste retour des choses. La prochaine fois que vous commanderez un iPhone, vous n’aurez plus aucune inquiétude à vous faire. Vous le trouverez immédiatement en magasin. Apple a bouleversé le monde durant presque 10 ans et maintenant c’est devenu banal. Espérons qu’ils ne suivent pas les modèles d’entreprise Kodak ou Nokia qui, chacun dans leur secteur, ont oublié de s’adapter au progrès.